La BRI affiche son scepticisme face aux cryptomonnaies
Le potentiel du bitcoin comme monnaie d’échange est aujourd’hui limité, estime la Banque des règlements internationaux (BRI) dans un chapitre de son rapport annuel publié hier. «Les cryptomonnaies actuelles s’avèrent de plus en plus laborieuses à utiliser à proportion que leur usage se développe, contrairement à la monnaie classique, dont le fonctionnement s’améliore à mesure que le nombre de ses utilisateurs augmente et que leur confiance s’accroît», observe la BRI. Les économistes de la BRI se sont penchés principalement sur le cas du bitcoin, mais leurs conclusions s’appliquent à l’ensemble des cryptomonnaies qui nécessitent la validation des transactions par des «mineurs».
Pour ces cryptomonnaies, qui reposent sur un registre distribué accessible et modifiable par tous les utilisateurs, la validation des transactions par ces «mineurs» est essentielle, car c’est elle qui permet de s’assurer que l’historique des opérations est identique pour tout le monde. Cette validation requiert des puissances de calcul importantes, nécessitant pour le bitcoin l’équivalent de la consommation électrique de la Suisse, d’après les estimations de la BRI.
Les frais de transactions, fonction de la vitesse de validation
D’autres problèmes émergent dès lors que la popularité de la cryptomonnaie grimpe. C’est notamment ce qui est arrivé en fin d’année dernière, alors que le bitcoin approchait des 20.000 dollars l’unité. Le nombre de transactions pouvant être ajoutées à la blockchain est en effet limité pour chaque période donnée. Lorsque le nombre d’opérations dépasse la capacité de la blockchain, les frais de transactions grimpent pour déterminer quelle transaction inclure en premier. Fin décembre 2017, la validation d’une transaction a ainsi pu coûter jusqu’à 57 dollars à un utilisateur souhaitant la voir aboutir rapidement, ou celui-ci devait accepter d’attendre plusieurs heures pour voir son opération intégrée au registre distribué.
La BRI note que des solutions techniques sont envisageables, à l’image du «Lightning Network» qui propose de traiter les plus petites transactions hors de la blockchain, mais souligne les difficultés à faire adopter des évolutions du protocole d’une blockchain.
Si les technologies actuelles sont encore trop immatures pour permettre l’émergence d’une véritable monnaie virtuelle, elles peuvent avoir des applications plus resserrées, juge la Banque des règlements internationaux. Elle prend en exemple les transferts d’argent internationaux et le financement du commerce international.
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