L’économie française devrait éviter la récession début 2023
Les grèves liées à la réforme des retraites pourraient toutefois peser sur l’activité. L’inflation devrait ralentir lentement.
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Corentin Chappron
Une hausse des dépenses d’électricité pourrait soutenir la consommation.
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Crédit European Union
L’économie française ralentit sans s’arrêter, selon les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mardi. Comme anticipé, la croissance au quatrième trimestre 2022 s’est affaiblie à 0,1% par rapport aux trois mois précédents, contre 0,2% au troisième trimestre. La bonne résistance de la production industrielle, malgré les prix élevés de l’énergie, a permis de compenser la baisse de la consommation. Les ménages ont ainsi restreint leurs dépenses d’énergie et de produits alimentaires, les deux principaux contributeurs à l’inflation en fin d’année. En 2022, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 2,6%, tiré par le rebond de l’activité post-crise sanitaire.
Les perspectives pour 2023 sont plus incertaines. «La situation conjoncturelle est hésitante», a prévenu Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee.
L’institut prévoit un rebond de l’activité au premier trimestre, tiré par la fin des grèves dans le secteur de la cokéfaction-raffinage, par le reflux des difficultés d’approvisionnement et par la poursuite de la reprise de la production d’électricité. Un rebond des dépenses d’électricité des ménages pourrait aussi soutenir la consommation, même si cela pourrait mener à des restrictions sur d’autres biens ou services, selon l’Insee. Au premier comme au second trimestre, la croissance d’un trimestre sur l’autre est donc estimée à 0,2%, portant l’acquis de croissance à 0,6% à mi-année.
Les grèves pourraient peser sur le PIB
Cependant, des incertitudes demeurent sur ces perspectives, liées à une poursuite des hausses de coûts, voire à un nouveau choc sur les prix, ou encore à une pression plus importante des conditions monétaires. Les grèves sont aussi susceptibles d’affecter l’activité, l’Insee rappelant qu’en 1995 comme en 2019, l’impact des mouvements sociaux avait été évalué à environ 0,2 point de PIB trimestriel.
Par ailleurs, la situation inflationniste pèse et ne s’améliorera que de manière progressive. L’inflation globale devrait rester à 6% en février, avant que deux effets ne se juxtaposent et la portent à 5% en juin : la poursuite de la propagation des chocs passés et des facteurs de modération comme la détente des chaînes d’approvisionnement. Mais toute baisse serait d’abord liée à des effets de base, qui continueront de se diffuser à l’inflation sous-jacente. Celle-ci devrait se maintenir à 5,7% de janvier à juin, avec une légère baisse en avril et mai, estime l’Insee.
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