Rente. Le système des droits gratuits à polluer suscite des critiques croissantes. Carbon Market Watch, un lobby environnemental basé à Bruxelles, dénonce dans un rapport publié le 7 juin l’effet d’aubaine lié à la distribution de quotas de CO2 aux entreprises européennes les plus polluantes. Entre 2008 et 2019, les secteurs du raffinage, de la chimie, de la sidérurgie ou encore du ciment auraient bénéficié d’un soutien indu de... 50 milliards d’euros. Le gros de cette évaluation provient du fait que la gratuité du permis à polluer n’a pas été répercuté dans les prix de vente des produits et services. Les entreprises ont aussi réalisé des gains directs puisqu’elles peuvent vendre les droits dont elles n’ont pas besoin : pour les cimentiers, la plus-value atteint 3 milliards d’euros sur la période considérée. Enfin, jusqu’en 2020, l’accès au marché international des quotas, dont les prix étaient plus bas qu’en Europe, a permis de faire des arbitrages.