Le bitcoin passe les 45.000 dollars, porté par la spéculation sur les ETF
La reine des cryptomonnaies semble déterminée à faire définitivement oublier la crise de 2022. Le bitcoin a débuté l’année 2024 en fanfare, s’adjugeant plus de 8% en quelques heures les 1ᵉʳ et 2 janvier. Son cours a dépassé les 45.000 dollars, pour la première fois depuis début avril 2022, et touché un sommet de plus de deux ans à plus de 45.800 dollars.
Comme plusieurs fois ces derniers mois, la fièvre est due à de nouvelles spéculations concernant la possible autorisation d’ETF physiques (spot) sur le bitcoin par le gendarme des marchés américains, la Securities and Exchange Commission (SEC). La semaine dernière, Reuters a rapporté que la SEC pourrait autoriser le lancement des premiers produits dès le 10 janvier prochain, soit la date limite à laquelle elle est censée rendre son verdict sur l’ETF d’Ark et 21Shares. «Selon certaines rumeurs, la SEC pourrait communiquer sa décision aux émetteurs dès la fin de cette semaine», indique Benoît Pellevoizin, managing director de CoinShares France. Il estime en outre que si l’autorité devait autoriser un ETF, elle les autoriserait tous pour «éviter le phénomène du ‘winner takes all’» dont bénéficierait alors l’unique heureux élu.
15 milliards de flux ?
BlackRock, VanEck, Valkyrie Investments (récemment racheté par CoinShares), Bitwise, Invesco, Fidelity, WisdomTree et une coentreprise entre Ark Investments et 21Shares ont tous déposé une demande d’autorisation. «La vraie question est de savoir qui sera réellement prêt pour lancer son produit», juge Benoît Pellevoizin. «Le processus réglementaire s’est en effet fortement accéléré ces derniers mois en raison du dépôt d’un projet d’ETF par BlackRock en juin et de la décision d’un juge américain remettant en cause la non-autorisation, par la SEC, de l’ETF spot sur le bitcoin de Grayscale en août dernier», rappelle-t-il.
A lire aussi: Les ETF exposés aux crypto voient leurs actifs exploser de près de 120 %
Le lancement de fonds indiciels à réplication physique sur le bitcoin serait susceptible d’augmenter fortement la demande pour la cryptomonnaie. Contrairement aux ETF existants, qui suivent le cours du bitcoin grâce à des produits dérivés, les ETF spot seront directement investis en bitcoins. L’autorisation de ces instruments financiers aisément accessibles acterait également «la validation de la thèse bitcoin par les grandes institutions financières», anticipe Benoît Pellevoizin, ce qui pourrait augmenter l’attrait des investisseurs.
Halving en avril
L’équipe de recherche de CoinShares estime ainsi que la collecte de ces nouveaux produits pourrait atteindre 15 milliards de dollars en un an, ce qui pourrait porter le prix du bitcoin à… 140.000 dollars. A l’hypothétique hausse de la demande, devrait en effet s’ajouter une diminution de l’offre. En avril prochain, le bitcoin procédera à son quatrième «halving» ce qui entraînera la diminution par deux du nombre de bitcoins délivrés lors du minage d’un bloc.
La première des cryptomonnaies, qui a flambé de 70% depuis mi-octobre, bénéficie en outre des anticipations de baisses des taux d’intérêt en 2024, la banque centrale américaine ayant commencé à aborder la question de l’assouplissement de sa politique monétaire lors de sa dernière réunion de décembre.
Reste à savoir si toutes ces «bonnes nouvelles» sont déjà intégrées dans le prix ou s’il ne s’agit que des prémisses du retour en grâce du bitcoin qui cote encore plus de 30% en dessous de ses plus hauts de 2021. «Une incertitude demeure quant à l’attitude qu’auront les investisseurs américains face aux ETF bitcoin. Vont-ils se ruer sur ce nouveau produit ou tous ceux qui souhaitaient acquérir des bitcoins l’ont-ils déjà fait ?», s’interroge Benoît Pellevoizin. Réponse dans quelques semaines, si la SEC le veut.
A lire aussi: ETF : une année 2023 qui tient ses promesses
Plus d'articles du même thème
-
La France veut prendre la vague de l’ordinateur quantique
Quelques heures après les Etats-Unis, l'Hexagone a à son tour annoncé le déblocage d'une nouvelle enveloppe pour soutenir l'écosystème naissant de l'informatique quantique. La start-up française Alice & Bob a aussi dévoilé un investissement de la part de Nvidia. -
L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
Les revenus des fournisseurs d’indices sont en progression de plus de 12 % par an ces cinq dernières années, dans un marché toujours très concentré. -
La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
A la Une
Vanguard lance deux ETF sur les actions européennes
Contenu de nos partenaires
-
Flottille pour Gaza : le ministre israélien Itamar Ben Gvir interdit de territoire français
Pour légitimer cette décision, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a fait référence à une vidéo polémique publiée mercredi 20 mai par Itamar Ben Gvir, dans laquelle figurent des militants de la flottille pour Gaza, agenouillés et les mains liées -
L’Iran promet « une défaite écrasante » si Donald Trump relance le conflit
« Nos forces armées se sont reconstituées pendant la période de cessez-le-feu », a assuré Mohammad Bagher Ghalibaf, le principal négociateur iranien, qui est aussi président du Parlement iranien. De son côté, Donald Trump a modifié son agenda : il ne se rendra pas en effet au mariage de son fils pour des « raisons ayant trait aux affaires de l’Etat » -
Stress hydriqueDans l’Yonne, cinq communes se regroupent pour avoir de l’eau potable
La commune d’Annay-sur-Serein a dû faire face à une problématique de taille : une eau rendue impropre à la consommation. En cause : une concentration en nitrates trop élevée. Alors que l’Agence Régionale de Santé préconisait la construction d’une usine de dénitrification, les élus ont opté pour une solution mutualisée, plus coûteuse, mais aussi plus durable