Banesto voit ses marges diminuer dans un contexte domestique de concurrence intense
Banesto a, comme c’est la tradition, ouvert hier le bal des résultats trimestriels des banques espagnoles. La filiale de Banco Santander, dont l’activité est essentiellement centrée sur son marché domestique, veut voir un possible point d’inflexion dans les chiffres présentés hier. Mais son bilan accuse encore les conséquences de la crise. Son bénéfice net chute ainsi de 20% par rapport au premier trimestre 2010 pour se situer à 169,5 millions d’euros. Les trois mois écoulés ont été marqués par «un contexte compliqué, avec des tensions sur les marchés, un durcissement de l’intense concurrence et une économie toujours aussi fragile», reconnaît la banque.
Faisant face d’un côté à la méfiance des marchés internationaux, les marges des banques espagnoles souffrent aussi cruellement de la guerre qu’elles se livrent pour capter les dépôts des épargnants espagnols. Caja Mediterraneo (CAM) vient notamment de lancer un compte rémunéré à 4% alors même qu’elle réclame 2,8 milliards d’euros au fonds public d’aides au système bancaire (Frob). Banesto voit son produit net des intérêts chuter de 11,2%, jusqu'à 380,4 millions d’euros mais insiste sur la légère amélioration (+1,4%) de cette marge par rapport au dernier trimestre 2010. Les encours de crédit diminuent de 2,8% par rapport à début 2010 et tombent à 73,5 milliards d’euros.
«Les effets de l’activité bancaire plus faible et de la pression des coûts de financement ont pu être limités grâce à la gestion du bilan et des marges», affirme cependant Banesto. Son coefficient d’exploitation s’est resserré jusqu'à 40,4%. Le taux d’encours douteux atteint 4,15%, contre 3,12% un an plus tôt. Là également, la banque revient sur la «très légère» hausse par rapport au taux de fin 2010 (4,08%). Les prêts aux promoteurs immobiliers sont les plus touchés, avec 26% classés comme douteux.
Banesto affiche un niveau de fonds propres durs de 8,6% et compte parvenir à 9% d’ici la fin 2011, soit «un an avant la date prévue initialement.»
S’il reconnaît des «signaux positifs dans la tendance des marges et de la qualité des actifs», Daragh Quinn, analyste chez Nomura, reste prudent, notamment à cause du matelas de provisions génériques qui a fondu à 100 millions d’euros et devra certainement être compensé par des provisions spécifiques affectant les résultats 2011.
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