Apple et Amazon avancent leurs pions dans les droits sportifs
Les plateformes de streaming vidéo ont trouvé un nouveau relais de croissance pour attirer des abonnés : les transmissions d’événements sportifs exclusives. Coup sur coup, Apple et Amazon ont annoncé, mardi soir, l’acquisition de droits sportifs pour leurs services respectifs de vidéo à la demande sur abonnement.
Apple a mis la main sur l’intégralité des matchs de la Major League Soccer (MLS), le championnat nord-américain de football. « AppleTV+ diffusera en exclusivité tous les matchs de la MLS en direct à partir de 2023 », et jusqu’en 2032, a annoncé Apple dans un communiqué, mardi. Ces transmissions seront donc accessibles aux seuls abonnés de la plateforme de streaming vidéo d’Apple. Pour voir les matchs du championnat américain, les abonnés devront payer un abonnement supplémentaire, dont le prix et les modalités ne sont pas encore connus. Apple aurait accepté de payer un montant minimum garanti de 250 millions de dollars (240 millions d’euros) par saison pour obtenir les droits de diffusion de la MLS, rapporte le site spécialisé Sports Business Journal.
3 milliards de dollars pour des matchs de cricket
De son côté, Walt Disney va débourser 3 milliards de dollars pour conserver les droits télévisés du cricket en Inde, a déclaré mardi le Board for Control of Cricket India, l’organisateur de la compétition. Il pourra diffuser les matchs de l’IPL sur Star India pour les cinq prochaines années. Mais lui a perdu les droits de diffusion les plus stratégiques, ceux du streaming en ligne. Ils ont été remportés pour 2,6 milliards de dollars par son rival Viacom18 - une coentreprise entre Paramount Global et Reliance Industries.
La vente aux enchères étalée sur plusieurs jours a permis à la Ligue indienne de cricket de récolter 6,2 milliards de dollars au total, soit près de trois fois le prix auquel les droits avaient été vendus lors des dernières enchères, en 2017.
Or Disney cherche à développer sa plateforme de streaming vidéo en Inde, où le cricket est très populaire. A la fin du premier trimestre, Disney+ comptait 50,1 millions d’abonnés en Inde, soit environ 36% de sa base totale d’utilisateurs (137,7 millions), indiquait alors le groupe. Avec la perte de ces droits sur les matchs de cricket, la firme pourrait perdre jusqu'à 20 millions de ses abonnés Disney+, estime Media Partners Asia, cité par Bloomberg. Ce qui compromettrait son objectif de 260 millions d’abonnés Disney+ dans le monde d’ici 2024.
Le sport, un nouveau contenu
Les géants technologiques sont prêts à mettre le prix fort pour les droits sportifs. Ils y voient un nouveau type de contenu pouvant leur permettre de doper leur audience. Et eux ont les poches profondes, et peuvent concurrencer aisément des acteurs audiovisuels classiques – tel le groupe français Canal+, qui a abandonné, il y a un an, les droits de diffusion des matchs de foot de la Ligue 1 à Amazon.
Le géant du e-commerce avait déboursé 250 millions d’euros pour devenir le principal diffuseur de la Ligue 1 du championnat de France, peu après avoir décroché les droits de diffusion de Roland Garros pour les matchs du soir. Au Royaume-Uni, Amazon diffuse en outre une vingtaine de rencontres du championnat de football, sur deux journées, ainsi que le tournoi de Wimbledon.
Outre-Atlantique, alors que les accords entre la ligue américaine de football professionnel masculin et des acteurs audiovisuels classiques (ESPN, Fox et Univision de Walt Disney) expirent cette année, plusieurs Big Tech avancent déjà leurs pions, tels Amazon et Apple.
Enfin, un autre acteur majeur du streaming vidéo, Netflix, pourrait bien sortir du bois sur les droits sportifs. Alors qu’il prévoyait de perdre 2 millions d’abonnés au deuxième trimestre, il n’exclurait plus d’acheter des droits sportifs, par exemple de la Formule 1.
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