Défaillances. La Caisse d’Epargne Ile-de-France crée sous ce nom une « banque judiciaire » pour accompagner les chefs d’entreprise et les professionnels en difficulté pendant une période de sauvegarde, de redressement judiciaire ou pendant un plan de continuation. De quoi faire face à la multiplication des procédures attendue quand les aides publiques vont se réduire avec la reprise en vue. Depuis le début de la pandémie, les procédures ont chuté de 40 % en Ile-de-France. La structure veut aider les dirigeants d’entreprises en difficulté à poursuivre leur activité et les accompagner dans les démarches complexes des procédures collectives, dans la définition d’un plan de sauvegarde ou de redressement sur une période dite d’observation de 6 mois à 18 mois.
Même rendu à sa pleine marge de manœuvre avec le Brexit, le Royaume-Uni reste décidément difficile à déchiffrer. Voilà qu’il prévoit de rétrograder sur la règle de l’unbundling, le découplage de la facturation entre le courtage et l’analyse financière. Une mesure qu’il a imposée de force dans la réglementation sur les Marchés d’instruments financiers, MIF 2, mettant en avant les principes indépassables d’indépendance et de transparence. Sitôt la partition de l’Europe actée, les autorités de marché britannique annoncent que, suite à la baisse d’un tiers de la recherche financière consacrée aux valeurs petites et moyennes, l’obligation de découplage pourrait être supprimée pour ce segment de marché. Ironie de l’affaire, l’Europe des 27 vient de décider, dans une directive applicable début 2022, de prendre exactement la même mesure pour tenter de sauver le marché des midcaps. En espérant que les dégâts soient réversibles…
... d’euros, c’est le besoin d’apport externe de fonds propres estimé par la Banque de France pour les entreprises à soutenir, c’est-à-dire celles qui présentaient avant la crise une situation saine et dont il faut rétablir des ratios prudents. Parmi ces 50 milliards, une grande partie pourrait être financée par l’appel au marché et le private equity selon le superviseur, tandis que, compte tenu de la taille réduite de nombre d’entreprises, un dispositif public de 20 milliards environ doit venir appuyer celles-ci.
Le courtier en matières premières a lié le coût d’un crédit bancaire à sa performance RSE. En attendant d’étendre ce principe à un USPP, voire au-delà…
APPEL D’OFFRES Pour s’occuper des prêts participatifs avec soutien de l’Etat (PPSE), les assureurs qui vont financer le dispositif de 14 milliards d’euros ont retenu les gérants Amundi, Aviva Investors France, BNP Paribas AM, Eiffel IG, Tikehau et Capza. Il s’agit de spécialistes du financement des sociétés, capables de déployer d’ici au 30 juin 2022 les quelque 12.000 prêts à distribuer. La capacité d’action rapide a donc été un critère important, en plus des performances passées. Le schéma prévoit une poche de financements granulaires de 200.000 à 10 millions d’euros où les sociétés de gestion vérifieront a posteriori que les octrois de prêts décidés par les banques respectent les critères du fonds de place. Pour l’autre poche « non granulaire », celle des prêts de 10 à 100 millions d’euros, l’analyse sera faite conjointement par l’une des six banques impliquées et un gérant. Les sociétés éligibles, qui doivent avoir une qualité équivalente à une notation BB-, pourront accéder au produit dans les prochains jours.
Rien de moins que Saint Exupéry en arrière-fond : les éditions Dunod font paraître cette semaine « Dessine-moi la compta », dont l’auteur, Isabelle de Kerviler, prend pour référence le célèbre « Dessine-moi un mouton » afin d’inviter le grand public à se familiariser avec la comptabilité. Dans l’ouvrage, un jeune garçon apprend pas à pas la comptabilité avec l’aide de sa mère expert-comptable. Las, c’est bien plutôt une référence à la mythologie, Médée en l’occurrence, qui aurait été adaptée pour restituer tous les troubles semés par les IFRS dans nos esprits européens. Inspirées par les Américains et appliquées par les Européens, ces normes apparues en 2005 ont déclenché tant de problèmes qu’elles font figure de machine – voire de machination – infernale et leur évocation sert de repoussoir quand on songe à d’autres standards, comme ceux de Bâle, que les Européens s’épuisent à appliquer alors que leurs inspirateurs les ignorent. A présent, la hantise du Vieux Continent est de voir la malédiction se poursuivre avec les normes extra-financières… L’histoire de la comptabilité ressemble plus à celle des Atrides qu’à celle d’une rose dans le désert…
L’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC) a pris son bâton de pèlerin. Ou plutôt sa plus belle plume, pour publier un livre blanc dont la grande ambition est tout entière contenue dans le titre : Attirer les jeunes en copropriété. Car la « pénurie » de gestionnaires « s’aggrave ». Pauvre syndic qui exerce « un métier mal connu, mal aimé ». Pourtant, clame l’ANGC, la profession « est d’une très grande richesse tant sur le plan des compétences (juridique, technique, comptable) que sur le plan des relations humaines ». Notamment au cœur de l’ambiance chaleureuse des assemblées générales de copropriétaires.
Il y a les Parisiens (ce sont toujours des Parisiens, à en croire les infos) qui, pour fuir le confinement, se réfugient à Cabourg ou Arcachon. Et ceux qui déménagent pour de bon. Pourquoi pas à Biarritz, grâce à Pytheas Capital Advisors, fintech qui recherche des développeurs pour sa plateforme Tréso2 de financement alternatif par optimisation de la gestion des factures. Plus précisément pour les connaisseurs, des développeurs « FullStack React/NodeJS/GraphQL/MongoDB ». Les heureux élus jouiront, selon l’annonceur, d’un « cadre de vie serein, sportif et iodé », et seront installés au Connecteur, la Station F du Pays basque dont l’ouverture est attendue en septembre. Ils devraient être rapidement rejoints par certains collègues… parisiens. Tous sur la vague !
« Il est crucial que les banques passent des provisions sans délai sur les crédits non performants liés à la crise Covid 19 » Andrea Enria, président du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne
L’effet Greensill Capital n’est pas redouté en France ! La médiation des entreprises vient de lancer auprès des entreprises une enquête pour mesurer leur connaissance du reverse factoring. Ou plutôt, pardon, du « paiement fournisseur avancé » (PFA). L’affaire consiste en effet à payer les fournisseurs sitôt leurs factures approuvées par les clients, donc avant que ces derniers n’épuisent leur délai légal pour le faire. Le changement de terminologie va-t-il suffire à rompre avec l’image sulfureuse qu’ont portée sur cette technique financière les pratiques obscures du financier australien de haut vol ? Bercy l’espère bien puisqu’une enquête va être lancée aussi auprès des administrations et entreprises publiques. Le financement des entreprises est en jeu, le crédit interentreprises représentant presque autant d’encours que le crédit bancaire. Curieusement, la solution d’un paiement « responsable », dès la facture validée, par le client, à l’heure où les taux d’intérêt tournent autour de zéro, n’est pas envisagée…