APPEL D’OFFRES Pour s’occuper des prêts participatifs avec soutien de l’Etat (PPSE), les assureurs qui vont financer le dispositif de 14 milliards d’euros ont retenu les gérants Amundi, Aviva Investors France, BNP Paribas AM, Eiffel IG, Tikehau et Capza. Il s’agit de spécialistes du financement des sociétés, capables de déployer d’ici au 30 juin 2022 les quelque 12.000 prêts à distribuer. La capacité d’action rapide a donc été un critère important, en plus des performances passées. Le schéma prévoit une poche de financements granulaires de 200.000 à 10 millions d’euros où les sociétés de gestion vérifieront a posteriori que les octrois de prêts décidés par les banques respectent les critères du fonds de place. Pour l’autre poche « non granulaire », celle des prêts de 10 à 100 millions d’euros, l’analyse sera faite conjointement par l’une des six banques impliquées et un gérant. Les sociétés éligibles, qui doivent avoir une qualité équivalente à une notation BB-, pourront accéder au produit dans les prochains jours.
Rien de moins que Saint Exupéry en arrière-fond : les éditions Dunod font paraître cette semaine « Dessine-moi la compta », dont l’auteur, Isabelle de Kerviler, prend pour référence le célèbre « Dessine-moi un mouton » afin d’inviter le grand public à se familiariser avec la comptabilité. Dans l’ouvrage, un jeune garçon apprend pas à pas la comptabilité avec l’aide de sa mère expert-comptable. Las, c’est bien plutôt une référence à la mythologie, Médée en l’occurrence, qui aurait été adaptée pour restituer tous les troubles semés par les IFRS dans nos esprits européens. Inspirées par les Américains et appliquées par les Européens, ces normes apparues en 2005 ont déclenché tant de problèmes qu’elles font figure de machine – voire de machination – infernale et leur évocation sert de repoussoir quand on songe à d’autres standards, comme ceux de Bâle, que les Européens s’épuisent à appliquer alors que leurs inspirateurs les ignorent. A présent, la hantise du Vieux Continent est de voir la malédiction se poursuivre avec les normes extra-financières… L’histoire de la comptabilité ressemble plus à celle des Atrides qu’à celle d’une rose dans le désert…
L’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC) a pris son bâton de pèlerin. Ou plutôt sa plus belle plume, pour publier un livre blanc dont la grande ambition est tout entière contenue dans le titre : Attirer les jeunes en copropriété. Car la « pénurie » de gestionnaires « s’aggrave ». Pauvre syndic qui exerce « un métier mal connu, mal aimé ». Pourtant, clame l’ANGC, la profession « est d’une très grande richesse tant sur le plan des compétences (juridique, technique, comptable) que sur le plan des relations humaines ». Notamment au cœur de l’ambiance chaleureuse des assemblées générales de copropriétaires.
Il y a les Parisiens (ce sont toujours des Parisiens, à en croire les infos) qui, pour fuir le confinement, se réfugient à Cabourg ou Arcachon. Et ceux qui déménagent pour de bon. Pourquoi pas à Biarritz, grâce à Pytheas Capital Advisors, fintech qui recherche des développeurs pour sa plateforme Tréso2 de financement alternatif par optimisation de la gestion des factures. Plus précisément pour les connaisseurs, des développeurs « FullStack React/NodeJS/GraphQL/MongoDB ». Les heureux élus jouiront, selon l’annonceur, d’un « cadre de vie serein, sportif et iodé », et seront installés au Connecteur, la Station F du Pays basque dont l’ouverture est attendue en septembre. Ils devraient être rapidement rejoints par certains collègues… parisiens. Tous sur la vague !
« Il est crucial que les banques passent des provisions sans délai sur les crédits non performants liés à la crise Covid 19 » Andrea Enria, président du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne
L’effet Greensill Capital n’est pas redouté en France ! La médiation des entreprises vient de lancer auprès des entreprises une enquête pour mesurer leur connaissance du reverse factoring. Ou plutôt, pardon, du « paiement fournisseur avancé » (PFA). L’affaire consiste en effet à payer les fournisseurs sitôt leurs factures approuvées par les clients, donc avant que ces derniers n’épuisent leur délai légal pour le faire. Le changement de terminologie va-t-il suffire à rompre avec l’image sulfureuse qu’ont portée sur cette technique financière les pratiques obscures du financier australien de haut vol ? Bercy l’espère bien puisqu’une enquête va être lancée aussi auprès des administrations et entreprises publiques. Le financement des entreprises est en jeu, le crédit interentreprises représentant presque autant d’encours que le crédit bancaire. Curieusement, la solution d’un paiement « responsable », dès la facture validée, par le client, à l’heure où les taux d’intérêt tournent autour de zéro, n’est pas envisagée…
… milliards d’euros, c’est la progression, soutenue par les dispositifs publics, des réserves de liquidités des entreprises françaises en 2020, selon Euler Hermes. Si la « nouvelle [est] positive à court terme », elle « doit être relativisée au regard de deux facteurs : un endettement croissant des entreprises et une véritable disparité sectorielle », pointe l’assureur-crédit. Sachant qu’à fin 2020, le cash disponible ne représentait « que » 21 % des dettes contractées. La question à moyen terme de la solvabilité « se pose donc légitimement », selon Ana Boata, directrice des recherches économiques d’Euler Hermes.
PME. Créé en mars dernier, le comité de crise sur les délais de paiement lance un baromètre mesurant le ressenti des chefs d’entreprise sur ce sujet majeur mais difficile à cerner. L’institut BVA va interroger 600 entreprises lors d’enquêtes trimestrielles. Le premier sondage mené en novembre 2020 révèle une moindre tension : pour 8 entreprises sur 10, les délais de paiement sont revenus au niveau d’il y a un an. Mais 16 % des entreprises déclarent cependant un allongement des délais de paiement par rapport au mois précédent, ce qui confirme l’effet négatif immédiat du deuxième confinement. Et 13 % des entreprises relèvent un allongement des délais de paiement comparés à ceux observés un an plus tôt. Les PME de moins de 10 salariés subissent en premier lieu ces retards et en sont responsables à 54 %, celles de moins de 250 salariés sont responsables de plus de 80 % des retards.