La Banque centrale du Danemark a relevé son taux directeur de 50 points de base (pb) jeudi, le rapprochant d’un territoire positif à -0,10% désormais au lieu de -0,60%. En 2012, le Danemark était devenu le premier pays au monde à imposer des taux négatifs. Avec la Banque du Japon (BoJ), également à -0,10%, et la Banque nationale Suisse (BNS), qui a porté son taux de -0,75% à -0,25% en juin, elles restent les seules encore en territoire négatif. Mais un autre ajustement est prévu en septembre. Les banques danoises cessent donc de pratiquer les taux négatifs sur les dépôts privés qu’elles appliquaient depuis 2019 pour amortir leurs dépôts en banque centrale.
The Economist a publié la dernière version de son étude bi-annuelle sur son «indice Big Mac». En partant du principe que le prix du célèbre burger de McDonald’s devrait être le même, en parité de pouvoir d’achat, partout où il est vendu, l’hebdomadaire britannique cherche à estimer la juste valeur d’une monnaie par rapport au dollar américain. Selon les résultats de ce rapport rendu public le 21 juillet, un Big Mac est 11% plus cher aux Etats-Unis que dans la zone euro. Cela supposerait une parité de 1,11 dollar pour un euro alors que la monnaie unique vaut actuellement un peu moins de 1,02 dollar, la parité parfaite (1 euro pour 1 dollar) ayant même été touchée le 12 juillet dernier pour la première fois depuis 20 ans.
Les ventes au détail au Royaume-Uni ont légèrement baissé, de 0,1% en rythme mensuel en juin, après une baisse révisée de 0,8% en mai selon les données publiées vendredi par l’Office for National Statistics (ONS). Un résultat meilleur que les prévisions du marché d’un repli de 0,3%. Les principales diminutions ont été observées dans l’habillement, le carburant automobile et les articles ménagers. Les volumes des ventes au détail restent supérieurs de 2,2% à leurs niveaux d’avant-Covid en valeur, mais la tendance générale est à la baisse, de -5,8% sur un an, car l’inflation élevée réduit le pouvoir d’achat.
L’activité du secteur privé britannique se dégrade et a enregistré sa plus faible croissance en dix-sept mois, selon l’enquête préliminaire de S&P Global (ex-IHS Markit) publiée vendredi. L’indice PMI composite «flash» a reculé à 52,8 en juillet, après 53,7 en juin, dépassant de peu le consensus (52,5), avec un indice PMI des services à 53,3, après 54,3, et un indice PMI manufacturier à 52,2, après 52,8. Le PMI des coût des intrants est à son plus bas niveau depuis dix mois en raison de la baisse des prix des produits de base et de la stabilisation des coûts du carburant. Une bonne nouvelle pour la Banque d’Angleterre (BOE), qui se tient prête à relever ses taux d’un demi-point de pourcentage début août.
Premier test réussi pour la nouvelle Assemblée nationale, qui a adopté, vendredi matin en première lecture par 341 voix contre 116, après trois jours de débats animés, le projet de loi «pouvoir d’achat». Le texte triple le plafond en deçà duquel la «prime Macron» créée en 2019 est exonérée de prélèvements sociaux et fiscaux, à 6.000 euros par an et par salarié pour les entreprises ayant un accord d’intéressement ou de participation, à 3.000 euros pour les autres. Il prévoit aussi les revalorisations anticipées et rétroactives au 1er juillet de 4% des pensions de retraite et des prestations sociales et de 3,5% du point d’indice des fonctionnaires, un chèque alimentaire de 100 euros (plus 50 euros par enfant), la suppression de la redevance audiovisuelle, et des mesures devant permettre la construction d’un terminal méthanier pour importer du gaz naturel liquéfié (GNL). Ces mesures devraient coûter 20 milliards d’euros, en plus des 25 milliards de dépenses annoncées plus tôt pour les mesures sur les prix de l’énergie. Le projet de loi de finances rectificatif (PLFR 2022) pourrait intégrer aussi un doublement (de 200 à 400 euros) de l’aide défiscalisée des entreprises aux salariés pour couvrir leurs frais de carburant.
La banque centrale de Russie (CBR) a baissé son taux directeur de 9,5 % à 8 % vendredi, indiquant envisager de nouvelles baisses au second semestre. Selon l’institution, « le ralentissement économique sera plus long et peut-être moins profond » qu’anticipé au début de la guerre en Ukraine, les mesures de relance budgétaire et la hausse de la production pétrolière ayant atténué l’impact des sanctions. L’excédent de la balance courante devrait ainsi atteindre le chiffre record de 243 milliards de dollars cette année. Par ailleurs, l’inflation a ralenti, atteignant 15,4 % mi-juillet contre près de 18 % en avril.
