Les obligations Relance entament leur dernière ligne droite

le 30/06/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’appel à candidature des gérants voulant participer au dispositif est prévu cette semaine pour un closing fin juillet.

France Relance
Le closing du fonds obligations Relance devrait intervenir d’ici la fin du mois de juillet, estime la FFA.
(RK.)

Le compte à rebours d’un an est presque lancé. Alors que la rumeur grondait chez certains investisseurs, la Fédération Française de l’assurance (FFA) a confirmé à L’Agefi que les obligations Relance étaient sur les rails. «Cette semaine, nous lançons l’appel à candidature des gérants pour le dispositif obligations Relance», explique Franck Le Vallois, directeur général de la FFA. Ces candidatures seront alors étudiées à partir de la mi-juillet. «Nous visons le closing du fonds obligations Relance d’ici la fin du mois de juillet», précise-t-il, alors que les obligations Relance pourront être distribuées jusqu’au 30 juin 2022 dans le cadre de l’accord conclu avec Bruxelles.

La rédaction de la thèse d’investissement, réalisée à la suite des discussions avec les représentants des gérants français (France Invest et l’AFG) sous la coordination de la direction générale du trésor, a permis d’arrêter les modalités pratiques du dispositif. «Nous structurons le dispositif de telle sorte que les sociétés de gestion aient la possibilité de se regrouper. Ainsi, elles pourront travailler en groupe de gestion pour mailler le territoire national et adresser plus rapidement un grand nombre d’entreprises à la recherche de financements», détaille par exemple Franck Le Vallois.

Bercy espère 6 milliards d’euros avec cet instrument qui, avec les prêts participatifs, doit permettre de mobiliser 20 milliards d’euros. Début avril, Dominique Gaillard, président de l’association professionnelle France Invest, disait vouloir atteindre cet objectif auprès des investisseurs institutionnels. Plusieurs assureurs interrogés par L’Agefi prétendent pour le moment ne pas avoir de stratégie définie sur ces obligations, laissant planer quelques doutes.

Déjà, les prêts participatifs n’ont pas atteint les 14 milliards espérés par Bercy. Après un premier closing fin avril qui a permis de mobiliser 18 assureurs et d’atteindre 11 milliards d’euros sur les 14 milliards espérés par Bercy, la FFA indiquait qu’un second closing était à prévoir en juin 2021 «compte tenu de l’intérêt manifesté par plusieurs investisseurs potentiels». Si la possibilité n’est pas fermée, un dirigeant d’un grand bancassureur français confirme à L’Agefi les difficultés rencontrées sur le terrain pour distribuer les prêts participatifs. Ces derniers pâtissent d’un manque de lisibilité alors que les instruments pour accompagner les entreprises pendant la crise, à l’image des prêts garantis par l’Etat, sont encore disponibles.

Une bonification adossée
à des objectifs ESG

Précisément, les obligations Relance sont des obligations subordonnées assimilables à des quasi-fonds propres et remboursables au bout de huit ans. Elles sont destinées aux sociétés n’ayant pas ouvert précédemment leur capital à un acteur financier. «Notre thèse d’investissement cible les entreprises des secteurs industriels ou de services opérant une transformation de leurs moyens de production ou en phase de croissance organique, externe ou à l’international. Par ailleurs, nous introduirons une bonification en termes de taux d’intérêt pour les entreprises qui renforceraient leurs fonds propres ou qui atteindraient des objectifs de type ESG», ajoute Franck Le Vallois.

Le montant financé est plafonné à 12,5% du chiffre d’affaires 2019 pour les PME et 8,4% pour les ETI. Leur rémunération s’élève à 5% pour les PME et 6% pour les ETI (contre 4% et 5% pour les prêts participatifs, dont le différé de remboursement de quatre ans se révèle par nature moins risqué qu’une échéance à huit ans).

Surtout, elle repose sur une garantie d’Etat de 30% dans une structure à deux étages. Afin de faciliter le processus d’investissement des assureurs et de garantie de l’Etat, un fonds faîtier regroupera les compartiments obligataires gérés par délégation par des fonds et chaque fonds sera tenu de co-investir à hauteur de 10% (sans garantie de l’Etat sur cette partie) afin d’assurer un alignement d’intérêts.

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