Tencent signe un nouvel investissement dans la fintech avec Qonto
Deux ans et demi après son lancement, la néobanque française Qonto vient de boucler un tour de table de série C, de 104 millions d’euros. Un record dans la fintech française. Surtout, outre ses investisseurs historiques - les fonds Valar Ventures de Peter Thiel (fondateur de Paypal) et le français Alven - le fonds DST Capital du milliardaire russo-israélien Yuti Milner et le groupe technologique chinois Tencent ont fait une entrée remarquée au capital. Quelques jours avant, ce dernier avait annoncé son entrée au capital de l’appli de paiement entre amis Lydia.
Cela n’a rien d’anodin : si la répartition du capital de Qonto n’est pas communiquée, on sait que Tencent a mené cette levée de fonds, où il est un des principaux apporteurs – même s’il est «un tout petit actionnaire dans la société», précise à L’Agefi Alexandre Prot, co-fondateur de Qonto. «Il n’aura aucun droit particulier dans la gestion de la société». Les co-fondateurs, Alexandre Prot et Steve Anavi, gardent «une part importante» au capital de la société, sans être majoritaires. La fintech, qui ne communique pas son chiffre d’affaires ni sa valorisation potentielle, a levé, au total, 136 millions d’euros.
Ils étaient en contact avec Tencent depuis 2018, puis le tour de table a été mené durant le dernier trimestre 2019. «Notre dossier était bien préparé, et quand Tencent est arrivé, nous étions déjà en contact avec plusieurs investisseurs, ainsi que deux business angels qui apportent leur expérience», poursuit Alexandre Prot – en l’occurrence, Taavet Hinrikus, fondateur et président de la fintech britannique TransferWise, et Ingo Uytdehaage, directeur financier de la licorne néerlandaise Adyen.
Ces fonds levés serviront à la néobanque, qui cible les PME, à poursuivre son développement en Espagne, en Italie et en Allemagne. Qonto prévoit aussi de passer de 200 à 300 collaborateurs. Enfin, dans la foulée de son agrément d’établissement de paiement obtenu en 2018, elle compte devenir un établissement de crédit européen d’ici la fin de l’année.
Une chose est sûre, le géant de la tech chinois cible bien les fintech, aux quatre coins du monde. «Tencent veut investir dans des entreprises qui vont bien se valoriser, et il a une expertise dans les fintech», estime Alexandre Prot. Au cours des cinq dernières années, il a réalisé 28 prises de participation dans des start-up de finance, et notamment dans la néobanque brésilienne Nubank, valorisée 10 milliards de dollars.
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