C’est sans doute trop cher, trop grand et mal équipé. Des idées reçues que Loc’Hall veut mettre à mal. Le site de valorisation de lieux patrimoniaux ouverts aux événements d’entreprise (entendez un cocktail ou une soirée comme des princes à l’Hôtel de la Marine ou au musée Jacquemart-André – photo) est partenaire du ministère de la Culture à l’occasion des Journées du Patrimoine ces 18 et 19 septembre sous le thème du « Patrimoine pour tous ». De fait, les événements de privatisation font florès car ils constituent un coup de pouce économique qu’aucune institution ne peut dédaigner. Il serait ainsi possible d’organiser un dîner dans la salle à manger de l’impératrice Joséphine au Château de Malmaison dès 3.550 euros. Une bagatelle pour charmer salariés et partenaires commerciaux ou financiers… le temps d’un instant.
Bonus/malus. Fleury Michon est investi d’une mission, « aider les hommes à manger mieux chaque jour ». Le groupe agroalimentaire applique aujourd’hui cet engagement de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) à son financement, en liant le coût de ce dernier à sa performance extra-financière. Une corrélation valant pour des lignes de crédit (opérations de croissance externe et programme de cession de créances pour 80 et 85 millions d’euros) souscrites auprès de Crédit Agricole CIB et de la caisse régionale Atlantique Vendée. Les objectifs portent sur la sécurité des collaborateurs, l’économie circulaire, la transition énergétique, la santé et la qualité nutritionnelle des produits. Des indicateurs chiffrés seront audités à chaque fin d’année. En fonction du respect ou non des objectifs, un bonus ou un malus sera appliqué au taux d’intérêt. « Seule une entreprise qui met en œuvre une politique RSE réaliste est pérenne », plaide Philippe Teisseire, le directeur administratif et financier de Fleury Michon.
Vague verte. Sur le marché de la dette, ces instruments très appréciés s’acheminent vers une nouvelle croissance cette année. Après les récentes émissions d’Evonik, des obligations hybrides vertes pour 500 millions d’euros, du groupe immobilier CPI Property Group ou du groupe public allemande EnBW, les volumes de nouvelles opérations approchent les 30 milliards pour cette année. Les investisseurs y trouvent des rendements intéressants sur des emprunteurs de qualité investment grade, et ces derniers envisagent de refinancer leurs émissions en fin de vie compte tenu du contexte de taux favorable et de leur souci de garder un matelas de trésorerie conséquent, indique l’analyse du groupe de notation Scope. Le marché n’échappe pas à la vague verte, avec 6,7 milliards émis cette année à ce jour pour un total de 4 milliards l’an dernier.
Turbulences. L’année 2020 aura été difficile, particulièrement dans les pays émergents. La Fondation Grameen Crédit Agricole s’est alliée à Ada et à Inpulse, deux autres grands financeurs de la microfinance, pour réaliser plusieurs vagues d’enquête auprès des institutions de microfinance (IMF) afin de comprendre les impacts de la crise sur leur activité pour ajuster et coordonner leur soutien, en cette période exceptionnelle. Outre des difficultés opérationnelles à exercer leurs activités de collecte des remboursements ou de décaissement de prêts, les IMF ont rencontré des difficultés financières : 48 % d’entre elles ont subi un ralentissement ou un arrêt des décaissements de la part de leurs financeurs, 45 % ont été confrontées à une diminution de leurs fonds propres, 40 % ont manqué de liquidités et 33 % ont dû payer plus cher leurs financements. Face à ces obstacles, la Fondation Grameen Crédit Agricole a participé à la mise en place d’une coalition internationale de 30 acteurs de la microfinance pour établir des règles de transparence, de rapidité et de protection des bénéficiaires finaux. Le retour à la normale n’est pas pour 2021 mais les IMF ont montré leur résistance.
La parole à... Cédric Roussel, député des Alpes-Maritimes, rapporteur de la mission d’information sur les droits de diffusion audiovisuelle des manifestations sportives
C’est le montant du fonds levé par Eiffel Impact Debt auprès de 26 grands investisseurs, qui dépasse largement l’objectif de 400 millions. Lancé en janvier 2020, le fonds présente l’originalité de prendre en compte aussi bien les critères financiers que ceux d’impact pour choisir ses cibles. Il finance des ETI pour des montants de 10 à 100 millions d’euros et a déjà réalisé 14 investissements pour un montant total représentant le tiers des fonds levés. L’équipe prévoit une utilisation totale des fonds d’ici à la fin de l’année.
