Banca Popolare di Milano scelle un accord avec Covéa et prépare un appel au marché
Après le rachat outre-Manche de l’assureur automobile britannique Provident Insurance, filiale de la compagnie américaine Ally Financial (pour un montant estimé officieusement à 70 millions de livres), Covéa endosse une nouvelle opération de croissance externe. La société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam), qui réunit MAAF, MMA et GMF, a cette fois ciblé le marché italien. Elle a dévoilé hier soir un accord de partenariat très attendu avec Banca Popolare di Milano (BPM), coiffant au poteau Cardif, également engagé dans la bataille.
Conseillé par HSBC, NTCM et Mazars, Covéa a conclu le rachat de 81% du capital de sa filiale d’assurance vie Bipiemme Vita (BPM Vita), qui elle-même détient la totalité de Bipiemme Assicurazioni, compagnie mise sur pied en août 2010 et opérant dans les branches IARD. L’opération prévoit de donner aux compagnies d’assurance un accès au réseau de 780 agences de BPM pour une durée de dix ans, avec la possibilité d’une prolongation à l'échéance.
BPMVita a engrangé l’an dernier 924 millions d’euros de primes nettes de réassurance mais a subi une perte de 31,8 millions d’euros sous le poids d’investissements liés aux banques islandaises. «Dans le contexte actuel du marché italien de l’assurance, ce partenariat permettra de faire bénéficier Bipiemme Vita et Bipiemme Assicurazioni de tout le savoir-faire technique et commercial de Covéa», souligne le communiqué.
Le montant de l’opération s'élève à 243 millions d’euros pour une valorisation totale de 300 millions d’euros. BPM avait racheté 51% du capital de BPMVita auprès de Milano Assicurazioni en juin 2010 pour 113 millions d’euros. Grâce à cette opération, la banque transalpine souhaite muscler ses fonds propres dans le cadre de Bâle 3. BPM anticipe une plus-value de 43 millions d’euros et un impact positif sur son ratio core Tier one de 44 points de base. Mais cela ne semble pas suffisant.
Le conseil d’administration de BPM a en effet dévoilé hier soir un projet d’augmentation de capital pouvant atteindre 1,2 milliard d’euros. La banque a ajouté qu’elle visait un ratio de fonds propres brut Tier one de 9,8% en 2013. Elle a également précisé que la Banque d’Italie avait demandé une telle augmentation de capital et qu’elle avait donné une opinion «partiellement favorable» sur sa gouvernance et sa structure.
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