Euronext Growth fait de plus en plus d’adeptes

le 17/12/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Non seulement les introductions en Bourse se font principalement sur ce marché, mais les transferts sur l’ancien Alternext se multiplient.

Euronext à la Défense
Euronext se félicite de la fluidité retrouvée entre ses différents marchés.
(RK.)

En 2019, Euronext Growth (ex-Alternext) a bénéficié de sept transferts, deux provenant d’Euronext Access (ex-Marché Libre) (Uniti et Quadpack), et cinq d’Euronext (Lanson-BCC, Safe Orthopaedics, LDLC, Le Tanneur, DNX Corp). Tous ces transferts ont eu lieu au second semestre. Et la tendance n’est pas près de s’arrêter. Geci International, Pixum Vision, Archos et tout récemment Mr Bricolage ont annoncé l’intention de rejoindre Euronext Growth.

Ces sociétés justifient généralement ce transfert sur un marché régulé et non plus réglementé en raison de leur taille et de leur capitalisation boursière, afin de réduire leurs contraintes réglementaires et leurs coûts de cotation. «La possibilité de se transférer d’un marché à l’autre, permise depuis 2010, avait perdu de son attrait ces dernière années, rappelle Marc Lefèvre, expert des marchés financiers. Nous nous félicitons de cette fluidité retrouvée. Euronext Growth constitue sans doute un marché d’équilibre pour beaucoup de sociétés». Ces transferts manifestent la volonté des sociétés «d’alléger leurs obligations réglementaires, ce que permet Euronext Growth qui bénéficie notamment du label SME Growth Market, explique Anthony Attia, PDG d’Euronext Paris, directeur Groupe du Listing et du Post-Marché. Toutefois, au regard du faible nombre de sociétés concernées, il n’y a pas de leçons à en tirer, d’autant que la plate-forme de trading est la même quel que soit le segment de marché».

Le nombre d’introductions
touche un point bas

En attendant, 18 sociétés ont rejoint la cote parisienne cette année (à fin novembre), dont 8 IPO et 10 cotations directes. Parmi elles figurent 16 PME-ETI (2 sur le compartiment C, 8 sur Growth et 6 sur Access). En 2018, 25 sociétés se sont cotées, mais avec 19 IPO et 6 cotations directes. Cette année, FDJ et Verallia ont assuré à eux seuls les volumes avec 2,8 milliards d’euros de titres cédés, les véritables levées de fond se sont limitées à 133 millions d’euros. «2019 constitue une année en demi-teinte pour Paris comme pour le reste du monde, et atypique, poursuit Marc Lefèvre. En effet, la Place a touché un point bas de dix ans, avec seulement huit IPO, mais signe la troisième meilleure année en termes de montant placé, avec près de 3 milliards grâce aux opérations FDJ et Verallia».

L’amélioration des IPO
devrait se poursuivre en 2020

En parallèle, 36 sociétés ont quitté la cote à Paris depuis le début de l’année, que ce soit volontairement, en raison de rachats ou de faillites, ou encore d’arrêt de publications de leurs résultats. Le flux net sera donc encore négatif cette année. Selon l’Observatoire des offres publiques d’EY, le flux était positif de 8 sociétés en 2015, puis négatif de 5 en 2016, de 19 en 2017, avant de revenir à l’équilibre (+1) l’an dernier. «Notre objectif n’est pas de compter le plus de sociétés cotées, mais d’avoir des entreprises qui se portent bien, ajoute Anthony Attia. Le premier semestre a été difficile pour les introductions en Bourse, avec beaucoup d’annulations en raison des conditions de marché instables, et du désormais quasi-systématique ‘dual track’, où l’offre du private equity est souvent privilégiée. Mais les opérations, notamment dans le secteur des cleantechs, ont repris au second semestre, dans le sillage du succès des cotations de Verallia et de FDJ. Les sociétés introduites en 2019 affichent une progression moyenne de 10% en Bourse.»

De quoi être optimiste pour l’avenir ? «Le maintien des taux bas et la forte concurrence du Private Equity ne donnent pas un signal positif pour la reprise des introductions en Bourse en 2020, conclut Marc Lefèvre. Toutefois, le rapport Tibi devrait être porteur à terme et devrait encourager les sociétés à franchir le pas de la Bourse». D’ailleurs, Euronext veut y croire. «La tendance à l’amélioration enregistrée au second semestre devrait continuer en 2020. Nous avons de belles sociétés dans le pipeline, notamment des biotechs, confie Anthony Attia. Les valorisations en Europe ne sont pas au niveau des Bourses américaines, je suis optimiste dans la capacité des sociétés françaises à attirer des capitaux. Face au financement par le private equity, un univers qui reste opaque, la Bourse offre la transparence pour les investisseurs, la visibilité à l’international, permet aux dirigeants de choisir les actionnaires qui accompagneront la société sur le long terme, et offre la possibilité de financer des acquisitions en titres».

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