La vidéo du jour : Le Nasdaq s’offre un coup de projecteur malvenu
Depuis la chute de Lehman Brothers il y a dix ans, les chambres de compensation sont devenues plus nécessaires que jamais au bon fonctionnement des marchés financiers. Raison de plus pour s’inquiéter lorsque la faillite d’un trader met à l’épreuve l’une de ces infrastructures. Le Nasdaq vient d’en faire les frais sur ses marchés de produits dérivés en Europe du Nord. La Bourse américaine a annoncé qu’un trader norvégien, Einar Aas, lui avait laissé cette semaine une ardoise de plus de 100 millions d’euros. Ce particulier, devenu l’un des plus gros contribuables de Norvège, pariait sur les différences des prix de l’énergie entre l’Allemagne et les pays nordiques. Ses positions étaient ensuite traitées par Nasdaq Clearing, la chambre de compensation du Nasdaq, dont le rôle est de garantir la bonne fin d’une transaction entre deux parties.
Einar Aas a été pris à revers par l’évolution des prix de l’énergie. La chambre de compensation a donc dû liquider en catastrophe les positions de son client, avec une lourde perte à la clé. La facture, de 114 millions d’euros, sera assumée par Nasdaq Clearing et par un fonds de garantie interne. Ce système, qui existe dans toutes les chambres de compensation, permet de mutualiser entre tous les autres acteurs du marché le défaut d’un de leurs membres.
Les sommes en jeu restent modestes en valeur absolue. Mais elles représentent tout de même plus de la moitié du fonds de garantie dont disposaient Nasdaq Clearing et ses membres. L’affaire soulève donc de vraies questions sur la qualité de la gestion des risques dans les chambres de compensation, et sur la capacité de ces acteurs à faire face à un sinistre majeur. Des acteurs dont le caractère systémique a été renforcé par les réformes adoptées dans le sillage de la crise financière.
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