D’après la mise à jour des projections pluriannuelles de l'institution internationale, les comptes publics devraient notamment se dégrader aux Etats-Unis, en Chine, et en France.
Les revirements de la politique commerciale américaine pourraient être une bonne occasion pour l’Europe de s’affirmer comme un îlot de stabilité mondial. Il faut pour cela que les travaux sur son système financier avancent. C’est dans cet objectif qu’une délégation de la Commission des affaires économiques et monétaire du Parlement européen était à Paris mi-avril.
Le président Donald Trump a annoncé coup sur coup qu’il ne renverrait pas le président de la Fed, après avoir laissé entendre le contraire, et qu’il voulait une désescalade sur les droits de douane avec la Chine. Pas suffisant toutefois pour rétablir une pleine confiance internationale vis-à-vis des Etats-Unis et des actifs américains.
La guerre douanière met aussi la pression sur les intermédiaires de la dette, qu'il s'agisse des banques, des fonds de crédit, ou encore des teneurs de marché de titres souverains américains.
L’organisation des pays exportateurs de pétrole envisagerait de remettre plus de barils que prévu sur le marché en juin après l’accélération déjà décidée pour le mois de mai. Le cours du Brent est stoppé dans son élan.
En imposant des droits de douane élevés, le nouveau président des Etats-Unis a proposé une politique en rupture avec le passé. De quoi inquiéter les marchés passés en peu de temps d’un sentiment d’«exceptionnalisme américain» à des préoccupations croissantes concernant le risque de récession aux Etats-Unis et un ralentissement notable de la croissance mondiale.
L'indice PMI composite de la zone monétaire s'approche du seuil de 50 en avril, à un plus bas de quatre mois. Outre-Rhin, il a basculé en zone de contraction.
Le président américain a annoncé qu’il ne renverrait pas le président de la Fed après avoir laissé entendre le contraire. Une désescalade semble également se profiler avec la Chine.
La Prudential Regulation Authority (PRA) a remis en cause la bonne liquidité (niveau 2A) des «covered bonds» d’origine étrangère. Avant de faire machine arrière à peine une semaine plus tard…
L'institution révise sévèrement sa projection de croissance. Les droits de douane de Donald Trump devraient coûter un point de croissance aux Etats-Unis, et un demi-point au niveau mondial.
Le «Liberation Day» du 2 avril a altéré le statut des Treasuries et du dollar. Pour la Maison-Blanche, le Trésor et la Fed, l'enjeu est de contenir tout dérapage des taux longs alors que le pays a d'énormes besoins de refinancement.
Donald Trump s’en est pris à la politique monétaire de la banque centrale américaine et son administration envisagerait de renvoyer son président, Jerome Powell. L’or a franchi pour la première fois le cap symbolique des 3.500 dollars l’once, avant de refluer.
En changeant de méthodologie, Moody’s a accentué l’essor de ce type de dette, jusque-là très européenne, aux Etats-Unis, avec plus d’une dizaine de nouvelles opérations en un an. Le marché américain pourrait dépasser l’Europe en volume d’émissions dès cette année.
Les grandes capitalisations britanniques offrent un statut défensif, permettant d’amortir les fortes corrections de marché. Outre un rendement plus élevé, ces actions sont moins sensibles à la thématique des tarifs.
Le graphique ci-dessous présente les droits de douane «réciproques» annoncés par Trump, et les exportations de chaque pays vers les États-Unis en pourcentage de leur PIB.
En mars, les marchés ont continué d’évoluer au gré de la politique commerciale erratique de Donald Trump, reléguant au second plan le plan d’investissement récemment voté en Allemagne. La Fed prise en étau entre les effets potentiellement négatifs des tarifs sur la croissance et les tensions inflationnistes persistantes a opté pour le statu quo. Mais c’est surtout l’annonce de l’arrivée imminente de tarifs de 25% sur les automobiles et de mesures tarifaires réciproques visant l’ensemble des partenaires commerciaux qui a entrainé un rebond de la volatilité et provoqué une chute marquée des actions. La correction a été d’autant plus forte pour les investisseurs en euro : alors que le dollar joue traditionnellement un rôle de valeur refuge en période de stress, son cours s’est effondré face à l’euro.
La volatilité des actions américaines a fortement diminué après avoir grimpé à un plus haut depuis le Covid, en raison de l’imprévisibilité de Donald Trump. Après 10 jours au-dessus de 30, comme lors de la correction de 2022, le Vix est repassé sous cette barre. Mais il reste élevé.
La banque centrale a de nouveau abaissé ses taux jeudi et s’est montrée plus accommodante qu’espéré dans son discours. L’impact des droits de douane est incertain mais plus baissier sur la croissance et l’inflation que prévu.
La Banque centrale européenne a annoncé la diminution de ses taux de 0,25 point de pourcentage. Le taux de rémunération des dépôts passera notamment de 2,5% à 2,25%.
Jerome Powell a déclaré que la banque centrale américaine n’était pas pressée d’agir tout en avertissant du risque de stagflation. Toutefois, le marché semble entrevoir un espoir du côté des négociations commerciales entre les Etats-Unis et le Japon.
Les parties prenantes ont jusqu'au 10 juin pour répondre au nouveau questionnaire de la Commission européenne sur les barrières à l'union de l'épargne et des investissement en Europe.
En imposant des tarifs commerciaux élevés, Trump montre une fois de plus son mépris pour le système de libre-échange basé sur des règles de l’après-guerre. L’objectif est clair : tirer le meilleur parti de la domination américaine en matière de défense, de commerce et de technologie. Dans la politique baptisée « America First », le droit du plus fort s’applique. Mais si d’autres pays collaborent, cela se traduit par un « America Alone ».