Il restait une petite place sur la combinaison de Romain Grosjean. iBanFirst vient de s’y glisser, en tant que sponsor personnel du pilote franco-suisse de Formule 1. Rien de plus naturel selon la fintech spécialiste des paiements internationaux, déjà partenaire du champion de kitesurf Aurélien Pétreau. Car, selon son patron Pierre-Antoine Dusoulier, paiements et Formule 1 partagent l’exigence « de l’attention, de la précision, de l’innovation et de la technologie ». D’autant plus naturel que le pilote « connaît bien les subtilités de l’univers bancaire » et a « conservé son intérêt pour la finance » après avoir travaillé pendant trois ans dans une banque en Suisse, en l’occurrence Baring, alors qu’il évoluait en junior dans les sports mécaniques.
COMPÉTITIVITÉ Le véhicule lancé par Idinvest Partners, Idinvest SME Industrial Asset (Isia), propose aux dirigeants de PME européennes une solution de financement locatif (leasing) pour acquérir des outils de production stratégiques. Isia a signé le mois dernier un partenariat stratégique avec la Région Hauts-de-France, deuxième région industrielle de France, afin d’améliorer la compétitivité des PME de la région, et Idinvest s’apprête à signer d’autres partenariats, notamment avec la Région Auvergne Rhône-Alpes, première région industrielle de France, et la Région Île de France. Il s’agit du premier partenariat conclu entre un fonds d’investissement (privé) et une entité publique (Région). Isia a réuni une quinzaine d’investisseurs institutionnels dont un tiers de fonds souverains et près de 35 % d’investisseurs étrangers.
ÉCOSYSTÈME Le grand chantier de la dématérialisation des pouvoirs bancaires avance. En mars dernier, le démarrage d’un pilote (POC, proof of concept) de la norme eBam (electronic bank account management) a été annoncée lors des rencontres d’Universwiftnet, par le Crédit Mutuel CIC avec la société Viparis et l’éditeur CPI. En ce début de mois, un groupe de travail s’est lancé au CFONB (Comité français d’organisation et de normalisation bancaires), afin d’harmoniser l’interprétation de la norme éditée par Swift. Un atelier à l’AFTE (Association française des trésoriers d’entreprise) a été constitué sur le sujet, dans le but de lever les freins à l’utilisation de cet outil, gage d’efficacité et de sécurité pour la trésorerie.
Un fonds professionnel spécialisé octroie à la compagnie aérienne un financement sécurisé par une hypothèque sur les avions, sans risque de contrepartie en dollar.
DIGITAL. La bonne santé du Schuldschein ne doit pas amener la vigilance des investisseurs à se relâcher. Ce placement, « source de financement robuste dans un contexte de marchés fébriles, (...) ne convient pas à tout le monde », prévient Sebastian Zank, directeur notation corporate chez Scope Ratings. Les émetteurs des secteurs cycliques ou avec des évolutions disruptives, notamment, doivent prendre garde. Tout comme les investisseurs qui n’y consacrent pas une analyse crédit sérieuse ou non disposés à camper sur leur position. L’internationalisation se poursuivant, Sebastian Zank souligne le rôle de « garde-barrière » des plate-formes numériques (dont vc trade, partenaire de Scope Ratings), « préservant le marché d’émetteurs et arrangeurs ‘pique-assiette’ désireux de tirer avantage de la réputation de l’instrument, nonobstant l’incompatibilité d’un émetteur avec un placement de dette privée ».
«Nous sommes en train d’accélérer l’ouverture totale du marché aux investisseurs étrangers, dans la banque, l’assurance et les titres», Li Keqiang, Premier ministre chinois
RODÉ. A la fin du mois de février, le marché des titres de créances court terme comptait 205 émetteurs, dont 101 entreprises non financières. Ces chiffres témoignent d’une bonne progression, par rapport aux 189 émetteurs, dont 87 entreprises non financières du marché à fin février 2018. Les encours de ces émetteurs sont passés de 49,4 milliards d’euros à 57 milliards dans le même temps. Le marché bénéficierait de prix plus intéressants que ceux pratiqués sur l’EuroCP, marché historique de titres court terme de dette, et de sa meilleure transparence. De quoi répondre aux attentes des investisseurs qui peuvent utiliser ces titres en repo. Surtout, les émetteurs commencent à mieux connaître le marché, depuis sa réforme de 2016. Les processus sont bien rodés, une seule instruction suffisant pour l’émission et le placement avec un règlement - livraison en valeur jour avec passage en Euroclear France, agent centralisateur. Parmi les nouveaux émetteurs depuis le début de l’année, on note le groupe de négoce Trafigura, Accor ou encore My Money Bank.
Circulaire. BNP Paribas Leasing Solutions s’allie avec 3 Step IT, une société finlandaise spécialisée dans la gestion du cycle de vie des équipements technologiques, très présente en Europe du Nord, pour établir un partenariat commercial et technique au niveau européen et offrir à leurs clients un service tout en un de gestion de leurs parcs d’ordinateurs, de tablettes, de smartphones, d’imprimantes... Cette offre comprendra l’analyse des besoins, le financement, le suivi des équipements (localisation, coût, facturation…) puis la destruction sécurisée des données stockées sur les appareils, leur reconditionnement et leur revente. Les deux partenaires veulent même créer une joint-venture détenue à 51 % par la filiale de BNP et à 49 % par 3 Step IT, qui interviendra progressivement dans près d’une douzaine de pays en Europe. Cet accord, qui pourrait être finalisé au deuxième semestre 2019 comporterait également la création d’un nouveau centre de reconditionnement dont la localisation reste à trouver.
Désintermédiation. Mi-février, dans le sillage d’une augmentation de capital de plus de 400.000 euros à la fin de 2018, la plate-forme numérique Pref-X, dédiée au placement privé de dette, a pour la première fois de son histoire de support technique rassemblé tous les acteurs d’une émission Euro PP dès son origination. GL Events, en l’occurrence, a placé 130 millions d’euros, soutenu côté banques par Crédit Agricole CIB et Crédit Mutuel-CIC. Présidente de Pref-X, Marie-Hélène Crétu ambitionne d’« accompagner au moins une dizaine d’opérations sur 2019 en rendant le ‘process’ de négociation plus efficient, ce qui permet de dégager du temps et de gagner en sécurité pour chacun des participants ». En parallèle, la demande pour le service, initié au printemps dernier, de suivi des emprunts (Euro PP, mais aussi Schuldschein, USPP et crédits syndiqués) tout au long de leur existence « progresse de façon satisfaisante ».
C’est, en millions d’euros, le montant investi par Bpifrance et Sanofi dans le fonds Innobio 2, dédié aux sciences de la vie, accompagnés par Boehringer Ingelheim, Takeda, Ipsen et Servier. La taille finale visée est de 200 à 250 millions d’euros, contre 173 millions pour son prédécesseur de 2009. Sanofi a apporté 50 millions et Bpifrance contribuera à hauteur de 49 % de l’ensemble du fonds. Ciblant des entreprises françaises ou européennes ayant une importante activité en France, Innobio 2 financera le développement de produits thérapeutiques, de technologies liées à l’usage de médicaments, son champ d’action élargi à la santé numérique en lien avec le médicament.