Consolidation dans le non-coté : les instits veulent que les gérants gardent leur ADN
L’écosystème de la gestion rétrécit, et le non-coté anime les mouvements de concentrations actuels. Selon Agnès Lossi, associée du cabinet Indefi, la part du non-coté a été multipliée par trois depuis dix ans dans les allocations des investisseurs français, mais dans le même temps le nombre de gérants total se réduit. Dans le baromètre élaboré par le cabinet auprès d’investisseurs institutionnels, elle note qu’ils indiquaient avoir 150 partenaires gérants d’actifs toutes classes confondues il y a dix ans, et qu’ils ne citent plus que 110 gérants aujourd’hui. Dans cette évolution, Indefi note qu’une bonne partie des nouveaux entrants sont des gérants intervenant sur les marchés privés, en lien avec les 15% que ces classes d’actifs pèsent en moyenne dans les portefeuilles (immobilier compris).
Or dans un contexte où les flux de distributions de la part des gérants à leurs souscripteurs sont ralentis, où les collectes assurantielles sont moins fortes, les investisseurs doivent faire preuve d’une plus grande sélectivité. Gaël Moreau, responsable de la gestion d’actifs chez Maif, travaille à 100% en délégation de gestion. Il explique qu’après des «due diligences» longues menée sur des équipes expertes sur leur segment ou leur métier, il entend travailler en partenariat avec elles sur la durée, en recyclant les distributions dans les prochains millésimes. En revanche, il attend d’elles qu’elles sachent gérer quand les choses vont moins bien, en particulier en dette privée, et qu’il s’agit d’un critère qui peut mettre fin à une relation.
Maintenir sa stratégie
La Maif favorise plutôt les gérants indépendants qui travaillent leur adéquation au marché tout en étant «costauds» sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Le partenariat avec elle peut se traduire sous la forme de fonds dédiés ou de mandats. Mais dans le cas de rapprochements, la prudence est de mise : «dans les consolidations, un plus un n’est pas égal à deux, prévient Gaël Moreau. Nous allons bien regarder si les équipes sont pérennisées, car dans certains processus de digestion lente, il peut y avoir une perte de l’ADN de base de la société de gestion.»
L’investisseur institutionnel lance également une mise en garde. Il se montre très attentif à la montée en taille des millésimes, et prévient les gérants : «la taille du fonds doit rester adaptée au marché et ne doit pas augmenter simplement pour amortir les coûts croissants de la société de gestion.»
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