Les actions chinoises flambent à nouveau
Les actions chinoises n’ont rien à envier aux valeurs américaines. Déjà parmi les seuls marchés début juin, avec le Nasdaq, à avoir retrouvé leurs niveaux de début d’année, les places boursières chinoises ont accentué leur rebond depuis une semaine. L’indice CSI 300 (qui rassemble les 300 valeurs phares cotées sur les Bourses de Shangaï et de Shenzhen) gagne près de 14% depuis le 29 juin et dépasse de 11% ses points hauts cette année après son net rebond de 5,7% hier. Résultat, depuis janvier, le marché chinois continental rivalise avec le Nasdaq avec un gain de 14% contre 16% pour l’indice américain.
«Les bons chiffres macro et les indices PMI pour juillet supérieurs aux attentes dans l’industrie comme dans les services semblent montrer que la Chine tourne rapidement la page de la pandémie de coronavirus, souligne Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM. Cela rassure les investisseurs sur la capacité du pays à retrouver dès la fin de cette année son niveau de PIB de fin 2019.»
«La Chine est en avance»
Ces fondamentaux montrant une reprise rapide de l’économie malgré le choc de la crise sanitaire sont confortés par une relativement bonne maîtrise de la pandémie. «Parmi les grandes économies, la Chine est le pays qui a le mieux contrôlé l’épidémie», note Xinghang Li, responsable gestion marchés émergents chez OFI AM. A Pékin, lors de la découverte ces dernières semaines de clusters impliquant plusieurs centaines de personnes, les autorités ont testé 500.000 personnes dans les quartiers touchés pour éviter toute contagion, rappelle le gérant pour qui le pays devient un endroit refuge. «D’un point de vue chronologique, la Chine est en avance par rapport à d’autres pays dans la crise de la Covid-19 et pour les investisseurs qui souhaitent miser sur la reprise économique, c’est en Asie qu’il faut être et en particulier en Chine», poursuit Vincent Juvyns. Sans oublier le soutien monétaire et budgétaire.
Mais l’accélération de la hausse, hier, tient aussi à des facteurs techniques et notamment à l’assouplissement des règles d’apport de collatéral pour les opérations à levier sur les actions. Cet assouplissement ainsi que le momentum favorable semblent avoir fait revenir massivement les particuliers sur les marchés ces derniers jours. «Le marché domestique des actions A chinoises est essentiellement tenu par les particuliers avec 80% des transactions, observe Xinghang Li. Or, ces derniers jours, il y a eu une forte augmentation des volumes traités.» Des volumes proches de ceux enregistrés en 2015, en pleine bulle. Hier, les recherches les plus populaires sur Internet en Chine étaient «bull market» et «ouverture de compte titres», rapporte Bloomberg. Le gouvernement, par la voie de la presse locale, a même salué ce rallye, le jugeant nécessaire pour asseoir la reprise.
Les valeurs de croissance ont tiré le marché
Le rebond des marchés actions est tiré par les valeurs bancaires, d’assurance et immobilières, qui sont les plus en retard (donc très jouées par les particuliers) et aussi cycliques. «La moitié des valeurs bancaires avait atteint le plafond de hausse quotidienne de 10% quand les valeurs de santé étaient stables hier», indique Xinghang Li. Au cours des derniers mois, ce sont les valeurs de croissance qui ont tiré le marché à la hausse. De fait, la Bourse de Shenzhen, à plus forte composante de valeurs moyennes de croissance, gagne 24% depuis le début de l’année quand Shanghai, marché où sont cotées les grandes capitalisations chinoises, comme les banques, gagne 9%. Sur une semaine, Shanghai superforme Shenzhen.
Après cette forte progression, les valorisations ont nettement augmenté et intègrent déjà le fort rebond attendu des résultats des entreprises en 2021 (+21% après -3% cette année). Pour Vincent Juvyns, les valorisations ne sont pas particulièrement attrayantes mais ce marché est en avance par rapport à d’autres dans le cycle. De plus, il va continuer de bénéficier de l’augmentation des actions chinoises dans les portefeuilles des investisseurs étrangers, une évolution voulue par les autorités locales pour favoriser l’internationalisation du yuan.
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