... d’euros, c’est la dernière augmentation de capital d’Alstom, destinée à financer l’acquisition de Bombardier Transport. Le fabricant de trains n’aurait pu rêver meilleur moment pour la lancer : l’opération, préparée depuis plusieurs mois, et bien perçue par les marchés, a aussi bénéficié des annonces de Moderna, dont le vaccin contre le Covid semble prometteur. L’opération court jusqu’au 30 novembre, et devrait constituer la cinquième plus grande augmentation de capital cette année en Europe. Preuve que malgré le contexte compliqué, les investisseurs sont prêts à financer la croissance.
Sommet. L’étude mensuelle de Moody’s sur les défauts d’entreprises non financières en catégorie « haut rendement » rend compte pour octobre d’un taux à 6,5 %, inchangé pour le troisième mois. C’est deux fois plus qu’avant la crise (3,3 %) et au plus haut en dix ans. Au total, cela représente 180 cas de défauts dans le monde, dont 124 défauts pour l’Amérique du Nord et 31 pour l’Europe. Leur nombre a baissé depuis la période avril-juillet pour s’établir à 11 cas en octobre, où la plus grande faillite a été celle de Mallinckrodt International Finance SA, groupe pharmaceutique actif aux Etats-Unis et aux prises avec des litiges liés aux opioïdes, laissant plus de 5 milliards de dette en souffrance.
Singapore Airlines a annoncé une perte de 3,5 milliards de dollars au premier semestre sous l’effet de la pandémie, son chiffre d’affaires est même en recul de 80 %. Le groupe a également prévu de réduire ses effectifs de 20 %. Ce n’est pas une raison pour faire grise mine. Puisque ses avions sont cloués au sol, la compagnie propose un nouveau service : un repas à bord de deux de ses A380 immobilisés. Un film est également projeté aux convives et certains ont aussi droit à une visite du cockpit avec les pilotes. On ne sait pas combien de « voyageurs » se sont laissé séduire mais cette diversification montre qu’à Singapour, on a des idées.
L’avis d’expert de Lucille Chabanel, avocat associée chez Deloitte | Taj, et Marie Georges, associée, responsable de Deloitte Sustainability France chez Deloitte
Après une croissance de 10 % en 2019, les financeurs se sont organisés pour aider les institutions de microfinance et les entreprises à faire face à la crise sanitaire.
Polyamide. Arkema a placé sa toute première obligation verte, d’un montant de 300 millions d’euros et portant un coupon annuel de 0,125 %. L’opération, menée par BNP Paribas et Citigroup en tant que co-chefs de file, et pour laquelle Herbert Smith Freehills a conseillé le groupe chimique français, a été sursouscrite plus de dix fois. Elle est entièrement dédiée au financement d’une nouvelle usine à Singapour, dont la mise en service est prévue en 2022, et de fait à la production du polyamide 11 Rilsan 100 % bio-sourcé à partir d’huile de ricin, matière première renouvelable et durable. Un produit qui, selon Arkema, contribue au développement de solutions durables notamment pour les véhicules nouvelles énergies, l’impression 3D ou les biens de consommation.
SOUPLESSE Les entreprises vont pouvoir solliciter les prêts garantis par l’Etat (PGE) jusqu’au 30 juin 2021 et non plus jusqu’au 31 décembre 2020 comme initialement prévu. Les règles du remboursement pourraient changer aussi, l’Etat ayant demandé aux banques d’examiner le report du remboursement des PGE pour une année supplémentaire, pour les entreprises qui en ont besoin. Les critères des entreprises bénéficiaires de report doivent être précisés. La semaine dernière, présentant son rapport statistique sur le secteur bancaire, l’ACPR a fait part de sa vigilance face au risque d’une prochaine hausse des défauts d’entreprises dans les portefeuilles sous moratoire, visant les reports de charges d’intérêt et de remboursement de capital octroyées en mars dernier pour six mois. Jusqu’ici, les PGE ont été distribués à hauteur de plus de 122 milliards d’euros, auprès de 590.000 entreprises.
La holding des Peugeot allonge la maturité de sa dette et diversifie ses sources de financement avec une émission obligataire de 150 millions d’euros souscrite par Barings.
En France, les stocks de champagne servent à garantir les prêts bancaires et même des titrisations. En Italie, c’est le parmigiano reggiano, appellation protégée, qui joue ce rôle. Deutsche Bank s’y met à son tour : elle vient d’accorder un crédit de 27,5 millions d’euros au producteur Ambrosi, sécurisé par son parmesan, un actif « plus liquide que l’immobilier », souligne la banque. L’emprunteur utilisera les fonds pour porter ses capacités de stockage à 120.000 meules. Sachant qu’une meule du fromage le plus contrefait au monde peut se négocier jusqu’à 740 euros pièce, Deutsche Bank est largement couverte.
L’avis d’expert de Timothée Huignard, directeur, financial services consulting, et Christelle Lecouturier, associée, corporate treasury solutions chez PwC France et Maghreb
La Banque mondiale revoit sa copie sur l’évaluation des cadres nationaux favorisant l’activité des entreprises. L’institution dédiée au développement a déclaré devoir corriger ses rapports « Doing business » de 2018 et 2020, évoquant des « irrégularités » dans les données, notamment pour la Chine, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Azerbaïdjan.