La vidéo du jour : Londres opterait pour un «Brexit sans Brexit» jusqu’à juillet 2020
La Grande-Bretagne a toujours été accusée, depuis son adhésion à la construction de l’Union européenne, d’être à la fois au dedans et en dehors du processus. Avec l’accord que Theresa May vient de négocier avec Bruxelles, on peut dire… que ce sera l’inverse ! Il organiserait en effet, selon des informations de presse, un quasi statu quo jusqu’à juillet 2020, date-butoir que les deux parties se donnent pour parvenir à un nouveau traité bilatéral définitif.
D’ici-là, l’Ulster, point d’achoppement principal des négociations, devrait continuer à adhérer intégralement à l’Union douanière européenne, la Grande Bretagne s’engageant à en appliquer l’essentiel des règles, y compris en matière fiscale, de droit du travail et de l’environnement, sous un large contrôle de la Justice européenne.
Ce régime, proche de celui de la Norvège, ne changera que lorsqu’un accord définitif aura été trouvé, censé résoudre la quadrature du Cercle proposée à l’Irlande du Nord, de rester dans le Royaume-Uni sans créer pour autant de frontière quelconque avec sa voisine méridionale, la République d’Irlande.
Comme rien n’est simple dans cet accord, la date-butoir de juillet 2020 n’en est pas vraiment une. Il serait entendu qu’en cas d’absence d’accord, les deux parties pourraient alors, pour achever la négociation, reporter la fin de la période de transition, jusqu’ici fixée à décembre 2020, à une date ultérieure non spécifiée, arrêtée en commun.
On n’en est pas là, c’est le moins que l’on puisse dire. Car après validation par un Sommet européen, l’accord devra passer son test le plus difficile en Grande-Bretagne même, devant le Parlement. Les «Brexiters» résolus et surtout certains élus unionistes d’Irlande du Nord qui ont permis au gouvernement May de trouver une majorité, ont déjà fait connaître leur opposition.
La solution May leur apparaît logiquement comme un «Brexit sans Brexit», dont le dénouement devrait en théorie être connu en juillet 2020, mais qui pourrait dans les faits renvoyer un vrai Brexit aux calendes grecques.
Le pire pour elle, c’est que nombre de députés favorables au maintien dans l’Union, sont également hostiles mais pour la raison opposée, que le Brexit n’apporte en effet aucun des bienfaits promis aux électeurs. Si pour l’occasion, leurs ennemis s’allient entre deux, Theresa May pourrait bien ne plus compter assez d’amis !
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