Ambac se place sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites
Le géant Ambac Financial a mis genou à terre. Le groupe qui fut le deuxième plus important rehausseur de crédit outre-Atlantique avant la crise financière a annoncé hier soir s’être placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. Une annonce qui a précipité la chute de 65% du titre, tombé à 20 cents, dans le cadre des échanges d’après-Bourse. En séance officielle, le titre avait gagné 1,9 cent à 52 cents.
Certes, le groupe avait annoncé il y a une semaine qu’il risquait de déposer son bilan cette année, après avoir fait défaut sur un versement d’intérêts. Mais la vitesse à laquelle Ambac a agi a pour le moins surpris les investisseurs.
Ambac a dit être dans l’incapacité de lever de nouveaux capitaux nécessaire à la poursuite de ses activités, précisant avoir échoué à trouver un accord avec des créanciers obligataires qui lui aurait permis de se restructurer via une procédure de faillite prédéfinie. Les créanciers ont pourtant convenu d’une base de négociations non contraignante avec Ambac, qui juge que cet accord permettra de sortir plus rapidement du régime des faillites.
Dans un dossier déposé auprès du tribunal des faillites de Manhattan, Ambac précise avoir un passif de 1,68 milliard de dollars.
Le groupe, qui s’était au pic de son expansion porté garant de paiement en temps et en heure du principal et des intérêts de plus de 550 milliards de dettes, paie le prix de son choix de garantir des titres de dette plus risqués. Le groupe a ainsi été plombé par l’effondrement du marché immobilier américain et par le durcissement de l’accès au crédit.
Le titre Ambac a été l’une des valeurs favorites des adeptes de la vente à découvert au cours de la dernière décennie, ces derniers répétant sans cesse que le groupe ne disposait pas de suffisamment de capital pour couvrir son exposition.
Avant l’accélération de la crise financière, Ambac avait l’habitude de faire peu de cas de ces allégations, disant encore à la mi-2008 qu’il avait «plus de capital que nécessaire contre toute demande d’indemnité». Le rehausseur de crédit a pourtant pour l’essentiel cessé de réaliser de nouveaux engagements à partir de cette année-là après que les agences de notation l’ont privé de sa notation AAA (tout comme elles l’ont fait toujours en 2008 pour le concurrent MBIA).
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