Un fonds professionnel spécialisé octroie à la compagnie aérienne un financement sécurisé par une hypothèque sur les avions, sans risque de contrepartie en dollar.
«Nous sommes en train d’accélérer l’ouverture totale du marché aux investisseurs étrangers, dans la banque, l’assurance et les titres», Li Keqiang, Premier ministre chinois
DIGITAL. La bonne santé du Schuldschein ne doit pas amener la vigilance des investisseurs à se relâcher. Ce placement, « source de financement robuste dans un contexte de marchés fébriles, (...) ne convient pas à tout le monde », prévient Sebastian Zank, directeur notation corporate chez Scope Ratings. Les émetteurs des secteurs cycliques ou avec des évolutions disruptives, notamment, doivent prendre garde. Tout comme les investisseurs qui n’y consacrent pas une analyse crédit sérieuse ou non disposés à camper sur leur position. L’internationalisation se poursuivant, Sebastian Zank souligne le rôle de « garde-barrière » des plate-formes numériques (dont vc trade, partenaire de Scope Ratings), « préservant le marché d’émetteurs et arrangeurs ‘pique-assiette’ désireux de tirer avantage de la réputation de l’instrument, nonobstant l’incompatibilité d’un émetteur avec un placement de dette privée ».
RODÉ. A la fin du mois de février, le marché des titres de créances court terme comptait 205 émetteurs, dont 101 entreprises non financières. Ces chiffres témoignent d’une bonne progression, par rapport aux 189 émetteurs, dont 87 entreprises non financières du marché à fin février 2018. Les encours de ces émetteurs sont passés de 49,4 milliards d’euros à 57 milliards dans le même temps. Le marché bénéficierait de prix plus intéressants que ceux pratiqués sur l’EuroCP, marché historique de titres court terme de dette, et de sa meilleure transparence. De quoi répondre aux attentes des investisseurs qui peuvent utiliser ces titres en repo. Surtout, les émetteurs commencent à mieux connaître le marché, depuis sa réforme de 2016. Les processus sont bien rodés, une seule instruction suffisant pour l’émission et le placement avec un règlement - livraison en valeur jour avec passage en Euroclear France, agent centralisateur. Parmi les nouveaux émetteurs depuis le début de l’année, on note le groupe de négoce Trafigura, Accor ou encore My Money Bank.
Circulaire. BNP Paribas Leasing Solutions s’allie avec 3 Step IT, une société finlandaise spécialisée dans la gestion du cycle de vie des équipements technologiques, très présente en Europe du Nord, pour établir un partenariat commercial et technique au niveau européen et offrir à leurs clients un service tout en un de gestion de leurs parcs d’ordinateurs, de tablettes, de smartphones, d’imprimantes... Cette offre comprendra l’analyse des besoins, le financement, le suivi des équipements (localisation, coût, facturation…) puis la destruction sécurisée des données stockées sur les appareils, leur reconditionnement et leur revente. Les deux partenaires veulent même créer une joint-venture détenue à 51 % par la filiale de BNP et à 49 % par 3 Step IT, qui interviendra progressivement dans près d’une douzaine de pays en Europe. Cet accord, qui pourrait être finalisé au deuxième semestre 2019 comporterait également la création d’un nouveau centre de reconditionnement dont la localisation reste à trouver.
Désintermédiation. Mi-février, dans le sillage d’une augmentation de capital de plus de 400.000 euros à la fin de 2018, la plate-forme numérique Pref-X, dédiée au placement privé de dette, a pour la première fois de son histoire de support technique rassemblé tous les acteurs d’une émission Euro PP dès son origination. GL Events, en l’occurrence, a placé 130 millions d’euros, soutenu côté banques par Crédit Agricole CIB et Crédit Mutuel-CIC. Présidente de Pref-X, Marie-Hélène Crétu ambitionne d’« accompagner au moins une dizaine d’opérations sur 2019 en rendant le ‘process’ de négociation plus efficient, ce qui permet de dégager du temps et de gagner en sécurité pour chacun des participants ». En parallèle, la demande pour le service, initié au printemps dernier, de suivi des emprunts (Euro PP, mais aussi Schuldschein, USPP et crédits syndiqués) tout au long de leur existence « progresse de façon satisfaisante ».
C’est, en millions d’euros, le montant investi par Bpifrance et Sanofi dans le fonds Innobio 2, dédié aux sciences de la vie, accompagnés par Boehringer Ingelheim, Takeda, Ipsen et Servier. La taille finale visée est de 200 à 250 millions d’euros, contre 173 millions pour son prédécesseur de 2009. Sanofi a apporté 50 millions et Bpifrance contribuera à hauteur de 49 % de l’ensemble du fonds. Ciblant des entreprises françaises ou européennes ayant une importante activité en France, Innobio 2 financera le développement de produits thérapeutiques, de technologies liées à l’usage de médicaments, son champ d’action élargi à la santé numérique en lien avec le médicament.
Les banques adaptent les prêts aux entreprises, quelle que soit leur taille, selon leur approche durable. Dans certains cas, les marges sont abaissées.
Rendement. Muzinich & Co a annoncé la clôture finale à 706,5 millions d’euros de son fonds de dette privée paneuropéen. Le Muzinich Pan European Private Debt Fund a vocation côté financement à fournir des solutions flexibles pour la croissance à des PME-ETI dont l’Ebitda oscille entre 5 et 25 millions d’euros. Côté investissement, Kirsten Bode, coresponsable de la dette privée paneuropéenne de la société de gestion, se félicite d’avoir sensiblement dépassé un objectif initial de 500 millions d’euros, sous l’impulsion d’une « forte demande de la part des investisseurs qui recherchent des rendements attractifs » en accédant à « un large éventail d’opportunités ». Ce fonds est le cinquième véhicule de dette privée PME-ETI de la société.
Les critères ESG – environnement, social, gouvernance – sont souvent critiqués pour relever de l’affichage. Voilà que l’émission de dette en dollars que vient de réaliser l’Arabie Saoudite conforte les sceptiques de l’investissement vertueux. Trois mois après le meurtre de l’opposant Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, le Royaume a placé 7,5 milliards de dollars, en deux tranches de maturité différentes, avril 2029 et janvier 2050. Certes, les obligations sont un peu plus onéreuses pour l’emprunteur que bien des risques souverains, avec 200 à 250 points de base au-dessus des taux américains de même maturité. Le syndicat de placement était assuré par des grands noms de l’ESG. Sans commentaire.