La vidéo du jour : L’UE ne doit pas laisser le Brexit polluer ses élections
Maintenant qu’il est établi qu’aucune majorité n’existe au Parlement britannique en faveur du Brexit négocié par Theresa May, l’Union européenne doit-elle étendre l’article 50 pour donner le temps à la Grande-Bretagne de dégager une majorité sur un schéma de sortie ? La réponse ne peut être qu’un «non» catégorique.
D’abord le temps n’a pas manqué aux Britanniques pour se faire une religion sur le sujet. Doit-on rappeler que les «Brexiters» n’ont commencé à y réfléchir qu’après le référendum ? Que l’Europe a dû attendre, les bras croisés, la fin des multiples rebondissements du débat au sein du gouvernement, du parti conservateur et du Parlement pour négocier sérieusement avec Mme May ?
Faut-il rappeler aussi que cette dernière a cru subtil de perdre un temps précieux, en 2017, avec des élections générales, au prix d’un affaiblissement de sa propre majorité ? Puis d’attendre janvier 2019 pour soumettre son texte aux députés ? Si le temps manque, la faute en incombe aux Britanniques et non aux 27, unis autour d’une position commune mais privée d’interlocuteurs.
Donner une nouvelle chance aux Britanniques conduira surtout l’UE à négliger son propre agenda politique, marqué par les élections de mai. Aucun report de la date du Brexit au-delà du 29 mars ne saurait se justifier dès lors qu’il viendrait interférer avec cette échéance capitale.
D’abord parce qu’il est hors de question que le débat, déjà lourd d’incertitudes populistes, soit pollué par celui du Brexit ; ensuite parce qu’un pays sur le point de quitter l’UE ne saurait participer à cette consultation pour avoir ensuite voix au chapitre au Parlement ou à la Commission.
Enfin parce que l’UE ne connaît pas le premier mot du projet britannique qui pourrait justifier un tel report, vu la confusion sans borne qui règne à Londres. Si «Brexit means Brexit», c’est à Londres seulement que la voie de sortie doit être trouvée : soit Mme May sort de son chapeau un nouveau texte acceptable par le Parlement, soit le peuple est appelé à trancher sur une révocation de l’article 50, soit le pays sort de l’UE sans accord.
Toute autre solution ne ferait pour l’UE que prolonger le brouhaha ambiant au détriment de ses propres intérêts : ce n’est pas un choix facile mais c’est le seul qui vaille.
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