Les prêts participatifs récoltent 11 milliards d’euros d’engagements
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Bertrand De Meyer
Les représentants des trois acteurs clés du dispositif prêts participatifs relance (PPR) ont sonné son lancement. La Fédération française de l’assurance (FFA), la Fédération bancaire française (FBF) et le ministre de l’Economie et des Finances ont indiqué qu’une première levée de capitaux, dont le closing est prévu jeudi, a permis de mobiliser 18 assureurs et d’atteindre 11 milliards d’euros. L’outil est censé être disponible début mai. « Sur le plan organisationnel et juridique, les prêts devraient être disponibles la semaine prochaine », a précisé Bercy.
Précisément, les 11 milliards d’euros levés permettront de financer 12,2 milliards d’euros dans un fonds de dette en investissement d’entreprise géré par Eurotitrisation. Le fonds ne couvre que 90% des prêts, les 10% restant sont gardés par les banques.
Critères d’investissement des assureurs
En plus des assureurs dont la participation était déjà connue (Axa, AG2R La Mondiale, Société Générale Assurances, CNP Assurances, BNP Paribas Cardif), d’autres ont participé à ce premier tour de table: les Assurances du Crédit Mutuel, Allianz, Aviva, Covéa, Generali, HSBC Assurances, Natixis Assurances, Neuflize Vie, Prepar-Vie, SMA, Suravenir et Swiss Life. « La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a également rejoint le dispositif », détaille la FFA, dont l’investissement atteint 300 millions d’euros. Crédit Agricole Assurances a précisé ce matin son engagement, de l’ordre de 2,25 milliards d’euros.
« Sur les prêts participatifs, les assureur ont joué le jeu, avec de l’argent frais pour toutes les entreprises qui vont pouvoir réinvestir, réembaucher, recréer des emplois », a reconnu Bruno Le Maire sur Europe 1. Dans un premier temps, ces acteurs avaient critiqué l’asymétrie d’information entre assureurs et bancassureurs et un rendement limité. Les discussions menées avaient toutefois permis la mise en place de garde-fous, concernant notamment le rendement qui sera autour des 2%. Dans un communiqué, Axa affirme par exemple que « ces prêts participatifs répondent aux critères d’investissement des assureurs et constituent un placement adapté pour financer la relance de l’économie ».
Un second closing en juin 2021
« Un second closing est à prévoir courant juin 2021 compte tenu de l’intérêt manifesté par plusieurs investisseurs potentiels », a indiqué la FFA dans un communiqué. « Compte tenu dans délais sur lesquels nous nous étions engagés, nous avons choisi une première clôture cette semaine. Quelques assureurs pourront se rajouter au dispositif au mois de juin. », a précisé l’organisation à l’occasion d’un brief sur le sujet.
Début mars, un objectif de 14 milliards d’euros de fonds levés était annoncé. Bruno Le Maire était clair : si la demande venait à dépasser l’objectif, « nous ne compterons pas ce qui est nécessaire pour soutenir l’investissement ». « Il faudrait une autre loi de finances pour lever le plafond », prévient Bercy. Ce qui n’est pas sans conséquence, l’Etat garantissant 30% des PPR (à l’exception de la quote-part de 10% des prêts participatifs portée uniquement par les banques). Les prêts participatifs seront disponibles jusqu’au 30 juin 2022. Le second instrument, les obligations relance, devrait être lancé dans le courant du mois de mai ou de juin. 6 milliards d’euros sont espérés dans cet instrument.
Ce dispositif, qui devrait permettre de distribuer 12.000 prêts en moins de 15 mois, a attiré les curieux. Trois ou quatre pays européens mais aussi « quelques pays exotiques » et « quelques fédérations européennes » se sont renseignés auprès de Bercy sur cet instrument qui permet de mutualiser épargne et investissement.
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