ALD, filiale de la Société Générale, achète LeasePlan pour 4,9 milliards d’euros
C’est signé. La Société Générale a annoncé jeudi matin que sa filiale spécialisée dans le financement longue durée de véhicules ALD comptait acquérir son concurrent néerlandais LeasePlan auprès d’un consortium mené par TDR Capital pour 4,9 millards d’euros. « C’est la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe », a déclaré lors d’une conférence de presse Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale.
Après cette annonce, le titre Société Générale gagnait 2,1% à la Bourse de Paris, tandis que celui d’ALD bondissait de 9%.
L’acquisition envisagée serait « financée à la fois en titres et en numéraire », a indiqué la Société Générale dans un communiqué. La « Société Générale s’engagerait à rester l’actionnaire majoritaire du nouvel ensemble («NewALD») avec une participation d’environ 53% du capital à la clôture de l’opération, les actionnaires de LeasePlan recevant une participation de 30,75% dans le cadre du paiement en titres », a précisé la banque française.
Un versement de 2 milliards d’euros en numéraire aux actionnaires de LeasePlan sera financé par ALD au moyen d’une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription d’environ 1,3 milliard d’euros et l’utilisation d’environ 0,7 milliard d’euros de capital excédentaire, a souligné Société Générale.
Retour sur investissement de 16%
« Une telle transaction serait fortement créatrice de valeur pour les actionnaires avec une relution du bénéfice net par action d’environ 20% pour NewALD en 2023 et supérieure à 5% pour Société Générale dès 2024 », a ajouté la banque. « La rentabilité de Société Générale (ROTE) devrait augmenter d’environ 80 points de base à horizon 2024. Au niveau du groupe, l’impact attendu en capital au closing [à la réalisation de l’acquisition, ndlr] serait d’environ -40 points de base », a ajouté la Société Générale.
Pour minimiser l’impact de la transaction sur les fonds propres de la banque, ALD va changer de statut. Elle va demander à la Banque centrale européenne d'être régulée en tant que holding financière (financial holding company) et non plus comme une entreprise (corporate), ce qui permettra à la Société Générale d’intégrer dans ses fonds propres durs les intérêts minoritaires au capital du loueur, expliquent les analystes de JPMorgan.
« Le retour sur investissement devrait atteindre plus de 16% à horizon 2024 », a indiqué la banque.
Le groupe anticipe des synergies opérationnelles et d’achats d’environ 380 millions d’euros avant impôts et sur une base annuelle. «Ces synergies significatives devraient être pleinement réalisées en 2025. Estimés à 1,25 fois le montant des synergies, une fois ces dernières totalement mises en œuvre en vision annuelle et avant impôts, les coûts de restructuration devraient être engagés en 2023 et 2024», a précisé la Société Générale.
Les discussions entre ALD et LeasePlan avaient été révélées en octobre dernier, après plusieurs mois de rumeurs.
ALD est coté à la Bourse de Paris depuis 2017. LeasePlan avait tenté de la suivre en 2018, à Amsterdam. Mais l’opération avait échoué. Le groupe néerlandais est détenu par un consortium d’investisseurs financiers, dont le fonds de pension néerlandais PGGM, son homologue danois ATP, le singapourien GIC, le fonds d’Abu Dhabi (ADIA) et TDR Capital.
De son coté, la Société Générale réfléchissait à ce type d’opération depuis plusieurs années. « Cette transaction, cela fait probablement 5 ans qu’on l’attendait (...). Nous avions coté ALD pour avoir une monnaie d'échange », a déclaré Frédéric Oudéa.
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