La fintech française lève plus d’argent qu’en 2019
La crise sanitaire n’a pas vraiment ralenti le rythme des levées de fonds des fintech françaises. Peut-être a-t-elle décalé quelques transactions… Au premier semestre 2020, elles ont ainsi collecté 496 millions d’euros, soit une progression de 12% par rapport au premier semestre 2019, en 36 opérations contre 45 durant la même période l’année dernière.
«L’année a débuté en fanfare, souligne Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la fintech, avec des levées de fonds importantes comme celles de Qonto à plus de 100 millions d’euros, de Lydia à 40 millions d’euros ou de Famoco à 20 millions d’euros. Le ticket moyen a ainsi quasiment doublé en un an.» Il est effectivement passé de 7,5 à 13,8 millions d’euros. Autres opérations notables : Swile (ex-Lunchr, titres restaurants) vient de lever 70 millions d’euros et Alan, assurtech spécialisée en santé, 50 millions d’euros. Selon Mikaël Ptachek, cela s’explique par l’arrivée à maturité de certains business models qui sont en pleine phase d’industrialisation, attirant ainsi les investisseurs et par l’internationalisation de plusieurs fintech qui doivent s’appuyer sur un solide soutien financier. Les opérations inférieures à 3 millions d’euros qui représentaient 60% des levées de fonds sont descendues à 42%, illustrant la nouvelle dimension que prennent les fintech désormais.
Autre point saillant, les investisseurs étrangers examinent de près le marché français et se mobilisent lorsqu’une entreprise prometteuse leur apparaît. Certains sont là depuis longtemps, Accel, Balderton, DST Global ou Valar. Désormais, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) commencent à prendre pied en Europe et en France. «Les géants de la tech arrivent en France avec deux prises de participations coup sur coup de Tencent, chez Qonto et Lydia, indique Mikaël Ptachek. Contrairement aux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui font moins d’acquisitions, les BATX sont plus actifs. Tencent a par exemple pris des parts dans 27 fintech dans le monde dont N26 (Allemagne), Nubank (Brésil) ou Paystack (Nigeria). La stratégie n’est pas encore très claire mais d’ici deux ou trois ans, on saura si l’objectif est de prendre position afin de créer un réseau mondial…»
Enfin, parmi les métiers de la fintech, le paiement qui foisonne d’innovations reste le plus prisé par les investisseurs, captant 36% des fonds levés ce semestre (178 millions d’euros). Viennent ensuite les banques digitales à 28% des fonds levés soit 137 millions d’euros et l’assurtech à 12% soit 61 millions d’euros.
{"title":"","image":"221372»,"legend":"","credit":"Illustration L\u2019Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
SoftBank lance une émission obligataire record pour financer son investissement dans OpenAI
S’il parvient aux 11 milliards de dollars visés, le conglomérat réaliserait la plus importante émission d'obligations d'une entreprise japonaise non financière jamais enregistrée. -
Ayvens vise une rentabilité des fonds propres tangibles entre 14% et 16% en 2029
Le spécialiste de la location automobile, filiale de la Société Générale, veut réduire ses coûts et augmenter les retours aux actionnaires. -
Des parlementaires britanniques recommandent de nationaliser Thames Water
Une commission spécialisée estime que la reprise de la compagnie d’eau par le consortium London & Valley Water irait à l’encontre des intérêts de l’entreprise et de ses clients.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
AgismeAu Maroc, des élections législatives sans jeunes
Le pays vote mercredi pour renouveler le Parlement, mais les revendications de la jeunesse exprimées pendant le mouvement Gen Z 212, et rappelées après les événements de Ceuta, sont totalement passées au second plan -
OusteLoyers impayés : le ras-le-bol des propriétaires
Face à la hausse des loyers impayés, certains propriétaires bailleurs paient leurs locataires pour les voir quitter les lieux. Plutôt que de subir de longues procédures judiciaires... -
Les bons comptes...Au procès de Rachida Dati, les confessions d'une eurodéputée intermittente
La maire du 7ᵉ arrondissement et ancienne ministre de la Justice, jugée pour avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 de Renault-Nissan, assure qu'elle était l'avocate du constructeur mais certainement pas eurodéputée-lobbyste