La vidéo du jour : Le risque d’un Brexit sans accord ramène la livre à des niveaux de crise
La Livre a oscillé hier autour de 1,24 dollar, soit son plus bas niveau de l’année. La raison, la probabilité fortement croissante de voir, le 31 octobre, le Royaume-Uni sortir de l’Union européenne sans accord, n’est pas nouvelle.
Ce qui l’est davantage, c’est que dans sa stratégie de conquête du pouvoir, le principal prétendant Boris Johnson semble en faire un but en soi, au risque de s’enfermer dans une spirale sans issue et destructrice.
La radicalisation du discours du favori à la succession de Theresa May est constante et impressionnante.
Sa récente sortie et sûrement pas la dernière, sur son intention de rejeter tout «Backstop» à propos de l’Irlande du Nord, a renvoyé la livre à des niveaux de crise. Désormais, son prochain record à battre se situe à moins de 1,2 dollar, niveau touché début 2017.
Si le scénario du «no deal» se confirme, plusieurs analystes pensent qu’il sera battu. Ils ont de bonnes raisons fondamentales pour cela : entre un déficit courant atteignant 4 points de PIB et une croissance justifiant une politique monétaire toujours accommodante, la tendance baissière de la livre est déjà claire.
Techniquement, les analystes de ING pointent en outre une prime de risque sur la livre, une mesure de sa surévaluation instantanée, élevée mais pas encore au niveau de celle de la crise de l’automne 2018, qui avait vu Boris Johnson quitter le gouvernement. Cette prime pourrait donc encore s’accroître.
De même, les positions «vendeuses» sur la livre sont à nouveau très importantes, mais là encore, les précédents historiques montrent qu’elles peuvent encore grimper.
Il en est de même de la volatilité implicite, en forte hausse à échéance d’octobre mais encore loin des niveaux atteints au plus fort de la bataille parlementaire qui a finalement eu raison du «deal» de Mme May.
Un «no deal» enverrait la livre sans doute sous les 1,15 dollar voire plus bas. Mais en cas d’élections anticipées, que le futur Premier ministre pourrait convoquer pour sortir de l’impasse, c’est à une volatilité encore plus forte qu’il faudrait s’attendre, compte tenu de l’extrême incertitude de leur issue et de leurs conséquences sur le niveau de la parité.
En clair, la livre n’est pas au bout de ses peines, et les investisseurs non plus.
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