Du vertige du plus haut immeuble du monde à l’ombre de la protection du chapitre 11 de la loi des faillites. Telle est la malheureuse destinée de Sears. Symbole du rayonnement du groupe éponyme, la Sears Tower n’avait pas d’égale à son inauguration en 1974 pour tutoyer les nuages à 442 mètres d’altitude. Mais le distributeur américain a peu à peu perdu de sa superbe, désertant d’ailleurs les lieux en 1988, 21 ans avant que le gratte-ciel ne devienne la Willis Tower (photo du 103e étage). Si cette dernière domine toujours la skyline de Chicago, Sears a mis genou à terre en déposant le bilan, une procédure à l’issue bien incertaine : dans son dossier au tribunal, le groupe déclare 6,9 milliards de dollars d’actifs pour 11,3 milliards de passifs.
Déjà clouées au pilori sur le site du ministère de l’Economie (photo), section DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), les sociétés sanctionnées pour accumulation de retards de paiement selon les règles du Code de commerce se verront bientôt infliger une nouvelle mauvaise publicité. Un amendement au projet de loi Pacte adopté par les députés prévoit une publication de la sanction dans la presse. Aux frais bien entendu des payeurs récalcitrants. La loi entend les dissuader de cette infamie, au bénéfice des créanciers, l’Observatoire des délais de paiement ayant estimé que les retards avaient amputé de 16 milliards d’euros la trésorerie des entreprises en 2016.
Après des maillots à plus de 100 euros, l’augmentation des prix des places dans les stades et la quasi-totalité des retransmissions des matchs devenue payante, le monde du football a trouvé un nouveau moyen de faire dépenser toujours plus aux fans du ballon rond. A 10 jours d’intervalle, le PSG et la Juventus de Turin ont annoncé le lancement prochain de leur propre crypto-monnaie. En achetant ces tokens, leurs supporters pourront influer sur la politique du club en votant sur le choix des maillots, les affiches des matchs amicaux, les événements du club… Etant précisé que leurs droits de vote seront limités tout comme le nombre de tokens qu’ils pourront détenir. Il ne faudrait quand même pas que le Qatar et la famille Agnelli soient « dilués ».
En dette privée, les investisseurs se voient désormais proposer de la dette « unitranche synthétique », « stretched senior », auprès de quoi mezzanine, second lien et autres « PIK » (payment in kind) font figure de grands classiques. Bien malin qui peut prédire dans ces conditions sa subordination en cas de problème. Il est vrai que les fonds à l’affût d’un peu de rendement sont pléthore et les opportunités rares. Si aux débuts de la désintermédiation, on s’attendait à voir caler les nombreux fonds levés sur ce thème, ils sont déployés à 80 %. A quel prix au juste, l’avenir le dira car, pour l’instant, les avertissements des superviseurs sur la montée du levier n’ont pas l’air de perturber le mouvement.
Allemand. Le marché du placement privé de dette Schuldschein « se remet d’un premier trimestre nerveux », notamment sous le coup des soucis financiers des émetteurs Carillion et Steinhoff, souligne Scope Ratings. Grâce à une accélération au deuxième trimestre, le marché totalise en 2018 à fin juin plus de 50 transactions pour plus de 8 milliards d’euros. De quoi, pour l’agence, confirmer son attente d’un volume d’émission voisin de 20 milliards sur l’exercice. Les émetteurs allemands ont représenté 71 % (83 % avec les autrichiens) du marché au semestre écoulé (voir illustration), contre 57 % sur l’année 2017. Scope Ratings n’en relève pas moins des premières opérations par des groupes nordiques, permettant aux banques SEB, Danske et Nordea de faire leur entrée sur le marché en tant qu’arrangeuses.
C’est le montant, en dollars, qu’Ant Financial, le bras financier du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, vient de lever à l’occasion du plus important tour de table privé jamais réalisé. Le propriétaire d’Alipay a collecté cette somme auprès de GIC, Temasek, du fonds souverain malaisien, de CPP ainsi que de fonds de private equity comme Warburg Pincus, T.Rowe Price, ou encore Silver Lake. Selon Reuters, ce tour de table valorise la société autour de 150 milliards de dollars. Sa maison mère Alibaba détient elle-même le record pour une levée de fonds publique, avec environ 25 milliards de dollars levés lors de son IPO en 2014 à Wall Street.
« Nos territoires connaissent une transformation radicale, la Caisse des dépôts (CDC) se transforme en conséquence pour mieux les servir », a déclaré son directeur général adjoint Olivier Sichel. C’est dans cette logique que vient d’être lancé officiellement la Banque des territoires, qui rassemble les offres de la CDC à destination du logement social et des collectivités. La capacité d’investissement de l’institution s’élèvera à 20 milliards d’euros par an en moyenne. Afin de mieux servir les territoires, « un rapprochement entre la Banque Postale, la CDC et la Banque des territoires peut parfaitement être envisagé », a par ailleurs déclaré le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire.
Les banques françaises ont représenté près de la moitié de la hausse des crédits aux sociétés non financières (SNF) et aux ménages de la zone euro en 2017, avec 139,4 milliards d’euros sur un total de 297,2 milliards selon le bulletin mensuel de la Banque de France. Soutenus par des taux d’intérêt bas et par le programme d’achats de titres publics par l’Eurosystème, les concours aux secteurs privé et public constituent les principales sources de création monétaire, aussi bien en France qu’en zone euro.
Plus de 90 millions de livres sterling ont été engloutis dans la faillite de Carillion au titre d’une opération de reverse factoring (affacturage inversé) octroyée par Santander, comme l’indique le Financial Times du 14 mai dernier. De fait, les banques espagnoles sont adeptes de ces financements en forme d’escompte accordés aux fournisseurs de grands groupes, avec l’idée de les faire bénéficier de la signature de son donneur d’ordre, présumé sans risque. Ce dernier obtient ainsi des délais de paiement aux fournisseurs – 120 jours pour Carillion, le double de ce que prévoit la règle européenne –, tout en ne faisant pas apparaître ces financements dans ses dettes financières. Les grandes firmes mettent en avant la solidarité témoignée à leurs petits fournisseurs avec ces montages. Sauf qu’en cas de problème, la facilité bancaire est brutalement retirée et les fournisseurs font face au risque de leur client sans en avoir pressenti la dégradation. Le défaut de Carillion montre toute la valeur d’un simple paiement ponctuel, sans intérêts ni commissions à payer à de multiples intermédiaires…