Cent quarante-trois gestionnaires d’actifs, investisseurs, gérants de fortune et fournisseurs de services financiers du monde entier, représentant 6.800 milliards de dollars de capitaux investis, unissent leurs forces pour demander aux fournisseurs d’indices de retirer les armes controversées des indices conventionnels. «Ces armes – parmi lesquelles figurent les bombes à fragmentation, les mines antipersonnel ainsi que les armes chimiques, biologiques et nucléaires, produites à l’intention de pays n’ayant pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires – peuvent causer des dommages sans discrimination ou disproportionnés. Leur usage est d’ailleurs interdit ou restreint par les conventions internationales», précisent les investisseurs dans une lettre ouverte envoyée à des représentants de FTSE Russell, Morningstar, MSCI, S&P Dow Jones Indices et STOXX. L’initiative, lancée en Suisse avec la coordination de Swiss Sustainable Finance, a pris une ampleur internationale grâce à une présence sur la plate-forme collaborative des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UN PRI). Parmi les signataires figurent de nombreux investisseurs institutionnels et des sociétés de gestion comme BNPP AM, Candriam, Group La Française, Groupama Asset Management, OFI AM… L’investissement dans des sociétés liées à des armes controversées est d’ores et déjà contraire à certaines conventions internationales et réglementations nationales.«Mais les indices conventionnels continuent à les inclure. Pour les investisseurs actifs qui utilisent des indices de référence standard, exclure ces sociétés signifie exposer les portefeuilles à des erreurs de suivi supplémentaires, ainsi qu’à un surcoût. Quant aux investisseurs passifs, ils n’ont, pour le moment, souvent pas le choix, car leurs stratégies répliquent en grande majorité les indices traditionnels, sans possibilité d’exclusion», souligne un communiqué. «Aujourd’hui, les investisseurs qui suivent les indices conventionnels contribuent tous au financement de sociétés impliquées dans les armes controversées», déplore donc l’initiative.