Lors de son dernier conseil d’administration en octobre, l’Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique (ERAFP) a revu sa charte ISR datant de 2006, alors que les investissements de l’institution se sont diversifiés et que les enjeux environnementaux ont évolué. « Après avoir pris en compte des critères assez classiques comme la limitation des rejets de gaz à effets de serre, la prévention des impacts en matière d’eau, la prévention de la biodiversité, nous avons décidé d’intégrer des critères plus novateurs et porteurs comme la valeur ajoutée environnementale du produit et du service ou la contribution à la transition énergétique des entreprises dans lesquelles nous investissons », a expliqué Dominique Lamiot, président de l’ERAFP, lors du colloque Novethic sur les stratégies ESG pour les investisseurs responsables. Le changement de charte aura un impact clair sur les mandats confiés aux sociétés de gestion. « Au fil du temps et à chaque renouvellement, nous adapterons nos mandats pour qu’ils soient pleinement en validés au regard de notre nouvelle charte ISR », a ajouté Dominique Lamiot. L’ERAFP se prévaut d’avoir été le premier investisseur à adopter une charte ISR en France. « Cela a été consubstantiel à la création du régime en 2005. Dès cette époque, le conseil d’administration était arrivé à la conclusion qu’il n’y avait de rentabilité financière que dans les entreprises socialement responsables et qui intégraient des critères environnementaux », a rappelé son président. Le fonds de pension à la française compte bien rester une référence dans ce domaine. 100% de ses investissements sont déjà ISR. Et « en matière de critères environnementaux, les investissements représentaient 1/5 de la sélection ESG, nous sommes passés à ¼ et nous allons vers un tiers », a indiqué Dominique Lamiot. Pour choisir ces entreprises vertueuses, l’ERAFP maintient sa philosophie de sélection du best in class. « Dans chaque secteur, nous prenons les plus performants en matière d’ESG, c’est un choix parfois discutable mais nous l’assumons. Il est facile d’investir que dans le secteur tertiaire, plus faible émetteur de gaz à effet de serre que dans celui du secondaire. Nous préférons faire bouger les entreprises de l’industriel vers de meilleurs standards par exemple », a défendu Dominique Lamiot qui fait confiance à l’engagement actionnarial. L’ERAFP gère 26 milliards d’euros d’actifs qui augmentent de 2 milliards par an en moyenne.