Axa veut négocier sans perdre de temps le virage du numérique

L’assureur, qui embarque ses collaborateurs dans ce mouvement, multiplie les initiatives et investit 800 millions d’euros sur trois ans
Antoine Duroyon
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Du «big data» aux objets connectés, la mutation digitale ouvre de nouvelles frontières au secteur de l’assurance. Et Axa entend bien les explorer. «Ce sont des territoires sans cartes. Ce qu’il nous faut, c’est un compas. Les valeurs morales seront déterminantes», a décrit la semaine dernière Henri de Castries, PDG du géant européen de l’assurance, lors d’un séminaire de presse dans le Bordelais.

Cette «digitalisation éthique» peut produire, selon le groupe, un alignement de ses intérêts sur ceux du client, avec à la clé une tarification plus efficace, une prévention accrue et une meilleure détection de la fraude. Pour Véronique Weill, directrice des opérations d’Axa, cela nécessite de «réinventer nos produits afin de les rendre plus simples et adaptés au mobile», le client conservant au bout du compte le choix du mode d’interaction qu’il privilégie avec son assureur. Un canal mobile pour lequel Axa enchaîne les initiatives. Il propose déjà dans plusieurs pays des applications pour les services d’assistance, l’aide à la conduite (300.000 téléchargements), la santé ou l’habitat.

Dans l’Hexagone, en attendant le e-constat - un projet de place - vers la fin de l’année, il prévoit de lancer mi-juillet une version remaniée de son application « Axa Drive ». Encore conçue à ce stade dans un esprit à la fois ludique et de prévention, cette application qui analyse le style de conduite, pourrait permettre à l’avenir, grâce aux données collectées, de fournir au conducteur volontaire une tarification plus personnalisée (Pay how you drive).

Plus largement, cette exploration digitale «n’est pas juste du marketing ou de la technologie, il s’agit aussi de transformer la culture d’Axa», a estimé Véronique Weill. Que ce soit par de la formation, des accords de partenariat (avec Facebook dernièrement), la mise en place de structures dédiées (Axa Lab à San Francisco, Data Innovation Lab à Suresnes) ou la création d’une plate-forme de brainstorming interne (Start-In Innovation Program), l’assureur ne veut pas perdre de temps. Une volonté affichée qui s’accompagne d’un plan d’investissement de 800 millions d’euros sur trois ans, jusqu’en 2015. «Mon interrogation aujourd’hui est : allons-nous assez vite ?», a lancé Véronique Weill, qui a suivi l’éclatement de bulle internet lors de sa longue expérience chez JPMorgan.

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