C’est la part des sociétés non suivies par au moins un analyste financier, selon la troisième édition de Mifidvision qui vient d’être publiée. Cette plateforme associe les grandes associations de place impliquées par la problématique de la recherche financière que MIF 2 a contribué à appauvrir depuis 2018. On recensait 1.960 études sur les sociétés d’Euronext Paris en 2018, puis 1.732 en 2019 et 1.683 en 2021. Bonne nouvelle toutefois, les professionnels de l’analyse à Paris s’européanisent. Les retombées négatives de MIF 2 concernent surtout les small et midcaps et Mifidvision s’emploie à promouvoir la recherche sponsorisée (payée par l’émetteur) avec un cadre adéquat de bonnes pratiques.
Ebullition garantie aux journées Viva Technologies, un des premiers événements du monde des affaires où les acteurs ont pu se rencontrer réellement. Apparemment, ce n’est pas si simple. Ainsi, Kyriba semble avoir abordé avec précaution ce nouveau rivage. Le leader des solutions de gestion de trésorerie dans le cloud avait organisé une compétition express entre une demi-douzaine de fintechs proposant des services pouvant compléter sa plateforme. Or le prix est allé à une solution de lutte contre la fraude – sujet majeur il est vrai – mais dont un membre du jury avait œuvré au lancement dans un précédent poste. De quoi chiffonner l’esprit concours de l’exercice, même si la fidélité à une solution construite avec persévérance est compréhensible…
Croissance. Historiquement présent lors des premiers tours de table de start-up, Balderton Capital élargit son champ d’intervention. La société de gestion vient d’annoncer le lancement de Balderton Growth I, son premier fonds dédié à accompagner les jeunes entreprises à passer du statut de start-up à scale-up. Ce fonds, de 680 millions de dollars, investira des tickets de 25 à 50 millions de dollars dans une quinzaine de start-up européennes destinées à devenir des leaders mondiaux. Il sera dirigé par Bernard Liautaud, chez Balderton depuis 2008, ainsi que par les recrues de l’an dernier Rana Yared, une ancienne de Goldman Sachs, et David Thévenon, passé par Google puis Softbank où il a été membre fondateur et associé de Vision Fund. Sur l’ensemble de ses activités, Balderton compte actuellement une centaine d’entreprises en portefeuille, dont 10 licornes.
Digital. L’heure est au bilan de la saison 1 du reporting Esef (format électronique unique européen), nouveau standard digitalisé d’information réglementée des sociétés cotées. Le report optionnel d’un an n’a pas empêché certaines d’entre elles de déposer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) des comptes 2020 au nouveau format (xHTML avec des états financiers primaires consolidés balisés en iXBRL). Au 11 juin, 69 (à l’image de Fnac Darty, photo), sur 500 concernées, ont franchi le pas, dont 38 membres du SBF 120 et 14 du CAC40. La consultation (présentée le 18 juin) menée par Labrador, qui accompagne les sociétés dans leur information, pointe que le principal écueil rencontré a été celui du choix de l’outil, suivi de la gestion de projet, la maîtrise du sujet, le processus de certification par les commissaires aux comptes ou la maîtrise de la donnée. L’étude révèle qu’une majorité (58 %) a simplement souhaité répondre à l’obligation réglementaire, mais que 51 % tout de même y voient une opportunité de faire évoluer la qualité de leur information.
Risque. Les banques prennent-elles bien en compte le risque lié aux émissions de CO2 ? La Banque des règlements internationaux (BRI) s’est penchée sur la question, en croisant intensité des émissions de gaz à effet de serre et données du marché des prêts syndiqués. Il existe bien une « prime carbone » liée aux émissions directement émises par les entreprises, dites de niveau 1, et qui va de 3 à 4 points de base (pb) et peut atteindre 7 pb pour les entreprises les plus émettrices. Une prime « basse au regard des risques impliqués », remarque la BRI, qui souligne que les émissions de niveau 2 (liées à la consommation d’électricité de l’entreprise) et de niveau 3 (les émissions indirectes, liées aux chaînes de valeur et à l’utilisation des produits de l’entreprise) ne sont pas prises en compte. Si le prix du carbone remontait à 100 dollars, un niveau élevé mais qui pourrait être nécessaire pour respecter l’Accord de Paris, les entreprises très émettrices pourraient pourtant perdre entre un et dix points de pourcentage de marge. Un impact que les « primes carbone » actuelles sont loin de pouvoir couvrir.