Banco Popular ajuste sa stratégie pour répondre aux résultats des stress tests
Banco Popular cherche à assurer son indépendance dans un secteur chancelant. La banque espagnole a confirmé que son conseil d’administration réuni en cession extraordinaire dimanche avait voté en faveur d’une augmentation de capital pouvant aller jusqu'à 2,5 milliards d’euros.
Une opération destinée à couvrir ses besoins en capitaux, chiffrés par l’audit indépendant du secteur à 3,2 milliards. L’augmentation de capital «a déjà reçu l’appui de différentes banques d’investissement», a assuré la banque, et «est destinée aux actionnaires actuels de Banco Popular, qui auront un droit préférentiel de souscription, mais aussi à de nouveaux investisseurs institutionnels et minoritaires».
La cotation du titre a été immédiatement suspendue après l’annonce à la Bourse de Madrid. Les actions de Banco Popular ont chuté de 52% depuis le début de l’année, contre une baisse de 15% pour Banco Sabadell.
Le plan de recapitalisation prévoit également des provisions de 9,3 milliards d’euros en 2012 sur l’immobilier, avec des pertes à la clé, puis une prévision de bénéfice net de 547 millions en 2013 et 1,412 milliard en 2014. «Banco Popular présente un nouveau plan qui couvrira les besoins en capitaux dérivés du test de résistance Oliver Wyman et la totalité des provisions requises par les différents décrets» du gouvernement espagnol, a assuré la banque. La presse espagnole a révélé ce week-end des cessions d’actifs immobiliers et l’annulation du versement de dividendes en 2012.
Une opération destinée à éviter «toute aide publique de toute sorte». Les 3,2 milliards de besoins identifiés par Oliver Wyman correspondent à 3,9% des actifs pondérés de la banque. Jusqu’ici, elle estimait que les 7,1 milliards générés par ses activités entre 2012 et 2014, les 2,3 milliards de cessions d’actifs, et les 700 millions d’augmentation de capital consécutifs au rachat de Banco Pastor lui permettraient de couvrir ses besoins.
Les résultats des stress tests devraient en outre geler toutes velléités de croissance externe du groupe, notamment le rachat de Banco Mare Nostrum évoqué début septembre, selon Aurel ETC Pollak.
Moody’s a prévenu hier que les montants de recapitalisation publiés par l’Espagne sont inférieurs à ceux qui sont nécessaires selon elle pour maintenir la stabilité du secteur dans des scénarios adverses. L’agence les évalue entre 70 et 105 milliards, contre 59,3 milliards pour Oliver Wyman.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant