Maturité. Korian a annoncé le placement « à un coût historiquement bas », et principalement à taux fixe, d’un nouveau Schuldschein (après ceux de 2014, 2015 et 2018). L’émission, initialement prévue à 150 millions d’euros, a été plus que doublée à environ 380 millions sur fond de forte demande des investisseurs, indique le groupe de soins au service des personnes âgées et fragiles. Les coupons inédits pour Korian pour un tel placement privé de droit allemand sont de 1,30 % pour les échéances à 5 ans, de 1,55 % à 7 ans et de 1,70 % à 8 ans. L’émetteur précise que pour les tranches à taux variables à 5 et 7 ans, cela correspond à des marges respectives de 130 et 155 points de base au-delà de l’Euribor. Korian note en outre que cette levée de fonds lui permet d’accroître la maturité moyenne de sa dette, à 5,8 ans contre 4,5 ans fin 2019.
Habitués à voir les banquiers leur faire des offres toujours plus innovantes pour se démarquer de la concurrence, les trésoriers ne s’en laissent pas conter. Il est vrai aussi que compte tenu de l’ampleur des financements et des flux dont ils décident, ces professionnels peuvent échapper aux mouvements de mode en finance et tabler sur des offres sur mesure. Du coup, il est toujours intéressant de découvrir les lauréats du prix du meilleur mémoire de trésorerie – sponsorisé, entre autres, par L’Agefi – décerné chaque fin d’année par l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) qui rassemble les financiers des plus grands groupes. On trouvera dans leurs travaux les dessous du jeu des thèmes porteurs des prochaines années en finance d’entreprise. Fin 2021, les trésoriers ont ainsi récompensé des travaux sur la finance décentralisée, l’enjeu climatique qui se présente aux marchés, la performance des véhicules Spac (special purpose acquisition companies). Tout un programme…
Liquidité. Les experts du crédit syndiqué gardent confiance. En témoigne le sondage réalisé auprès de ses membres par la Loan Market Association (LMA) quant aux perspectives 2022 du marché. Certes interrogés avant l’émergence du variant Omicron, ils sont ainsi 60 %, contre 49 % un an plus tôt, à tabler sur une progression de plus de 10% des volumes d’émissions primaires en zone Europe/Moyen-Orient/Afrique (Emea). Ils ne sont plus que 7,5 % contre 26,5 % à craindre un repli supérieur à 10 %. Les membres de la LMA accordent une bien moindre force d’impact sur le marché à l’économie mondiale (voir le graphique), jusqu’à un niveau 25 % en deçà de la période pré-Covid, avec en miroir une influence bien plus marquée des pressions concurrentielles. Selon l’association, ces dernières sont probablement soutenues par des efforts massifs de financements publics ayant « renforcé une liquidité déjà élevée dans certains segments du marché ».
Transition. La société d’investissement va répliquer sur le continent africain sa stratégie mise en œuvre en Europe avec ses fonds de transition énergétique, le financement relais (« bridge ») de projets. Les développeurs vont pouvoir ainsi entamer la construction de centrales sans immobiliser leur capital en attendant la fin des formalités et l’arrivée des investisseurs publics et privés. Le fonds vise 200 millions de dollars avec un premier closing ce semestre. Le déploiement sera fait en partenariat avec Finergreen, spécialiste du conseil financier en transition énergétique, notamment dans les pays émergents, et présent en Afrique depuis trois bureaux. En outre, la Banque européenne d’investissement investit dans le fonds. Eiffel IG, de son côté, recrute deux spécialistes, son objectif ultime étant de faire passer à 1 milliard d’actifs sa stratégie en transition énergétique.
NowCP, place de marché digitale française d’émission et de négociation de titres de créances à court terme (commercial paper : NeuCP et imminemment EuroCP), a accueilli fin 2021 EPPF (European Primary Placement Facility) en tant que nouvel actionnaire majoritaire. Chaque actionnaire fondateur, au premier rang desquels Orange (aux côtés d’Amundi, Natixis, Crédit Agricole CIB ou S2iEM), a fait un peu de place pour le nouvel entrant, plateforme germano-luxembourgeoise de digitalisation des émissions obligataires. Avec laquelle NowCP, agréée en tant que système multilatéral de négociation (MTF) plaide la complémentarité et les synergies. Pour apporter sa pierre à l’union des marchés de capitaux.
Petites courses, grosse valorisation. Tout va très vite avec Flink, la jeune pousse de la livraison ultra-rapide. Côté pile, vos courses en dix minutes à domicile, tous les jours de 8h à minuit (photo). Côté face, une nouvelle levée de fonds portant la valorisation à 2,1 milliards de dollars, en moins de sept mois d’activité. La dernière moisson de financement de 750 millions de dollars a mobilisé la société technologique américaine DoorDash ou Mubadala Capital. Chez ce dernier investisseur émirati, Amer Alaily salue une telle « trajectoire d’hyper croissance ». La société se targue de proposer jusqu’à 2.500 produits à plus de 10 millions de clients, d’abord en Allemagne, aux Pays-Bas ou en France.
C’est le montant de l’EuroPP levé par NGE pour son retour sur ce marché sept ans après sa première émission. Cet EuroPP ainsi que l’emprunt bancaire de 350 millions d’euros obtenu en parallèle sont assujettis à des objectifs ESG (environnement, social, gouvernance) pour lesquels le groupe de BTP a retenu trois critères : nombre de femmes à des postes d’encadrement des chantiers ; réduction du taux de fréquence des accidents de travail ; et réduction des émissions de gaz à effet de serre. Si NGE n’atteint pas ces objectifs, il paiera un malus de 0,20 % et versera une donation à des associations. Il s’agit du premier EuroPP ESG coté sur Euronext Paris.
Digital. LCL, la banque spécialiste des ETI et PME, proposer à ses clients professionnels une solution simple pour leur bilan carbone. L’outil mis au point par Greenly pour les PME est entièrement digitalisé, rapide – il est réalisé en 10 à 14 jours – et simple. En même temps, la mesure des émissions carbone est alignée sur les standards réglementaires et conformes aux attentes d’organismes comme l’Ademe et l’Association Bilan Carbone. La start-up Greenly est déjà utilisée par des fonds d’investissement en capital et en dette, et s’implique aussi pour trouver un partage des coûts entre les entreprises et les financeurs. Le groupe Crédit Agricole a entrepris de son côté de donner des objectifs de réduction d’émissions à toutes ses entreprises clientes.
La fin de l’année approche, et avec elle l’heure des traditionnels bilans. Phénomène de 2020 et du premier trimestre 2021, les Spac sont-ils déjà démodés ou traversent-ils une nécessaire crise de croissance ? Leur étoile a pâli dès le printemps, quand les volumes d’émission de ces coquilles vides cotées en Bourse pour réaliser une acquisition se sont brusquement tassés après l’orgie des mois précédents. Les dernières semaines ont cependant vu une reprise des cotations de special purpose acquisition companies, Donald Trump y allant même de sa transaction.
La parole à… Emmanuel Arabian, directeur financement et trésorerie du groupe Seb, administrateur de l’Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE)
« Les prêts participatifs Relance démarrent, des dossiers de plusieurs dizaines de millions d’euros se préparent, à des conditions très intéressantes »
Marque blanche. La banque offrira un outil mis au point par l’éditeur spécialiste de la gestion de trésorerie en cloud. Global Treasury s’adresse aux entreprises de 50 à 500 millions d’euros de chiffre d’affaires environ, et recouvre des fonctions de centralisation des flux de trésorerie et visualisation, mais aussi l’exécution des paiements et la gestion des fraudes. L’offre couvre ainsi les principaux besoins de trésorerie des entreprises, l’outil fusionnant des fonctions traditionnellement séparées. La technologie de Kyriba permet de connecter les ERP (systèmes de gestion) de l’entreprise à ses comptes dans la banque pour une exécution automatique des transactions. Wifirst, opérateur leader du wi-fi pour les professionnels, sera la première entreprise équipée.
Son ancien conducteur est peut-être derrière les barreaux, elle attendait sagement le nouveau derrière une chaîne. Cette Lamborghini Aventador a été l’une des attractions de la vente aux enchères de prestige des dix ans de l’Agence de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) organisée le 5 novembre à Bercy. Adjugé 227.000 euros, le bolide n’a été dépassé que par une montre Richard Mille à 295.000 euros. La dispersion de plus de 300 lots, tous issus de saisies et de confiscations judiciaires dans le cadre de procédures pénales, a rapporté 2,98 millions à l’Etat. Elle a attiré près de 6.000 participants en ligne et 800 en salle. Certains sont repartis avec des lingots de palladium, d’autres avec un diamant ou des bouteilles de vin. Un autre a craqué pour 1.800 euros pour un robot de cuisine Thermomix assorti d’un sèche-cheveux. Qui ont d’ailleurs peut-être filé avec fracas dans le coffre de la Lamborghini.
Grâce aux nouvelles technologies, les entreprises suivent plus précisément leur cash. La multiplication des usines de paiement illustre cette tendance.