C’est en euros le montant d’émissions de dettes attendues par les banques européennes en 2018, selon les analystes de JPMorgan. La nouvelle dette senior non préférée « à la française », choisie le 25 octobre pour répondre aux exigences des normes MREL et TLAC (total loss absorbing capacity) à partir de 2019, eprésenterait à elle seule 80 milliards.
Non dilutif. Pour la seconde fois, le groupe de construction Vinci vient d’abonder la souche de convertibles non dilutives émises en février dernier pour 450 millions de dollars. Une première pour ces titres qui permettent de bénéficier d’un financement long terme, à cinq ans, non dilutif, en obtenant des conditions de prix meilleures que pour une obligation classique. « L’émission s’est placée à un prix de 111,85 %, compte tenu de l’appréciation des titres depuis le début de l’année et d’une décote très limitée, inférieure à 2 % », expose Thomas Feuerstein, responsable mondial equity linked chez Société Générale CIB. De quoi confirmer le succès de ces opérations, favorisées par la faible liquidité et réservées aux grands groupes bénéficiant d’une bonne liquidité sur leurs actions, car la vente d’options aux investisseurs est couverte par un achat d’options symétrique, l’émetteur se protégeant contre la hausse de son action.
Régulation. Alors que les levées des fonds en cryptomonnaies, ou initial coin offerings (ICO), ont déjà atteint plus de 3 milliards de dollars à travers le monde, l’Autorité des marchés financiers (AMF) est la première autorité financière à avoir lancé, la semaine dernière et jusqu’au 22 décembre 2017, une consultation de place visant à définir la manière dont ces opérations peuvent être encadrées. Elle évoque trois pistes : un guide de bonnes pratiques non contraignant, une extension des règles existantes si les ICO sont considérées comme une offre de titres financiers, ou une réglementation nouvelle adaptée aux ICO. Cette approche se démarque de celle des autres régulateurs qui, comme en Chine ou en Corée du Sud, ont strictement interdit les ICO ou ont mis en garde les investisseurs sur les aspects extrêmement risqués de ces opérations, à l’image des autorités américaine et britannique. En France, quatre ICO ont été réalisées à ce jour pour un total de 80 millions d’euros : Beyond the Void, iExec, Domraider et Ark.
Très attendue, l’ordonnance du 4 octobre dernier vient encadrer la création de fonds d’investissement alternatifs spécialement dédiés aux activités de financement.
L’avis d’expert de Philippe du Jardin, professeur de systèmes d'information, pôle de recherche en analyse financière et comptabilité, Edhec Business School
L’investisseur de long terme dans les entreprises moyennes lance une augmentation de capital au prix de 102 euros pour un cours de 104,50 euros à la veille de l’annonce.
Accompagnement. Un an après son lancement, le dispositif des correspondants TPE mis en place par la Banque de France dresse un bilan encourageant. Les grands moyens ont été mis en œuvre, avec 26 conventions signées entre les correspondants TPE de la Banque de France et les grands réseaux professionnels. Associations, fédérations patronales, banques ont été mobilisées si bien que plus de 2.000 TPE ont été accompagnées. Les dirigeants accueillis se déclarent satisfaits à 88 % du service proposé. La majorité des entreprises concernées réalisent moins de 200.000 euros de chiffre d’affaires. Près de la moitié des dirigeants ont bénéficié du dispositif pour répondre à un besoin d’accompagnement dans la gestion de leurs financements, 15 % pour un soutien dans la gestion quotidienne et 13 % pour la création de l’entreprise ou le traitement de difficultés financières.
Soucieuse d’un développement à long terme, la coopérative a installé huit bureaux sur le continent africain pour suivre au plus près la réalité de terrain.
Levée. Spécialiste de la transformation digitale de l’assurance-crédit, la jeune société boucle un tour de table de 53 millions d’euros. Ce financement attribue la majorité du capital à Long Arc Capital, un fonds d’investissement américain créé en 2016 et dont les associés ont une connaissance approfondie du marché de Tinubu Square. Plusieurs d’entre eux sont issus du secteur de l’assurance-crédit et du trade, comme Vincent Fleury, ex-patron de la titrisation chez CACIB, ou Ranu Dayal, ex-responsable du pôle finance et assurance en Asie du BCG,et la jeune entreprise voulait être épaulée par des connaisseurs véritables des techniques à l’œuvre dans son métier de niche. Bpifrance reste au capital, comme actionnaire de référence et de long terme, outre une quinzaine d’actionnaires individuels présents depuis la création de Tinubu Square, en 2010.
Dégradation -Une vingtaine de groupes français se classent parmi les 140 meilleurs élèves européens en gestion du besoin en fonds de roulement (BFR). L’étude annuelle de REL présente les trois premiers groupes de chaque secteur d’activité qui ont les meilleurs résultats dans la maîtrise des délais de paiement clients, fournisseurs et la rotation des stocks. La combinaison des trois critères donne lieu au calcul du « cycle de conversion du cash » (CCC), exprimé en jours. Dans les groupes les plus diligents, cet agrégat est même négatif, comme chez Publicis (-145), Havas (-145), Eutelsat Communications (-122) ou encore Danone ( -44).
Grandir. Les start-up françaises sont de mieux en mieux financées. Une étude d’Avolta Partners, qui analyse 1.481 levées de fonds réalisées en France entre 2014 et 2016, montre que la France est en passe de devenir le premier marché européen du venture capital. Les montants investis sont passés de 926 millions d’euros en 2014 à 2,5 milliards l’an dernier (x2,7), classant l’Hexagone juste derrière le Royaume-Uni. L’arrivée de nouveaux fonds dirigés par de vrais spécialistes de l’investissement dans les start-up se traduit par une standardisation des valorisations via notamment la méthode des multiples de transactions comparables. En conséquence, le multiple médian est passé de 5,4x les revenus en 2014 à 4,2x en 2016. A l’inverse, le ticket moyen a progressé à 4,1 millions l’an dernier, contre 2,4 millions deux ans plus tôt. La tendance est à la concentration des deals, 10 % des opérations ayant attiré 60 % des montants levés.