Alors que la prise en compte de l’approche responsable devient «mainstream» chez les institutionnels, est-il bien établi que les investissements axés sur l’environnement, la société et la gouvernance (ESG) ont un impact positif sur les rendements? Il a fallu plusieurs années et de nombreux travaux académiques pour que les investisseurs admettent que l’approche responsable n’était pas forcément un obstacle majeur à la performance. Et Lyxor Asset Management a présenté ce 10 septembre les conclusions d’un nouveau document de recherche qui montre une fois de plus qu’investir selon des critères ESG ne signifie pas dégrader la performance du portefeuille. Au contraire, une stratégie de sélection fondée sur les scores ESG peut augmenter le profil ESG des portefeuilles passifs et actifs, sans nécessairement réduire les rendements. Ces résultats s’appuient sur les travaux de la Lyxor Dauphine Research Academy (*), ainsi que sur les contributions de l’équipe de recherche interne de Lyxor. Il s’agit de la troisième étude d’une série d’articles de Lyxor sur l’évolution de l’industrie de la gestion d’actifs et sur la construction de portefeuilles. La nouvelle étude, très exhaustive puisqu’elle couvre le monde entier et qui développe en même temps une granularité forte, établit que sur la base d’une analyse de la performance passée d’un univers d’actions (représenté par l’indice MSCI All Country World index) sur la période 2007-2018, une politique d’exclusion fondée sur les scores ESG des entreprises n’a pas eu d’incidence négative sur le rendement du portefeuille. Et dans la plupart des cas, l’utilisation d’un filtre ESG a amélioré la performance des portefeuilles. Par exemple, l’exclusion de 50 % des entreprises aux notes ESG les plus faibles d’un portefeuille d’actions européennes a ajouté 2,3 % par an de rendement sur 10 ans, tout en diminuant de 1,6 % la volatilité. « L’amélioration du profil ESG d’un portefeuille ne se fait pas aux dépens du rendement. Dans certains cas, cela peut même mener à des rendements supérieurs. De plus, à mesure que la disponibilité et la fiabilité de l’information ESG s’améliorent, de plus en plus de stratégies indicielles sont créées pour intégrer les caractéristiques ESG », a commenté Marlène Hassine Konqui, responsable de la recherche ETF chez Lyxor Asset Management. L’étude insiste par ailleurs sur le développement massif et continu du marché des ETF, et tout particulièrement du segment des ETF ESG. « Lyxor considère que les ETF sont un véhicule naturel pour l’investissement l’ESG et s’attend à ce que ce segment du marché européen des ETF continue de croître », estime François Millet, responsable de la stratégie ETF, de l’ESG et de l’innovation chez Lyxor Asset Management. Bien que la majeure partie des investissements ESG soit toujours gérée activement, on remarque un réel engouement pour la gestion passive de la part des investisseurs ESG. En Europe, par exemple, les encours passifs en investissement ESG ont augmenté de 35% par an au cours des 5 dernières années, contre 11% pour les fonds ESG activement gérés. Les encours de l’investissement durable, fonds ESG passifs et actifs confondus, ont atteint plus de 31.000 milliards de dollars à la fin de 2018, en hausse de 34% depuis 2016. Cela représente une part de 39% des actifs mondiaux gérés professionnellement… (*) «ESG Investing: From Sin Stocks to Smart Stocks», par Fabio Alessandrini et Eric Jondeau de l’université de Lausanne