Réglementaire. EDF complète sa palette verte, avec une opération de pension livrée verte ou green repo, dont BNP Paribas est l’unique arrangeur et contrepartie. Une innovation pour une entreprise non bancaire, font valoir les parties. EDF lève ainsi du financement en s’engageant à l’utiliser exclusivement pour des projets verts dès leur mise en place. L’opération est dès lors complémentaire du programme d’obligations vertes de l’électricien, par nature moins granulaire et nécessitant un portefeuille existant de projets verts. Les parties ne communiquent aucun chiffre sur l’opération. Selon Bernard Descreux, directeur financement trésorerie d’EDF, elle permet à son groupe d’« accéder à un coût de financement attractif ». Responsable Emea secured funding chez BNP Paribas, Sam Crawford souligne le travail actuel du secteur financier pour « développer un cadre réglementaire de finance verte pour le marché des pensions livrées » afin d’en diffuser l’accès.
L’avis d’expert de Yoann Derriennic, associé consulting industrie & services, Florian Richard-Dap, directeur consulting politiques publiques chez PwC France et Maghreb, et Christophe Guénard, associé chez PwC Société d'Avocats
TOUR DE TABLE La start-up allemande va déployer ses trottinettes, vélos et scooters électriques partagés au-delà des 16 pays et 150 villes qu’elle couvre déjà. Elle vient de lever 200 millions de dollars auprès de ses investisseurs, SoftBank Vision Fund 2, Mubadal Capital, RTP Global, Novator, White Star Capital, Mountain Partners, Northzone et Speedinvest, outre de nouveaux partenaires comme M&G. Lancée en 2018, la start-up boucle là un tour de financement de série D, annonçant une valorisation de 2 milliards de dollars. Elle veut conforter sa place de numéro un européen et accélérer sa croissance dans le monde via des investissements et des acquisitions.
Evolution. Avec 5.311 procédures collectives ouvertes au troisième trimestre 2021, marquant un recul de 20,8 % sur un an, le volume des jugements se révèle deux fois inférieur au niveau d’avant-crise, selon les derniers chiffres dévoilés par Altares sur les défaillances d’entreprises en France. Des signaux de fragilisation émergent toutefois pour les petites et moyennes entreprises (PME) de 10 à 19 salariées, jusqu’alors préservées et enregistrant désormais un accroissement de 30 % des redressements judiciaires. « Sur le dernier trimestre 2021, les défaillances devraient pouvoir être encore contenues sous le seuil des 10.000 avant que 2022 n’ouvre la voie à des tendances bien moins favorables », projette Thierry Millon, directeur des études Altares. Par ailleurs, certains secteurs, tels que l’industrie manufacturière et le transport routier de fret, se montrent davantage fragilisés, avec des défaillances en hausse de respectivement 5 % et plus de 35 %.
La frontière de la nuit, tel est le titre du nouvel album de Largo Winch, le 23e, dans les bacs le 5 novembre. Avec toujours Philippe Francq au dessin et Eric Giacometti au scénario. La frontière, c’est celle entre l’atmosphère terrestre et l’espace. De fait, le milliardaire prend de l’altitude. Non sans risques. La série plonge ainsi finalement le héros dans son temps, pour qu’il ne soit plus uniquement « le magnifique gardien de musée de la vieille économie » comme le tacle dans l’album un autre milliardaire, Jarod, sorte de double d’Elon Musk. Et qui dit nouvelle économie dit conscience durable : Largo Winch découvre la lune quand, en visite incognito dans une mine asiatique d’étain, il s’aperçoit que son groupe tentaculaire emploie des enfants. Quand l’ESG se décline en BD. Gare au greenwashing …
Record. La demande de titres a atteint pas moins de 135 milliards d’euros pour cette opération de 12 milliards, d’une taille record dans le monde. La première émission communautaire d’obligations vertes a ainsi connu la même ruée que l’opération lancée fin septembre par le Royaume-Uni, de 10 milliards de livres, pour un livre d’ordres ayant atteint les 100 milliards.
Bonus/malus. Le groupe d’investissement immobilier Ivanhoé Cambridge a annoncé l’indexation de l’ensemble de son programme de prêts à terme et de lignes de crédit à sa performance ESG (environnement, social, gouvernance). Il lie ainsi coût de financement et performance extra-financière, au travers notamment du score ESG Gresb de son portefeuille. Le programme totalise 8,5 milliards de dollars canadiens (5,9 milliards d’euros), engageant la maison mère (la Caisse de dépôt et placement du Québec) et onze banques nord-américaines et européennes : Banque de Montréal (BMO), Banque Nationale du Canada, BNP Paribas, Banque Royale du Canada (RBC), Banque Toronto-Dominion (TD), Citi, Crédit Agricole (CACIB), Desjardins, Natixis, Scotiabank et Wells Fargo.
Le numéro deux des banques espagnoles a développé un indicateur des flux financiers des entreprises. A la clé, une meilleure mesure des risques crédit.
Dynamisme. Suite à la crise et aux mesures de soutien, les sociétés d’affacturage françaises font face à la première contraction de leur activité depuis onze ans (-7,5 %) en 2020, selon une étude publiée par l’Association française des sociétés financières. Mais l’activité à l’international a progressé de 9 % et la domestique rebondit déjà cette année, soulignant le dynamisme de cette industrie en France, numéro deux mondial de l’affacturage derrière la Chine. Au premier semestre 2021, elle connaît une hausse de 14,1 % par rapport à 2020, soit une progression de 2,5 % par rapport au premier semestre 2019. En 2020, 94 % des clients recensés sont des TPE et PME (54 % des encours). Les PME représentent à elles seules 36 % des clients et on observe une augmentation considérable des clients ETI (+16,7 %, après +6,8 % en 2019). La part des encours détenus sur les grandes entreprises représente seulement 8 %.
Philippe Tibi préside le projet Financement Scale-Up au ministère de l’Economie. Il analyse pour L’Agefi le déploiement de ce programme dédié à la tech, dont les objectifs ont été relevés cet été.
En pointe. Bank of America déploie une nouvelle version de son offre d’encaissements sur des comptes « virtuels » (virtual accounts, VA), un domaine où elle est pionnière. En pratique, des sous-divisions de comptes bancaires permettent aux entreprises de diriger leurs encaissements directement sur les entités du groupe à l’origine de la transaction. Grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning, la solution réconcilie les remises avec les factures de façon automatique dans 90 % des cas. La plateforme permet désormais aux entreprises d’avoir une vue synthétique des VA dans tous les pays couverts, une trentaine de devises, de transférer de l’argent et de faire des opérations à partir de ces comptes en change et en paiements. La solution est déjà disponible au Royaume-Uni, en Irlande et aux Pays-Bas et le reste de l’Europe va suivre, ainsi que l’Asie et les Etats-Unis. Un autre service, «Intelligent Receivables», utilise l’intelligence artificielle et le machine learning pour réconcilier les remises avec les factures de façon automatique dans 90 % des cas.
Accompagner. La Compagnie nationale des commissaires aux comptes vient de signer un partenariat avec LCL pour aider les entreprises à se financer alors que les soutiens publics se réduisent et évoluent. Il s’agit d’informer les dirigeants de PME des dispositifs de financement existants et de faciliter l’examen des dossiers par la banque, grâce à des attestations des commissaires aux comptes (CAC) sur leur solidité financière. Les deux réseaux ont déjà travaillé ensemble pendant la crise et l’idée est de pérenniser la collaboration avec des échanges sur les retours de terrain de chacun. Les CAC voient là une opportunité pour imposer leur rôle de tiers de confiance et d’experts en finance d’entreprise. La loi Pacte les invite, au demeurant, à élargir leurs missions au-delà de la certification légale.
Ambition. Face à l’objectif avancé par le président de la République Emmanuel Macron de faire de la France un leader mondial de la tech à horizon 2030, « nous espérons y arriver plus tôt que cela », a déclaré Paul-François Fournier (photo), directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’innovation. La banque publique d’investissement a ainsi annoncé le lancement d’une plate-forme, co-construite avec une vingtaine d’acteurs du transfert de technologie et de l’innovation – dont le CNRS, l’Inria, le CEA… –, pour accroître l’émergence et la croissance des deeptechs. Il s’agit d’un portail centralisé d’information, d’outils pour créer sa start-up et de mise en relation pour les chercheurs et entrepreneurs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan Deeptech, doté d’une enveloppe de 3 milliards d’euros sur cinq ans.
Soutien. Dans un contexte de reprise et de taux bas, les actifs alternatifs sont portés par la demande des investisseurs. Ils représentaient plus de 2.000 milliards d’euros sous gestion à fin 2020, en hausse de près de 14 % sur un an. La dette privée traverse la crise avec force. En particulier, la dette d’infrastructure est soutenue par les plans de relance des gouvernements et offre, de même que la dette privée en immobilier souvent aussi à taux variable, une couverture contre les perspectives d’inflation. En immobilier, certains segments ont certes subi plus que d’autres les effets de la pandémie (voir le graphique). La dette désintermédiée aux entreprises avait levé plus de 22 milliards d’euros au premier semestre cette année, selon les relevés de Preqin, contre 25 milliards pour toute l’année 2020.
C’est le montant du quatrième fonds de dette senior privée à impact levé par Amundi collecté à ce jour, pour un objectif d’environ 1 milliard d’euros. La société de gestion destine l’argent à des sociétés de taille intermédiaire, en France et en Europe, ayant démontré leur robustesse pendant la crise et leur capacité de rebond, selon des tickets de 10 à 100 millions d’euros. Les financements seront assortis de covenants d’impact et les entreprises accompagnées sur leurs enjeux ESG (environnement, social, gouvernance), comme dans le fonds précédent de 915 millions d’euros. Le fonds répond au cadre de l’article 8 du règlement Sustainability Financial Disclosure et anticipe un rendement brut de 4,5 %.
Maintien. Le coût marginal moyen de la dette unitranche en France au deuxième trimestre est resté inchangé par rapport au trimestre précédent, maintenant un niveau quasiment équivalent à celui d’avant la crise sanitaire. Selon l’indice Aether FS Unitranche France, qui mesure le coût marginal moyen de chaque tour d’Ebitda en calculant le ratio entre la marge d’intérêt et le levier sur six mois glissants, ce coût s’est établi à 1,39 % entre avril et juin, en ligne avec les 1,35 % du troisième trimestre 2019, qui avaient été suivis d’une baisse atteignant 1,18 % à fin mars 2020. Cette stabilité n’est toutefois pas due à une constance des marges d’intérêt et des leviers moyens puisque ceux-ci ont décru sur la période étudiée, les spreads passant de 6,61 % à 6,33 % et les leviers de 5,0x à 4,8x. Sur le trimestre, le nombre de transactions a légèrement augmenté mais leur taille moyenne est passée de 95 millions d’euros à 74 millions par rapport aux trois mois précédents. Aether Financial Services, qui élabore ce baromètre, estime que cette baisse pourrait être passagère, plusieurs dossiers conséquents ayant été bouclés en juillet. Aether rappelle par ailleurs que, historiquement, la taille moyenne des opérations est beaucoup plus élevée au dernier trimestre de chaque année, avec 139 millions d’euros en 2018, 143 millions en 2019 et 202 millions en 2020.