Axa veut négocier sans perdre de temps le virage du numérique
Du «big data» aux objets connectés, la mutation digitale ouvre de nouvelles frontières au secteur de l’assurance. Et Axa entend bien les explorer. «Ce sont des territoires sans cartes. Ce qu’il nous faut, c’est un compas. Les valeurs morales seront déterminantes», a décrit la semaine dernière Henri de Castries, PDG du géant européen de l’assurance, lors d’un séminaire de presse dans le Bordelais.
Cette «digitalisation éthique» peut produire, selon le groupe, un alignement de ses intérêts sur ceux du client, avec à la clé une tarification plus efficace, une prévention accrue et une meilleure détection de la fraude. Pour Véronique Weill, directrice des opérations d’Axa, cela nécessite de «réinventer nos produits afin de les rendre plus simples et adaptés au mobile», le client conservant au bout du compte le choix du mode d’interaction qu’il privilégie avec son assureur. Un canal mobile pour lequel Axa enchaîne les initiatives. Il propose déjà dans plusieurs pays des applications pour les services d’assistance, l’aide à la conduite (300.000 téléchargements), la santé ou l’habitat.
Dans l’Hexagone, en attendant le e-constat - un projet de place - vers la fin de l’année, il prévoit de lancer mi-juillet une version remaniée de son application « Axa Drive ». Encore conçue à ce stade dans un esprit à la fois ludique et de prévention, cette application qui analyse le style de conduite, pourrait permettre à l’avenir, grâce aux données collectées, de fournir au conducteur volontaire une tarification plus personnalisée (Pay how you drive).
Plus largement, cette exploration digitale «n’est pas juste du marketing ou de la technologie, il s’agit aussi de transformer la culture d’Axa», a estimé Véronique Weill. Que ce soit par de la formation, des accords de partenariat (avec Facebook dernièrement), la mise en place de structures dédiées (Axa Lab à San Francisco, Data Innovation Lab à Suresnes) ou la création d’une plate-forme de brainstorming interne (Start-In Innovation Program), l’assureur ne veut pas perdre de temps. Une volonté affichée qui s’accompagne d’un plan d’investissement de 800 millions d’euros sur trois ans, jusqu’en 2015. «Mon interrogation aujourd’hui est : allons-nous assez vite ?», a lancé Véronique Weill, qui a suivi l’éclatement de bulle internet lors de sa longue expérience chez JPMorgan.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches