L’idée d’un quota de femmes dans les comex progresse
Si près d’un tiers des cadres des 60 premières capitalisations françaises sont des femmes, elles sont moins de 14% dans les comités exécutifs.
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Bruno de Roulhac
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Comment briser le plafond de verre ? En imposant un quota de 40% de femmes dans les conseils, «la loi Copé-Zimmermann devait inciter les dirigeants à féminiser leur comex, rappelle Michel Ferrary, auteur de l’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises. Pourtant, les femmes ne pèsent que 13,7% des comités exécutifs du CAC 40 et du CAC Next 20 fin 2017, alors que près d’un cadre sur trois est une femme. Aussi l’instauration d’un quota dans les comex pourrait être la solution. Le gouvernement français y réfléchit actuellement, comme la Norvège, tandis que la Suisse a déjà franchi le pas l’an dernier, en instaurant un seuil de 20% dans les directions des entreprises et de 30% dans les conseils d’administration. Si rien n’est fait, rien ne bougera».
L’étude classe les sociétés entre quatre catégories. Les «Machistes» (13 sociétés, dont les banques, LVMH, Sanofi...), où le pourcentage de femmes cadres est supérieur à la moyenne, mais avec un taux de féminisation du comex inférieur à la moyenne. Les «Amazones» (15 sociétés, dont EDF, Engie, Suez, Total…), où le pourcentage de femmes au comex est supérieur à la proportion de cadres féminins. Les «Féminines» (6 sociétés, dont Danone, Kering, L’Oreal), où la féminisation élevée du comex reflète le poids des femmes dans l’encadrement et une politique affirmée de promotion professionnelle. Les «Masculines» (13 sociétés, dont Airbus, Bouygues, Eiffage), où les femmes sont peu représentées parmi les cadres et au comex.
Les entreprises invoquent souvent la faiblesse de leur vivier en interne pour féminiser leurs instances dirigeantes. «Une réalité pour les entreprises Masculines, mais pas pour les Machistes, à l’instar de LVMH, avec 65% de cadres femmes et seulement une femme (10%) au comité exécutif», poursuit Michel Ferrary. A contrario, les femmes représentent la moitié des cadres de Danone, et trois (43%) siègent au comex.
Si les entreprises Féminines semblent exemplaires, «elles sont en réalité confrontées à un problème nouveau : la difficulté à recruter des hommes, constate Michel Ferrary. Pour éviter d’accentuer la bipolarisation sexuelle des entreprises, il est nécessaire de structurer le marché du travail et d’agir très en amont, dans le cursus scolaire et supérieur. Les entreprises ne peuvent pas être responsables de tout !»
Autre motivation pour féminiser son entreprise, la rentabilité ! Le Femina Index 15 (sociétés du CAC 40 avec plus de 40% de femmes cadres) bat largement le CAC 40 sur moyen ou long terme.
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