Les plateformes d’épargne digitales restent sceptiques vis-à-vis des ETF actifs
Les ETF gérés activement ont beau être les stars du moment – aux Etats-Unis surtout, grâce notamment à l’avantage fiscal dont ils bénéficient, mais en Europe aussi, avec une croissance des encours de près de 50% l’an dernier –, ils ne convainquent pas tout le monde.
Les distributeurs d’épargne en ligne, en particulier, ne semblent pas se ruer sur l’instrument. Ces plateformes digitales sont pourtant un des principaux relais pour la distribution des ETF aux particuliers. «Il y a une forme de mélange des genres à vouloir mettre de la gestion de conviction dans un ETF, connu pour être un animal froid où il n’est pas nécessaire de faire confiance à un gérant, soulève Sébastien d’Ornano, président de Yomoni. Il faudra une vraie explication de texte sur le concept d’ETF actif.»
La plateforme, qui gère 65.000 mandats et référence plusieurs dizaines de fonds cotés pour alimenter ses mandats, ne prévoit pas d’intégrer à ce stade des ETF actifs, «sauf peut-être en gestion libre ou sur quelques niches, mais à condition que la gestion soit systématique», précise Sébastien d’Ornano.
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«L’algorithme protège des émotions»
Plus que le fait ou non de se référer à un indice, ce qui freine les distributeurs est effectivement la gestion potentiellement très discrétionnaire du véhicule. «La finance comportementale nous enseigne qu’un gérant peut être influencé par ses émotions et introduire ainsi des biais à travers son allocation tactique : c’est pourquoi nous apprécions la gestion passive, en particulier sur les marchés actions : l’algorithme protège des émotions», complète Franklin Morin, directeur des investissements de Nalo.
La plateforme de 25.000 clients se dit donc, elle aussi, sceptique sur les ETF actifs s’ils traduisent une gestion de conviction. En revanche, «un ETF hybride de type ‘research enhanced’, basé sur des règles quantitatives est, pour nous, assimilable à de la gestion passive même s’il n’y a pas d’indice : l’important est d’éviter de laisser le gérant face à ses biais lors de la pondération et du «timing» de ses prises de position», ajoute Franklin Morin.
Dans tous les cas, ces plateformes qui ont fait de la baisse des coûts de gestion un cheval de bataille, resteront sensibles à la performance nette de leurs supports de gestion. Un handicap de plus pour les ETF actifs souvent plus chers que leurs homologues purement passifs.
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