La vidéo du jour : Naspers illustre l’attrait boursier de l’Europe mais la pauvreté de sa cote technologique
L’Europe s’apprête à accueillir, enfin, une valeur technologique digne de sa taille : Naspers. Cotée sur Euronext à Amsterdam, elle serait la troisième capitalisation du continent avec quelque 140 milliards d’euros, soit plus que Total qui n’en pèse que 130, ou SAP, une autre technologique (120 milliards).
Le seul problème de cette nouvelle «blue chip» est qu’elle n’a rigoureusement rien d’européen que son lieu de cotation : il s’agit d’une holding contenant une participation de plus de 30% détenue dans le géant des télécommunications et de l’internet chinois Tencent, et dans deux plus petites sociétés du business des petites annonces, OLX, active en Inde et au Brésil, et l’autre Letgo, aux Etats-Unis.
Pour Euronext bien sûr, sevrée d’introductions importantes depuis de longs mois, c’est une aubaine de récupérer une telle valeur à sa cote.
Peut-être en aurait-il été autrement si la Bourse de Londres n’avait pas été menacée d’un Brexit imminent, ou si le droit néerlandais ne suffisait pas, par sa souplesse extrême, à justifier à lui seul l’attrait de la cote d’Amsterdam. Mais peu importe, ce succès ne doit pas être boudé.
Reste que cette introduction met aussi en relief, par sa taille même, une faiblesse européenne criante, le manque de grosses valeurs technologiques cotées. En 2018, sur les 69 IPO de valeurs technologiques en Europe, 7 seulement dépassaient le milliard de dollars de capitalisation.
Ce faible nombre de «licornes», quoiqu’en rapide augmentation puisqu’on a recensé 17 nouvelles sociétés européennes pesant plus d’un milliard de dollars l’an dernier, soit le double de 2017, en dit long sur le retard à rattraper.
Spotify, la première «pure player» du secteur du Vieux Continent, cotée à Wall Street, ne pèse encore que 25 milliards de dollars.
Dès lors, la cotation de Naspers va quelque peu réduire une anomalie historique des marchés européens. Mais pas assez pour combler un retard sur la Chine et surtout les Etats-Unis qui se compteront encore en centaines de milliards de dollars.
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