Les ETF bitcoin obtiennent le feu vert tant attendu aux Etats-Unis
L’univers des cryptoactifs va, peut-être, entrer dans une nouvelle ère. Attendue fébrilement depuis plusieurs mois par l’ensemble de l’écosystème, l’autorisation des ETF bitcoin dits «spot», car ils sont investis directement en bitcoin, est enfin tombée.
Le 10 janvier dans la soirée, le gendarme américain des marchés, la Securities and Exchange Commission (SEC) a donné son feu vert à onze véhicules de BlackRock, Ark Invest & 21Shares, VanEck, Fidelity, Invesco & Galaxy, Valkyrie, Hashdex, Franklin Templeton, Wisdomtree, Bitwise, Grayscale.
La SEC était restée jusqu’ici arc-boutée sur le fait qu’un ETF directement investi en crypto représentait un risque de manipulation de cours et que les fournisseurs de ces produits ne pouvaient pas offrir une garantie totale aux épargnants contre des actes de fraude. Un argument que les protagonistes réfutaient. Le 8 janvier dernier, Gary Gensler, président de la SEC postait sur son compte X une série de mises en garde : «Les fraudeurs continuent d’exploiter la popularité croissante des actifs cryptographiques pour attirer les investisseurs particuliers dans des escroqueries. Ces investissements continuent d'être remplis de fraudes, de fausses monnaies, de systèmes de Ponzi, de systèmes pyramidaux et de vols purs et simples où un promoteur de projet disparaît avec l’argent des investisseurs», prévenait-il.
Hausse de la demande
Aux Etats-Unis, les fonds listés qui restituent la performance de la cryptomonnaie sous-jacente existent pourtant depuis octobre 2021. Mais contrairement à un ETF spot, ces véhicules sont exposés à des contrats à terme. Des agréments que le régulateur explique simplement : «Les contrats à terme sont plus difficiles à manipuler car le marché est basé sur les prix à terme du Chicago Mercantile Exchange (CME), réglementé par la Commodity Futures Trading Commission (CTFC)». Or pour s’assurer les grâces de la SEC, les gestionnaires ayant fait une demande récente ou ayant redéposé une homologation de leurs ETF crypto ont tous intégré des accords de surveillance et de partage de données sur le prix.
Alors que les investisseurs devaient jusqu’à présent passer par des plateformes spécialisées ou par des ETF synthétiques pour investir en bitcoin, ils pourront désormais acquérir des ETF spot plus largement distribués. De quoi augmenter la demande pour le premier des cryptoactifs. «Les ETF bitcoin spot permettront aux investisseurs de s’exposer plus facilement par le biais d’un véhicule réglementé, de quoi potentiellement attirer à la fois les investisseurs particuliers et les professionnels. Cela pourrait entraîner d’importants flux vers le marché», estiment les analystes de Deutsche Bank dans une note du 11 janvier.
A lire aussi : Le bitcoin tangue après un faux message de la SEC sur les ETF
Largement anticipé
En réaction, le cours du bitcoin a franchi le seuil des 47.000 dollars qu’il avait déjà furtivement dépassé le 8 janvier, renouant avec des sommets depuis mars 2022, sans toutefois s’éloigner fortement de ces prix des derniers jours. Largement anticipée, l’autorisation de la SEC était sans doute déjà en bonne partie intégrée par le marché alors que le prix du bitcoin s’est envolé de 80% depuis fin août.
Dans le communiqué annonçant l’autorisation des ETF bitcoin spot, Gary Gensler a par ailleurs répété sa méfiance vis-à-vis des cryptoactifs. Il a rappelé que l’Autorité avait désapprouvé 20 demandes d’ETF bitcoin spot entre 2018 et 2023 et que le feu vert accordé en ce début 2024 tenait essentiellement à une décision de justice tombée en août dernier. Gary Gensler a en outre précisé que le feu vert accordé le 10 janvier concerne spécifiquement un produit «détenant une matière première qui n’est pas une valeur mobilière, le bitcoin», et qu’elle «ne devrait en aucun cas signaler la volonté de la Commission d’approuver des normes d’inscription pour les titres de cryptoactifs». Il a également estimé que «si les actifs sous-jacents des ETP sur les métaux sont utilisés par les consommateurs et les industriels, le bitcoin est principalement un actif spéculatif et volatil qui est également utilisé pour des activités illicites». Avant de conclure : «Bien que nous ayons approuvé aujourd’hui la cotation et la négociation de certains ETP bitcoin spot, nous n’avons pas approuvé ou soutenu le bitcoin».
Des mises en garde qui n’empêchent pas les acteurs d’être dans les starting-blocks. Selon Reuters, les premiers produits pourraient commencer à coter dès ce jeudi et les propriétaires du précieux sésame se lancent déjà dans une guerre des prix. iShares a annoncé des frais de 0,25% et même 0,12% pour une période de 12 mois et jusqu’à 5 milliards de dollars d’actifs, Ark-21shares a dévoilé 0,21%, Bitwise 0,20%... La bataille s’annonce rude.
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