Arkéa renforce son autonomie dans la galaxie du Crédit Mutuel
Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel Arkéa (pôle regroupant les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central), ne semble pas regretter le fossé qui se creuse avec le reste du groupe mutualiste: il revendique la création d’un groupe totalement autonome, modèle conforté par la bonne facture des comptes 2011.
Arkéa affiche une hausse de 6,2% de son résultat net, à 290 millions d’euros – un record qui aurait frôlé les 300 millions si la dépréciation de 79% sur le nominal des titres de dette grecque n’avait pas coûté 8 millions. L’exposition pour compte propre du groupe au risque souverain reste limitée: elle représente 157 millions d’euros, soit 0,18% de son bilan. Hors souverain, l’encours de structurés a été réduit de 25%, à 1,8 milliard.
Le résultat d’exploitation progresse de 16,3%, atteignant 403 millions (autre record). Le coût du risque recule de 19,5% à 111 millions. Les revenus nets ont progressé de 8,3% à 1,7 milliard, malgré une hausse de 90 millions d’euros du coût de refinancement de la banque.
Le président oppose la progression des lignes du compte de résultats d’Arkéa avec les chutes observées chez les concurrents (le CIC ayant notamment passé une charge nette de 261 millions sur ses titres souverains). «Le modèle d’Arkéa est très simple: il repose exclusivement sur l’activité de détail et permet d’inscrire le groupe dans une trajectoire de croissance à long terme et régulière. Nous voulons continuer à prendre des engagements: nous sommes convaincus qu’en 2012 nous ferons deux fois mieux que la moyenne du marché», assure Jean-Pierre Denis. Alors que le taux de créances douteuses reste limité à 3% en 2011, les encours de crédit ont crû de 11% à 40,2 milliards, «alors que la moyenne nationale atteint 5,3%», rappelle-t-il.
Barré dans sa croissance géographique par le bloc du CM10-CIC, Arkéa mise sur internet et sur les réseaux externes grâce à ses filiales. C’est le cas de 30% des nouveaux contrats souscrits en assurance non-vie chez Suravenir Assurances (dont le portefeuille a progressé de 13%) et de près de la moitié de l’activité de ProCapital (services titres): l’activité en marque blanche de cette filiale s’est notamment enrichie de partenariats avec Allianz Banque et RCI Banque (captive de Renault) en 2011. «Nous sommes acteurs de notre propre développement: nous avons la maîtrise à 100% de l’ensemble de nos filiales stratégiques», insiste Jean-Pierre Denis.
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