Les contrats à terme Septembre 2022 sur le blé tendre ont chuté vendredi de 7% à 326 euros/tonne sur Euronext et de près de 5% à 7,68 dollars/boisseau à Chicago, grâce à l’annonce d’un accord entre l’Ukraine et la Russie devant permettre de reprendre les exportations de céréales depuis les ports ukrainiens de la mer Noire. La signature s’est déroulée à Istanbul, en présence du président turc et du secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, qui créera un centre de coordination pour veiller à la mise en oeuvre de l’accord dans quelques semaines. Le corridor sécurisé permettrait à l’Ukraine d’exporter plus de 20 millions de tonnes de céréales accumulées dans les silos portuaires depuis le 24 février, tout en libérant de l’espace de stockage pour la prochaine récolte.
Le président brésilien Jair Bolsonaro a officiellement lancé dimanche à Rio de Janeiro sa campagne en vue d’une réélection le 2 octobre prochain, prononçant un discours centré sur la religion, les armes et la famille, alors que son principal rival, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, est donné favori. Jair Bolsonaro a multiplié les attaques sans fondement contre la fiabilité du système électronique de vote, faisant planer un doute sur le fait qu’il accepterait le résultat de l'élection en cas de défaite.
L'indice PMI composite est tombé sous 50 en juillet ce qui traduit une contraction de l'activité. Le PIB de la zone euro pourrait reculer au troisième trimestre.
Robeco a décidé de ne plus exclure les exploitants de centrales nucléaires de ses gammes de fonds Sustainability Focused et Impact Investing, qui représentent respectivement 20 milliards d’euros et 22 milliards d’euros d’encours sur les 201 milliards gérés par la société de gestion. Ce revirement intervient alors que le Parlement européen a décidé le 6 juillet de classer l’énergie nucléaire et le gaz naturel parmi les énergies « vertes » dans la taxonomie européenne. Ce dossier avait fait l’objet de vifs désaccords entre pays membres de l’Union européenne. Des restrictions subsistent toutefois. «Même si les exclusions catégoriques ne sont plus appliquées, nous maintiendrons des restrictions lorsque nous évaluerons l’adéquation d’un exploitant de centrale nucléaire pour un portefeuille. Le cadre ODD propriétaire de Robeco qui porte sur les Objectifs de développement durable sera utilisé pour évaluer avec précision les risques», indique la société de gestion néerlandaise. Robeco justifie sa nouvelle politique par le constat du «rôle crucial» que joue l’énergie nucléaire dans la transition énergétique. «Si l’industrie nucléaire présente toujours des risques importants, avec en tête les accidents potentiels et le problème du stockage en toute sécurité des déchets radioactifs, son principal avantage - des émissions de carbone quasiment nulles - offre une solution pour réduire la dépendance aux énergies fossiles», détaille la société de gestion dans un communiqué. La dynamique de cette industrie est également en train de changer, «car la technologie nucléaire évolue progressivement pour développer des systèmes de production d’électricité plus sûrs et des solutions plus efficaces pour gérer le combustible appauvri», poursuit Robeco. «Dans le même temps, il est de plus en plus urgent de s’attaquer au réchauffement planétaire potentiellement catastrophique causé par la combustion des énergies fossiles, et les risques de sécurité énergétique et de précarité énergétique augmentent, car les ménages ne peuvent plus faire face à la hausse des prix du gaz naturel», conclut la société. Cependant, compte tenu des risques liés à la sécurité nucléaire et aux déchets, Robeco considère l’énergie nucléaire comme une énergie «orange» plutôt que «verte». Les exploitants de centrales nucléaires étaient déjà admis au sein de la gamme de fonds Sustainability Inside (154 milliards d’euros) dont les seuils en matière de durabilité sont plus bas. Robeco continuera d’appliquer cette politique.
Le géant pétrolier a annoncé une ristourne de 20 centimes par litre à partir de septembre. Le logisticien CMA CGM a aussi dévoilé un effort supplémentaire.
Le géant de la logistique a annoncé une baisse renforcée de ses tarifs par rapport à ce qui avait été dévoilé en juin dernier. Tous les importateurs en France devraient en bénéficier.
La banque centrale d’Afrique du Sud (SARB) a annoncé hier relever de 75 points de base (pb) son taux de repo, à 5,5%. Le consensus tablait sur une hausse de 50 pb. L’institution a remarqué que l’économie n’était pas encore remise de l’épidémie de Covid, et s’attend à une contraction de 1,1 point de PIB au second trimestre, suivie par une croissance de 0,7 et 0,4% au troisième et quatrième trimestres. Selon les projections de la SARB, l’inflation devrait progresser de 6,5% sur l’année, après avoir atteint le niveau record de 7,4% en juin, au-delà de la cible de 4,5% visée par la banque centrale.
Suite à sa réunion de politique monétaire, conclue hier, la banque centrale japonaise (BoJ) a confirmé maintenir à -0,1% ses taux à court terme, comme attendu par le marché. Par ailleurs, la BoJ s’est engagée à poursuivre sa politique de contrôle des taux, en maintenant le rendement du souverain à 10 ans entre -25 et 25 points de base. L’institution remarque toutefois que les pressions sur les prix se renforcent, et a relevé ses prévisions d’inflation cœur pour l’année se terminant en mars 2023 à 2,3% contre 1,9% précédemment. Par ailleurs, les prévisions de croissance pour l’exercice en cours ont été abaissées de 0,5 point, à 2,4%. Le yen a baissé suite à ces annonces, à plus de 138 yens/dollar.
