Audit - Mission séduction pour attirer les jeunes
Travailler à la fois avec la French Tech et le CAC 40, utiliser le big data pour la compta, participer à la transition environnementale… La nouvelle campagne d’attractivité d’EY, qui décline ses messages en quelques slogans et photos dynamiques, a été mise en ligne en décembre 2021.
A un moment où, au sortir de la crise sanitaire et des périodes de confinement, renouer le contact avec les jeunes candidats s’imposait. Comme dans les autres secteurs économiques, les cabinets d’audit ont souffert d’un plus fort turnover en 2021. Les Big Four continuent à recevoir des dizaines de milliers de CV chaque année pour les métiers de l’audit. Mais pour maintenir le rythme des recrutements, ils ciblent davantage de profils expérimentés et cherchent à toucher de nouveaux candidats, des ingénieurs et des profils IT notamment.
Tous ont relancé ou relancent une nouvelle campagne autour de leur culture d’entreprise ou de leur marque employeur. «Notre programme, lancé il y a un an, porte sur le sens, le comportement, les relations au quotidien. Il est porté par de jeunes collaborateurs qui apportent leurs idées dans un cadre peu hiérarchisé, sur un modèle de start-up», détaille Emmanuel Benoist, associé responsable des activités audit et conseil en gestion des risques chez PwC France et Maghreb. Il en est ressorti l’organisation de rencontres informelles entre associés et salariés pour échanger sur des sujets de projet professionnel, ou d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Car le Covid a quelque peu rebattu les cartes.
Libre organisation du travail
Principale conséquence de la crise sanitaire, les cabinets ont dû donner des signes plus forts sur le télétravail. «C’est une question que ne nous posaient pas les jeunes diplômés avant la crise, qu’ils nous posent maintenant», indique Stéphane Pedron, associé EY en charge de la stratégie RH. Pour y répondre, le cabinet met en avant son «smartworking», qui permet d’organiser le travail librement en fonction des missions.
«Il n’y a pas de jours imposés de télétravail ou de présence au bureau. Nos points de vigilance sont que les salariés puissent continuer à interagir avec leurs collègues et les clients», reprend Stéphane Pedron. Chez PwC, le télétravail a aussi été développé sans limite de nombre de jours.
«Un salarié peut vivre en province et être rattaché au bureau de Paris», illustre Emmanuel Benoist. Les cabinets reprennent aussi les différents événements festifs qui rythmaient l’année avant le Covid. «Nous avons beaucoup repris les pots, les soirées… Cela peut sembler anecdotique mais nous en avons été privés pendant un an et demi», reprend Emmanuel Benoist.
Tech et intelligence artificielle
Les recruteurs ont aussi la volonté de changer l’image austère du métier qui renvoie à un travail technique et très réglementé. Ils partent à la rencontre des étudiants dans les écoles, sur les forums, les accueillent en stages. Les cabinets ont aussi lancé une grosse offensive sur les réseaux sociaux. «Il y a un message que nous voulons faire passer pour casser l’image de l’expert dans son bureau, l’audit est un métier de relations», appuie Charlotte Vandeputte, talent leader et membre du comité exécutif de Deloitte France.
«C’est un métier formateur, parfois comparé à un troisième cycle, dans lequel on apprend rapidement à travailler de manière structurée. On progresse vite aussi vers du management», appuie Alexandra Saastamoinen, associée, en charge des talents audit chez KPMG.
Autre atout sur lequel s’appuie les recruteurs, le virage technologique qu’a opéré l’audit ces dernières années. «Nous nous sommes mis à profiler les données et les tâches répétitives sont automatisées, comme les rapprochements bancaires, les inventaires. Et les jeunes auditeurs participent à la création de ces solutions technologiques», souligne Pierre Planchon, associé et membre du comité exécutif en charge de l’audit et de la qualité chez KPMG. Le groupe a investi 5 milliards d’euros en cinq ans sur la digitalisation. PwC est en train de développer, pour 500 millions d’euros, un nouvel outil d’audit basé sur l’intelligence artificielle (IA).
Les Big Four n’oublient pas pour autant leurs arguments traditionnels : une politique salariale attractive, des perspectives de carrière. Mais même là, ils ont dû accélérer les processus. «Il n’y a plus vraiment de minimum d’ancienneté ou de durée maximale de temps pour changer de grade ou devenir associé », explique Emmanuel Benoist chez PwC. Ce, pour répondre aux aspirations de jeunes collaborateurs qui ne veulent plus passer par toutes les cases obligatoires pour arriver au sommet de la pyramide.
Autre tendance des jeunes générations : trouver un emploi qui satisfasse leur quête de sens. Là, aussi, les cabinets se mettent en ordre de bataille. Deloitte annonce ainsi accorder, à partir du mois d’avril, trois jours à ses salariés pour réaliser des actions pro bono, dans les domaines de l’éducation et, depuis peu, de la santé et l’environnement.
«Nous mettons en évidence la révolution qui s’opère autour du climat et de la sustainability au sens large, les critères extra-financiers qui prennent de l’importance», détaille Stéphane Pedron chez EY. «Le métier a du sens, abonde Pierre Planchon de KPMG. L’auditeur est un tiers de confiance, qui garantit la performance financière et non financière des entreprises.»
Un message que les recruteurs entendent bien passer, encore et encore, auprès des futurs candidats.
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