En France, les stocks de champagne servent à garantir les prêts bancaires et même des titrisations. En Italie, c’est le parmigiano reggiano, appellation protégée, qui joue ce rôle. Deutsche Bank s’y met à son tour : elle vient d’accorder un crédit de 27,5 millions d’euros au producteur Ambrosi, sécurisé par son parmesan, un actif « plus liquide que l’immobilier », souligne la banque. L’emprunteur utilisera les fonds pour porter ses capacités de stockage à 120.000 meules. Sachant qu’une meule du fromage le plus contrefait au monde peut se négocier jusqu’à 740 euros pièce, Deutsche Bank est largement couverte.
La holding des Peugeot allonge la maturité de sa dette et diversifie ses sources de financement avec une émission obligataire de 150 millions d’euros souscrite par Barings.
L’avis d’expert de Timothée Huignard, directeur, financial services consulting, et Christelle Lecouturier, associée, corporate treasury solutions chez PwC France et Maghreb
La Banque mondiale revoit sa copie sur l’évaluation des cadres nationaux favorisant l’activité des entreprises. L’institution dédiée au développement a déclaré devoir corriger ses rapports « Doing business » de 2018 et 2020, évoquant des « irrégularités » dans les données, notamment pour la Chine, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Azerbaïdjan.
« Je suis prêt à des assouplissements réglementaires et prudentiels, notamment dans l’assurance, pour orienter l’épargne vers le financement de l’économie »
Hiérarchie. Dans un contexte de crise sanitaire devenant crise économique et particulièrement des paiements, la recherche d’Euler Hermes s’est demandé si le risque d’impayés n’avait pas des facteurs déterminants plus structurels. L’étude désigne ainsi les pays bons et mauvais élèves du paiement au-delà de la crise actuelle. Les lauriers sont attribués d’abord en Europe, surtout du Nord : Danemark, Norvège, Suède, Finlande, mais aussi Allemagne, Autriche et Suisse, ou Irlande. Plus loin, Israël et Nouvelle-Zélande. Les bonnets d’âne, là où les vendeurs « devront se montrer particulièrement vigilants pour être payés dans les temps », sont infligés à la Chine ou la Russie notamment. La distance hiérarchique ou distribution du pouvoir de décision, d’autocratique à consultative, constitue, selon Euler Hermes, un déterminant structurel culturel fort au risque d’impayés.
Le tribunal de commerce devait se prononcer sur l’avenir de l’Imagerie d’Epinal au moment où nous mettions cette page sous presse. La légendaire société vosgienne, fondée en 1796, est connue pour ses images représentant des scènes d’un dessin vif et coloré, à valeur symbolique. Les aléas qu’elle traverse depuis quelques mois pourraient eux-mêmes servir de sujet à une nouvelle image. L’entreprise rachetée en 2014 par deux investisseurs a tenté sans succès de se développer en modernisant le style de ses lithographies. Un nouvel actionnaire, entré au capital en 2017, a demandé que transparence soit faite sur les comptes mais la procédure s’est enlisée, d’autant plus que le tribunal de commerce a dû fermer pendant le confinement. Sur ces entrefaites, le plaignant est décédé du coronavirus. Heureusement, le nouveau maire élu avait promis, pendant sa campagne, de porter la mairie à la rescousse de son trésor municipal. A l’image de l’Etat soutenant à grand renfort de prêts et bientôt de fonds propres les entreprises en difficulté du pays...
Critique. Le niveau élevé d’endettement des entreprises françaises représente un sujet de préoccupation majeur, selon le rapport sur « L’évaluation des risques du système financier français » de juin 2020 élaboré par la Banque de France. La dette consolidée des entreprises françaises s’élevait à 1.779 milliards d’euros fin 2019, soit 73,5 % du PIB : elle dépasse ainsi de 12,6 points de pourcentage la moyenne de la zone euro. Ces dix dernières années, l’endettement des entreprises françaises a ainsi crû de 13 points de PIB, tandis que celui des entreprises de la zone euro décroissait de 3,1 points. Cette tendance s’est poursuivie en 2019 : la dette des entreprises a augmenté de 5,7 % en 2019, après 5,8 % en 2018. Certes, l’endettement est souvent le fait de grandes entreprises désirant s’armer pour des opportunités d’acquisition ou pour profiter des taux bas. Le Fonds monétaire international concluait ainsi, en octobre dernier, que les ratios d’endettement des entreprises françaises étaient en ligne avec ceux de leurs pairs. Mais le choc de trésorerie provoqué par la crise apparaît critique surtout pour les entreprises avec une trésorerie tendue et notamment les PME. L’intense mobilisation des crédits bancaires depuis la crise témoigne de cette situation délicate.
… d’euros, c’est, selon Euler Hermes, la montagne d’épargne nette des entreprises non financières européennes à fin mars dernier. Un montant doublé en un an. Le bond relatif est encore plus spectaculaire en France, où la manne passe de 28 à 75 milliards. Las, la progression « ne doit pas être perçue comme un indicateur de bonne santé financière des entreprises, mais plus comme un pare-feu qu’elles se sont constituées pour résister face à la crise », note Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique d’Euler Hermes. Mais les leviers d’épargne tels que le soutien public au crédit bancaire ou le report de taxes ne sont pas durables, et leur épuisement pourrait inciter les sociétés à jouer sur le levier du crédit fournisseur en allongeant les délais de paiement. Une telle décision serait « lourde de conséquences », prévient l’assureur-crédit.