Assor dépose le bilan en accusant son principal créancier
Assor va déposer le bilan dans les jours qui viennent. Mais le courtier grossiste en assurances santé et IARD a pu décocher une dernière flèche. Dans un communiqué envoyé vendredi, il met en cause son ancien client Groupe Pasteur Mutualité (GPM) et annonce l’avoir assigné.
En octobre, ce dernier a résilié le portefeuille de 30.000 contrats (selon Assor, GPM parlant lui de 20.000 adhérents), qu’il avait repris dans le cadre d’un partenariat stratégique noué en 2010. Ce contrat (qui rendait possible l’acquisition d’Assor fin 2013) a été rompu dans la foulée.
«En 2013, nous avons apuré tous les sinistres de l’année 2012, et continué à garantir quelques centaines de contrats que nous avons repris par application de la loi Evin. En tout état de cause, nous n’avions pas l’intention après résiliation, de reprendre le portefeuille d’Assor, qui ne correspond pas à notre stratégie, tournée vers les professionnels de santé», se défend Thierry Lorente, directeur général de GPM depuis décembre 2012 et ancien directeur du développement. Le préjudice total se monte à environ 25 millions d’euros, qui ont fait basculer ses comptes 2012 dans le rouge.
Le mutualiste a déjà récupéré 2,4 millions d’euros à la suite des décisions du tribunal de commerce de Paris. Par ailleurs, le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête pénale.
L’affaire est ancienne et met en lumière le fonctionnement parfois opaque des courtiers grossistes et de la gestion difficile des accords de délégation par les assureurs. Plusieurs clients reprochaient notamment à Assor des retards importants dans le paiement des prestations, alors qu’il percevait les cotisations des assurés et sachant qu’il avait au préalable, selon une pratique courante, sollicité d’importantes avances de trésorerie.
En avril dernier, le directeur général de Swiss Life avait blâmé la passivité de l’Autorité de contrôle prudentiel. Mais les assureurs ne sont pas exempts de reproche, comme l’a fait remarquer le superviseur par courrier: les assureurs sont entièrement responsables des délégations qu’ils accordent. Contacté par L’Agefi, Assor affirme que les différends avec ses autres créanciers avaient été entre-temps aplanis.
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