MOROSE Grande ordonnatrice du crédit syndiqué en zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique), la LMA (Loan Market Association) a interrogé en novembre ses 737 membres, dont naturellement banques et cabinets d’avocats, afin de sonder leurs attentes sur le marché pour l’année à venir. Il en ressort notamment un renforcement de la prudence quant à l’évolution du volume sur le marché primaire (voir illustration). Si la part des membres anticipant peu de changement (de -10 % à +10 % tout de même) progresse, c’est surtout au détriment des optimistes (13,8 points de moins visant une hausse du volume supérieure à 10 %) et au bénéfice des pessimistes (9,5 points de plus visant un repli supérieur à 10 %). Une tonalité morose pas si surprenante selon la LMA, étant donné le contexte incertain et des espoirs reposant d’abord sur les refinancements.
LEVIER Les corporates français pourraient bien se retrouver en difficulté avec leur dette, avertit la Banque de France dans une étude portant sur 215 groupes non financiers privés. La hausse du ratio de levier atteint 7,8 % depuis 2013, suite à la diminution du coût de la dette évaluée à 1,2 % sur la période.
ENDETTÉS Alors que le Programme d’action en faveur des pays les moins avancés (PMA) pour la décennie 2011-2020 (Programme d’action d’Istanbul) s’achève, la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) en juge les accomplissements insuffisants. Ainsi les 47 PMA dépendent encore de l’aide publique au développement (APD), dont ils captent 27 % des flux, soit 52 milliards de dollars en 2017. Pour la décennie qui s’achève comme pour la précédente, les pays donateurs du Comité d’aide au développement ont échoué à respecter leurs engagements, qui portaient sur 0,15 % à 0,2 % de leur revenu national brut. Surtout, 60 % de ces fonds est utilisé à des fins sociales ou humanitaires, ce qui est un frein au financement de capacités productives.
NUMÉRIQUE Le réseau des dirigeants financiers publie un nouveau cahier technique sur la transformation digitale des directions financières. Un précédent ouvrage passait en revue l’évolution des métiers financiers de l’entreprise sous l’impact des nouvelles technologies. Ici, il est question de la gestion stratégique des données, pour aider les entreprises à mieux exploiter cette richesse. Le cahier explique comment les entreprises doivent s’organiser en amont, définir des outils et une gouvernance appropriés. Il convient aussi de déterminer les données utiles, leurs traitements et leur archivage et les auteurs présentent les principaux outils existants pour ce faire. De quoi justifier la mise en place d’un projet bien organisé.
DÉLAI Acteur mondial des paiements, American Express se voit, selon son directeur BtoB France, Laurent Playez, « toujours davantage sollicité par les sociétés pour leur ‘cash management’ ». D’où le lancement en France (comme au Canada et en Allemagne, après les Etats-Unis l’an dernier) de la solution BIIP (Buyer initiated international payments). Elle existait déjà depuis plusieurs années sous format local (en tant que BIP donc) et couvre désormais 80 monnaies. Il s’agit de sécuriser et de fluidifier les paiements internationaux des entreprises, avec une plate-forme en ligne offrant à l’acheteur, contre commission de service, un délai de paiement pouvant aller jusqu’à 58 jours, quand Amex règle immédiatement le fournisseur. Cela avec « une mise en œuvre contractuelle et opérationnelle légère et une totale flexibilité d’utilisation », promet Laurent Playez.
« L’apiculteur se meurt », chantait Bashung. Allons, Alain, avec un expert du redressement productif à la barre, il faut garder espoir ! Arnaud Montebourg, donc, a tombé la marinière quimpéroise pour toujours défendre le « made in France » en lançant l’an passé la marque de miel Bleu Blanc Ruche. Visiblement, cela le met en joie. Certes les piqûres d’abeille sont bien indolores comparées à celles de la ruche politique. Pour couronner le tout, l’ancien ministre se prépare sans doute ici à mettre en pot direction Paris pour participer à la ruche de Noël des Galeries Lafayette Haussmann. Notez bien, le mielleux avocat s’y installera les samedis 7, 14 et 21 décembre, de 14 heures à 20 heures. Au menu : miels d’été, d’acacia, de lavande ou de châtaignier. Sans oublier la dédicace de coffrets exclusifs. « Api apiculteur ».
C’est le montant que la Caisse d’Epargne veut consacrer au financement de l’économie sociale et solidaire (ESS) en 2020. 150 chargés d’affaires spécifiquement formés accompagneront les porteurs de projets dans le développement de leurs activités à impact social ou environnemental. La banque, qui compte déjà 200.000 clients dans l’ESS, diffuse une campagne de communication sur le sujet en novembre.
L’enquête auprès de ses membres de l’AFTE, association française des trésoriers d’entreprise, nous aide à y voir plus clair sur le profil de cet « homme à vertu parfaite, bon trésorier, grand gardeur de cassette », merci Voltaire. Un homme, donc, à 69 % âgé de 46 ans en moyenne, et dans 30 % des cas à son poste actuel depuis au moins dix ans. Pour une rémunération fixe annuelle moyenne de 90.000 euros, 5.000 euros de mieux qu’en 2017. A laquelle s’ajoute une part variable plafonnée à 20 % de la part fixe dans 80 % des cas. 70 % des trésoriers estiment bénéficier d’une image positive au sein de leur entreprise. Peut-on en attendre moins d’une parfaite vertu ?
L’Association pour le droit à l’initiative économique souhaite que ses partenaires s’approprient le microcrédit pour redynamiser l’emploi dans certaines régions.
Bpifrance et le Crédit Agricole (Centre Loire en l’occurrence, via Crédit Agricole Régions Investissement) n’ont pas coutume d’investir au capital de sociétés Toutencarton. Preuve en est avec leur soutien commun à Toutenkamion, acteur mondial historiquement de la fabrication d’unités mobiles, notamment pour le médical, la défense ou le cinéma. Créé en 1936, le groupe a endossé son nom actuel en 1969 par la facétie de son nouveau propriétaire. Qui entendait surfer sur la popularité d’un certain pharaon, objet d’une exposition ayant attiré 1.240.975 visiteurs au Petit Palais. Elle vient tout juste d’être détrônée en tant qu’exposition la plus visitée en France par celle de la Villette, avec 1.423.170 entrées. Gageons que Toutenkamion et ses nouveaux actionnaires sauront tirer parti de ce regain de renommée.
Cette plate-forme lancée par Symbiotics a pour objectif d’ouvrir la souscription d’obligations de microfinance aux institutionnels cherchant des placements à impact.
Les mouvements de marché ne se passent décidément jamais comme prévu. Souvent, des bulles éclatent quand et où on ne l’attendait pas. Parfois, elles refusent de gonfler comme prévu. Voilà que la dette privée résiste aux efforts pourtant soutenus de la France pour la faire s’envoler. Le format EuroPP des contrats n’a jamais décollé et il est même question de s’inspirer, au niveau européen, du Schuldschein, ce contrat allemand qu’on disait lourd et simpliste. Même désillusion pour les véhicules des fonds de prêt. La loi Sapin en 2016, une ordonnance en 2017 et des décrets d’application en 2018 nous ont tenus en haleine avant que ne puisse être lancé, au 1er janvier 2019, le fameux OFS, organisme de financement spécialisé. Calibré pour être exportable, conçu pour ratisser large parmi les financements des entreprises, l’OFS devait damer le pion aux fonds luxembourgeois. Pour l’heure, les professionnels recensent… un à deux véhicules de ce type !