Ebullition. Les marchés actions sont euphoriques, soutenus par la conjoncture et les résultats annuels. Depuis janvier, l’indice S&P 500 a déjà progressé de plus de 7 % (soit un gain annualisé de 128 %) et l’EuroStoxx 50 de plus de 4 %. Plus que jamais, la question de la valorisation, notamment à Wall Street, se pose. Patrick Moonen, stratégiste multi-asset chez NN IP, observe de plus en plus de signes d’un marché suracheté. « Cela ne signifie pas qu’une correction est proche, tempère ce dernier. Les marchés peuvent rester surachetés sur une longue période tant que les investisseurs sont poussés à l’achat par la peur de manquer le train. » De fait, il ne se passe pas une semaine sans que les fonds actions battent un record de souscriptions : 33,2 milliards de dollars pour la précédente, dont 12,1 milliards pour les gestions actives, selon EPFR Global. Le stratégiste de NN IP qui reste modérément positif sur les actions, estime que le risque d’une correction augmente. L’indice Bull and Bear de Bank of America Merrill Lynch (BoA ML), un indicateur très suivi par les opérateurs, atteint, à 7,9, son plus haut depuis le dernier signal supérieur à 8 (vente) déclenché en janvier 2013. Depuis 2002, celui-ci a donné 11 signaux de vente suivis par des corrections moyennes de 12 %. Par ailleurs, l’exposition des investisseurs particuliers aux actions augmente à son rythme le plus élevé depuis 10 ans. Enfin, 98 % des marchés actions traitent au-dessus de leur moyenne mobile à 50 et 200 jours, note BoA ML. Cet engouement est la conséquence d’un consensus trop large. « Tout le monde pense la même chose, y compris nous », s’inquiéte Sébastien Barbe, directeur général de Schelcher Prince Gestion. Les investisseurs, bien que positifs sur les actions, se veulent prudents : le signe d’une bulle, selon le gestionnaire.