La vidéo du jour : Deutsche Bank, une cotation qui ne règle rien
Quatre semaines pour convaincre. C’est en substance le délai que s’est fixé Deutsche Bank pour mener à bien l’introduction en Bourse de ses activités de gestion d’actifs, dont le coup d’envoi a été donné lundi. D’ici fin mars donc, la banque allemande aura mené la cotation de ce pôle qui gère 700 milliards d’euros d’épargne, et qui a été rebaptisé pour l’occasion DWS. La transaction promet d’être lucrative pour Deutsche Bank, mais elle ne réglera pas le problème de fond du groupe : un business model défaillant.
Le principe de la cotation de DWS avait été annoncé il y a tout juste un an, quand le géant allemand était encore en proie aux interrogations des investisseurs sur sa solvabilité. Depuis, Deutsche Bank a renforcé son bilan grâce à une augmentation de capital de 8 milliards d’euros. En cotant 25% de sa filiale de gestion d’actifs, la banque espère remonter 1,5 à 2 milliards d’euros supplémentaires. On peut trouver d’autres bonnes raisons à cette introduction en Bourse: les gestionnaires d’actifs y sont bien mieux valorisés que les banques. Amundi, par exemple, se paie 15 fois ses bénéfices estimés cette année, contre moins de 11 fois pour Crédit Agricole SA, son actionnaire majoritaire, et 12 fois pour Deutsche Bank. En ouvrant son capital, DWS pourra aussi mettre une certaine distance avec sa maison mère, dont les difficultés lui avaient coûté des départs de clients en 2016. La filiale aura enfin les moyens de financer sa croissance dans un secteur aujourd’hui en ébullition en Europe.
Pour Deutsche Bank, en revanche, la cotation ne règle rien. Son modèle économique reste profondément atteint. La banque d’investissement, socle de l’activité, a été durablement ébranlée par la crise financière et ne cesse de perdre des parts de marché. Le réseau de détail en Allemagne, Postbank, est à peine rentable. Au total, l’an dernier, le groupe a publié une perte pour la troisième année d’affilée. Les investisseurs s’impatientent. En mettant DWS en Bourse, John Cryan, le patron de Deutsche Bank, abat sa carte maîtresse. Pas sûr qu’il en ait beaucoup d’autres dans son jeu.
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