Il n’aura pas fallu plus de quatre mois et demi au géant de la gestion d’actifs traditionnelle BlackRock, pour supplanter le pure player des crypto-actifs Grayscale. Selon les calculs de Bloomberg, l’ETF iShares Bitcoin Trust, lancé le 11 janvier dernier et désormais connu sous le nom de son « ticker » IBIT, détient 19,68 milliards de dollars en bitcoins (au 29 mai). Il dépasse ainsi l’historique Grayscale Bitcoin Trust (GBTC), créé en 2013 et dont l’encours est évalué à 19,65 milliards. Loin derrière, se positionne un autre nouvel entrant dans le monde crypto : Fidelity Investments avec 11,11 milliards de dollars détenus par son ETF lui aussi lancé en janvier.
La chute de Grayscale de la première marche du podium était écrite : le GBTC subit depuis plusieurs mois une véritable hémorragie, avec 17,7 milliards de dollars de rachats selon Bloomberg. En effet, tant qu’il opérait sous la forme d’un fonds fermé, les parts du GBTC se négociaient à un prix faisant apparaître une décote substantielle par rapport au cours de la célèbre crypto-monnaie. Avec sa transformation en ETF en janvier, la décote s’est effacée et beaucoup d’investisseurs en ont profité pour sortir.
D’autant que le GBTC est notablement plus cher que ses nouveaux concurrents : ses frais de gestion sont restés à 1,5% quand l’IBIT ne prélève par exemple que 25 points de base. Ce déficit de compétitivité pourrait toutefois rapidement se combler : en mars, Grayscale a en effet soumis au régulateur américain, la SEC, une demande d’agrément pour un nouvel ETF, «spin-off» du GBTC, qui cette fois-ci ne serait facturé que 15 points de base.
Le succès de BlackRock et, dans une moindre mesure, de Fidelity ont aussi fait des victimes chez d’autres pionniers de l’investissement crypto. Pendant plusieurs années, certains gérants spécialisés ont tenté de contourner le veto de la SEC sur des fonds directement investis en bitcoin («au comptant») en privilégiant l’utilisation de produits dérivés. L’un des plus gros de ces ETF, le ProShares Bitcoin Strategy ETF (BITO), cumule ainsi plus de 200 millions de dollars de rachats depuis trois mois pour un peu plus de 2 milliards sous gestion, selon les données de Trackinsight.
Autre «proxy», les ETF investis en actions d’entreprises cotées très liées au bitcoin, parce qu’elles détiennent elles-mêmes beaucoup de bitcoins ou parce qu’elles pratiquent le minage, semblent en revanche mieux lotis : le Valkyrie Bitcoin Miners ETF (WGMI) enregistre par exemple 35 millions de dollars de collecte cette année pour un encours de 100 millions.
L’établissement reste très rentable sur ses métiers traditionnels, mais les projets dans les cryptos et les paiements continuent de générer des pertes importantes. Alain Clot, président de France Fintech désigné administrateur en début d'année, a démissionné.
Le spécialiste britannique du capital-investissement spatial étend son expertise privée aux marchés cotés avec le lancement du Seraphim New Space UCITS ETF, développé en partenariat avec la plateforme HANetf.
3 septembre 2026 à 7:12 AM
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Vincent Barret
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