Banca Carige peine à séduire les investisseurs
Le résultat devrait inciter à la prudence ceux qui chercheraient à céder sur le marché leurs participations bancaires italiennes. La vente d’actions de Banca Carige par son actionnaire de référence, la fondation CR Genova e Imperia, s’est en effet soldée par un semi-échec.
Alors qu’il avait annoncé mardi vouloir placer sur le marché 15% du capital de la caisse d’épargne de Gênes, dont il contrôle 46%, seuls 10,96% ont trouvé preneur. Et encore, au prix d’une décote énorme: la fondation a vendu ses actions 40 centimes l’unité, soit 20% de moins que le cours de clôture mardi (50,2 centimes). Selon plusieurs intermédiaires de marché cités par l’agence Reuters, elle espérait en retirer entre 43,5 et 48 centimes par action, soit une décote maximum de 13,3%. Le titre a clos en recul de 17,3% à la Bourse de Milan (à 41,5 centimes).
L’opération, menée par Banca IMI et Credit Suisse, est le prélude à une augmentation de capital de Banca Carige pour 800 millions d’euros, programmée en juin afin de muscler la solvabilité de l’établissement. Son ratio de fonds propres common equity tier one n’atteignait que 6,5% au 31 mars, loin du plancher de 8% fixé par la Banque centrale européenne. L’injection de capital devrait le faire passer à 9,5%.
La vente de bloc d’hier devait donner les moyens à la fondation, fortement endettée, de participer à l’augmentation de Banca Carige et d’éviter une dilution trop forte. La vente aura apporté 95,3 millions d’euros à la fondation, alors qu’elle pouvait en espérer plus de 150 millions. CR Genova e Imperia détient désormais environ 35% de Banca Carige. Le régulateur italien l’avait autorisé à réduire sa participation à 19%.
Le moment était particulièrement mal choisi. La vente a été réalisée sur un marché rendu nerveux cette semaine dans l’attente de la publication des minutes de la Réserve fédérale américaine hier et du résultat des élections européennes d’ici au 25 mai. Et ce, alors que les chiffres de l’économie italienne au premier trimestre, publiés la semaine dernière, ont déçu en montrant des signes de contraction inattendus.
Dans une série d’opérations similaires, l’actionnaire de référence de Monte Paschi a connu un succès inverse. La demande a été telle qu’elle a permis à la fondation Monte dei Paschi de réduire sa participation de 29,9% à 3,1% entre fin mars et début avril.
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