Les inscriptions au chômage hebdomadaires ont encore augmenté aux Etats-Unis au 16 juillet pour la troisième semaine consécutive, à 251.000 après 244.000, a annoncé jeudi le Département du Travail. Il s’agit d’un plus haut depuis huit mois, avec une moyenne mobile sur quatre semaines qui s’établit désormais à 240.500 unités. Le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s’est élevé à 1,384 million lors de la semaine au 9 juillet, après 1,333 million (révisé) la semaine précédente.
Les contrats à terme Septembre 2022 sur le pétrole ont baissé de près de 3% jeudi, au-dessous de 97 dollars/baril pour le brut WTI américain et à 104 dollars/baril pour le Brent européen, notamment à cause des données officielles indiquant une demande américaine d’essence plus faible que prévu malgré la saison estivale et l’apaisement des problèmes d’approvisionnement. Le rapport de l’Agence américaine de l’énergie (EIA) publié mercredi a montré que les stocks avaient augmenté de 3,5 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis, dépassant les attentes d’une hausse de 71.000 barils. Le produit d’approvisionnement de l’essence, un proxy de la demande, a chuté d’environ 7,6% sur un an pour atteindre environ 8,5 millions de barils par jour. En même temps, la National Oil Corp de Libye a annoncé que la production de brut avait repris dans plusieurs champs pétrolifères du pays, après avoir rouvert ses exportations de pétrole la semaine dernière. Et la réouverture du gazoduc Nord Stream 1 vers l’Europe a réduit la pression qui pesait sur l’or noir depuis mi-juin.
Alors qu'une hausse de 0,25 point de pourcentage avait été annoncée, la Banque centrale européenne a porté son taux de dépôts de -0,5% à 0%. Les Bourses encaissent la nouvelle sans broncher et l'euro grimpe face au dollar.
Spirale. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la devise américaine qu’elle s’apprécie lorsque l’économie des Etats-Unis va bien ou va mal – parce qu’elle est un baromètre de la croissance mondiale et qu’un ralentissement déclenche un mouvement vers les actifs refuges. Mais, par ricochet, un billet vert plus fort étouffe le reste du monde, en renchérissant le prix des matières premières achetées en dollars, en freinant le commerce et en alourdissant le poids de la dette en dollars – ce qui pèse surtout sur les pays émergents. Une réaction rapide et adaptée des banques centrales a permis aux devises locales de résister, un effort nécessaire pour juguler l’impact inflationniste d’une monnaie faible. Résultat, les conditions financières se durcissent à un rythme sans précédent sans enrayer la hausse du dollar. D’une part, la situation européenne pousse la devise américaine à la hausse – la Banque centrale européenne devra trancher entre contrôle de l’inflation et soutien à la croissance, alors que l’impact de l’arrêt des approvisionnements en gaz semble probable. Ensuite, le cycle de resserrement monétaire américain est loin d’être terminé, l’inflation atteignant 9 %. Enfin, le dollar profite d’un cercle vicieux : sa hausse dégradant les conditions économiques, les investisseurs achètent la devise refuge, ce qui la fait monter. Toutefois, un dollar fort aide la Fed dans sa lutte contre l’inflation, et la banque centrale n’aurait alors pas besoin d’aller au bout de ses hausses de taux, ce qui pourrait inverser la tendance. Le marché est encore loin d’intégrer cette possibilité.
Grève. La crise de liquidité qui touche le secteur immobilier chinois s’approfondit. Il est d’usage de vendre les appartements avant qu’ils ne soient terminés, ce qui permet aux constructeurs de disposer de ressources financières supplémentaires. Mais une part de plus en plus importante des acheteurs refuse désormais de continuer à payer des logements dont la valeur s’érode et qui font face à des retards importants – entre 2013 et 2020, seuls 60 % des chantiers immobiliers ont été terminés, un chiffre qui s’est dégradé depuis deux ans. Plus de 100 projets, dans plus de 50 villes, seraient concernés, selon China Real Estate Information Corp. La situation se complique pour les promoteurs, dont l’accès au crédit s’est durci depuis l’an dernier. Même les groupes jugés jusqu’ici à faible risque, comme Country Garden Holding, ont vu leurs cours chuter et les rendements sur leur dette s’envoler. Pour le moment, le secteur bancaire semble à l’abri : si les refus de payer concernent 58 milliards de dollars de prêts, ils ne représentent qu’une petite part des 9.200 milliards de dollars d’exposition à la dette immobilière des banques. La crise risque pourtant de s’aggraver si le prix des appartements continue de chuter et si d’autres emprunteurs se mettent en grève.
L’indice des tensions sur les chaînes d’approvisionnement créé par la Fed de New York indique que les pressions diminuent. Il avait atteint 4,4 points en novembre dernier, un record absolu. Il reste plusieurs inconnues – l’ampleur de l’impact de la guerre en Ukraine ou de nouveaux confinements en Chine. Mais ce qui a été l’un des principaux facteurs de l’inflation se normalise.