Il n’y aurait qu’une explication. Les gains à deux chiffres en rythme annualisé enregistrés depuis le début de l’année tant par les actions que les obligations seraient liés aux achats d’actifs réalisés par les banques centrales en Europe et au Japon. Ces achats, pour un montant de 1.000 milliards de dollars, auraient permis de passer outre tous les risques du moment, notamment ceux liés aux élections présidentielles en France, estime Bank of America Merrill Lynch dans sa dernière étude hebdomadaire sur les flux. Si les achats des banques centrales se maintiennent à leur niveau actuel, ils pourraient atteindre en 2017 leur plus haut niveau des dix dernières années, estime BofA Merrill Lynch.Malgré les incertitudes sur l’issue des élections en France, les fonds d’actions européennes ont ainsi enregistré une quatrième semaine consécutive de flux nets positifs, pour un montant de 0,6 milliard de dollars. Les fonds d’actions émergentes ont également poursuivi sur la lancée des semaines précédentes, avec des entrées nettes de 0,9 milliard de dollars. En revanche, les fonds d’actions japonaises ont subi des rachats de 0,7 milliard de dollars, les plus importants des quinze dernières semaines. Et, aux Etats-Unis, où les dernières statistiques économiques ont déçu les investisseurs qui plus que jamais s’interrogent sur la capacité de Donald Trump à pousser son programme de réformes, les fonds d’actions américaines ont affiché des sorties nettes de 2,6 milliards de dollars. Au total, les fonds d’actions ont ainsi bouclé la semaine au 19 avril sur une décollecte de 0,6 milliard de dollars, selon l’étude de BofA Merrill Lynch qui reprend des données du spécialiste de l’évolution des flux dans le monde EPFR Global.Côté obligataire, la semaine s’est soldée par des entrées nettes de 3,8 milliards de dollars, certains investisseurs préférant éviter manifestement les actifs risqués. Les fonds d’obligations « investment grade » ont ainsi attiré 2,4 milliards de dollars, enregistrant leur dix-septième semaine consécutive de flux nets positifs. Les fonds d’obligations émergentes, a priori aussi risquées que les actifs dits «risqués», ont encore engrangé 1,3 milliard de dollars, affichant une douzième semaine consécutive d’entrées nettes. En revanche, les fonds d’obligations high yield ont subi des rachats pour un montant de 0,2 milliard de dollars et les fonds d’obligations indexées sur l’inflation ont également terminé dans le rouge.