AIG concrétise la cession stratégique d’ILFC à un consortium chinois
AIG tire parti du fort appétit des acheteurs chinois pour des actifs à travers la planète pour peaufiner son recentrage sur son cœur de métier. L’assureur américain a en effet dévoilé la passation de pouvoir au sein du numéro un mondial de la location d’avions, ILFC (International Lease Finance Corp). Il s’agit d’une transaction majeure d’un acheteur chinois aux Etats-Unis, à ce titre elle fera l’objet d’une attention toute particulière de la part des autorités locales, en l’occurrence du Comité sur les investissements étrangers qui examine les opérations susceptibles de mettre en péril la sécurité nationale. ILFC devrait conserver son équipe dirigeante et son siège à Los Angeles.
L’accord prévoit la vente pour 4,23 milliards de dollars de 80,1% d’ILFC à un groupe formé de New China Trust (dont Barclays détient 20%), China Aviation Industrial Fund et P3 Investments. Le consortium, qui devrait être élargi pour accueillir une entité d’ICBC (Industrial & Commercial Bank of China), dispose d’une option pour acquérir une part complémentaire de 9,9% d’ILFC.
La transaction est annoncée dans un contexte d’offensive internationale de la part des prétendants chinois. Il y a deux jours, les autorités canadiennes ont donné leur feu vert tant attendu au géant de l’énergie Cnooc pour racheter Nexen pour quelque 15 milliards de dollars, alors que Wanxiang Group, le principal équipementier automobile chinois, a remporté les enchères en vue de l’acquisition d’A123, un fabricant de batteries américain en faillite. C’est ce qu’a indiqué Lazard Frères, le banquier d’investissement d’A123. Avec une offre voisine de 260 millions de dollars, Wanxiang a battu Johnson Controls et le japonais NEC.
La cession d’ILFC permet à AIG de poursuivre son recentrage sur l’assurance ainsi que son programme de remboursement à Washington. L’assureur américain devrait désormais vendre le solde de sa participation au capital de l’assureur asiatique AIA, valorisé à plus de 6 milliards de dollars. Pour autant, après avoir longtemps cherché à introduire en Bourse ILFC avant d’y renoncer faute de conditions de marché jugées satisfaisantes, AIG ne cède pas ILFC à un prix très élevé. La transaction annoncée cette nuit valorise le loueur 5,28 milliards de dollars pour une valeur comptable de 7,9 milliards à l’issue du troisième trimestre. AIG enregistrera du fait de la vente une charge de 4,4 milliards. Mais d’un point de vue stratégique, il s’agit bien d’une nouvelle étape décisive pour le directeur général Robert Benmosche.
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