« Waiver ». Opérationnelle depuis ce printemps, la plate-forme numérique Pref-X se veut lieu de rencontre de tous les intervenants du placement privé. Alors que le module d’origination, « sans désintermédiation des banques » précise la présidente Marie-Hélène Crétu (photo), devrait concrétiser ses premières opérations fin 2018, celui de suivi de la vie du produit rassemble déjà 8 emprunteurs et une trentaine d’investisseurs pour autant d’opérations. EuroPP pour l’essentiel mais aussi US PP, Schuldschein et crédits syndiqués. « La transaction vit pendant 5 à 10 ans, il y a des coûts cachés, que nous aidons à atténuer », plaide Marie-Hélène Crétu, en fluidifiant et en sécurisant tout échange entre investisseurs et emprunteurs, passant par les demandes de waivers sur les covenants.
Due diligence. La norme MSI 20000 de certification financière va bénéficier aux acteurs du capital-investissement français. Le soutien technique de l’ONG MSI, IWK Corporate, a en effet noué un partenariat avec le cabinet de conseil Neovian Partners, permettant à ce dernier d’utiliser de manière exclusive pour ses missions de due diligence acheteur ou vendeur les outils déployés dans le cadre du processus de cette certification aujourd’hui délivrée par Dekra et SGS. De quoi, selon les signataires de l’accord, apporter « aux investisseurs comme aux dirigeants un outil de validation, de crédibilisation, d’amélioration et de valorisation de la qualité financière des entreprises ». Les partenaires œuvrent déjà ensemble sur six dossiers « auprès d’acteurs majeurs du private equity français ».
Fluidité. Crédit Mutuel Arkéa a lancé une plate-forme de financement devant mettre plus directement en relation des institutionnels avec les collectivités et les entreprises. Ces dernières pourraient accéder plus facilement à des prêts remboursables in fine et, à terme, à des émissions de dette de 3 à 12 millions d’euros, zone entre le crowdlending et les EuroPP. Totalement dématérialisée et uniquement commissionnée à la transaction, la plate-forme offrira aussi aux collectivités un outil de consultation et un panel plus large de prêteurs alternatifs bien connus de la banque : gérants, assureurs, institutionnels… Arkéa Lending Services ambitionne de flécher ainsi, chaque année, 200 à 300 millions vers les PME et 1 milliard d’euros vers les collectivités, avant de s’étendre, à terme, aux financements immobilier, d’infrastructures et d’énergies renouvelables.
Du vertige du plus haut immeuble du monde à l’ombre de la protection du chapitre 11 de la loi des faillites. Telle est la malheureuse destinée de Sears. Symbole du rayonnement du groupe éponyme, la Sears Tower n’avait pas d’égale à son inauguration en 1974 pour tutoyer les nuages à 442 mètres d’altitude. Mais le distributeur américain a peu à peu perdu de sa superbe, désertant d’ailleurs les lieux en 1988, 21 ans avant que le gratte-ciel ne devienne la Willis Tower (photo du 103e étage). Si cette dernière domine toujours la skyline de Chicago, Sears a mis genou à terre en déposant le bilan, une procédure à l’issue bien incertaine : dans son dossier au tribunal, le groupe déclare 6,9 milliards de dollars d’actifs pour 11,3 milliards de passifs.
Déjà clouées au pilori sur le site du ministère de l’Economie (photo), section DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), les sociétés sanctionnées pour accumulation de retards de paiement selon les règles du Code de commerce se verront bientôt infliger une nouvelle mauvaise publicité. Un amendement au projet de loi Pacte adopté par les députés prévoit une publication de la sanction dans la presse. Aux frais bien entendu des payeurs récalcitrants. La loi entend les dissuader de cette infamie, au bénéfice des créanciers, l’Observatoire des délais de paiement ayant estimé que les retards avaient amputé de 16 milliards d’euros la trésorerie des entreprises en 2016.
Après des maillots à plus de 100 euros, l’augmentation des prix des places dans les stades et la quasi-totalité des retransmissions des matchs devenue payante, le monde du football a trouvé un nouveau moyen de faire dépenser toujours plus aux fans du ballon rond. A 10 jours d’intervalle, le PSG et la Juventus de Turin ont annoncé le lancement prochain de leur propre crypto-monnaie. En achetant ces tokens, leurs supporters pourront influer sur la politique du club en votant sur le choix des maillots, les affiches des matchs amicaux, les événements du club… Etant précisé que leurs droits de vote seront limités tout comme le nombre de tokens qu’ils pourront détenir. Il ne faudrait quand même pas que le Qatar et la famille Agnelli soient « dilués ».
En dette privée, les investisseurs se voient désormais proposer de la dette « unitranche synthétique », « stretched senior », auprès de quoi mezzanine, second lien et autres « PIK » (payment in kind) font figure de grands classiques. Bien malin qui peut prédire dans ces conditions sa subordination en cas de problème. Il est vrai que les fonds à l’affût d’un peu de rendement sont pléthore et les opportunités rares. Si aux débuts de la désintermédiation, on s’attendait à voir caler les nombreux fonds levés sur ce thème, ils sont déployés à 80 %. A quel prix au juste, l’avenir le dira car, pour l’instant, les avertissements des superviseurs sur la montée du levier n’ont pas l’air de perturber le mouvement.
Allemand. Le marché du placement privé de dette Schuldschein « se remet d’un premier trimestre nerveux », notamment sous le coup des soucis financiers des émetteurs Carillion et Steinhoff, souligne Scope Ratings. Grâce à une accélération au deuxième trimestre, le marché totalise en 2018 à fin juin plus de 50 transactions pour plus de 8 milliards d’euros. De quoi, pour l’agence, confirmer son attente d’un volume d’émission voisin de 20 milliards sur l’exercice. Les émetteurs allemands ont représenté 71 % (83 % avec les autrichiens) du marché au semestre écoulé (voir illustration), contre 57 % sur l’année 2017. Scope Ratings n’en relève pas moins des premières opérations par des groupes nordiques, permettant aux banques SEB, Danske et Nordea de faire leur entrée sur le marché en tant qu’arrangeuses.